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Le Collectif pour une éducation de qualité demande un moratoire sur la réforme au secondaire

Un nouveau groupe de pression formé d'intellectuels souhaite assurer une vigie autour du système d'éducation

Marie-Andrée Chouinard   23 janvier 2006  Éducation
Un regard critique sur l'éducation, une bonne dose d'inquiétude, un brin d'implication et vous obtenez? La recette idéale pour former le Collectif pour une éducation de qualité (CEQ), un groupe de citoyens «inquiets de la direction qu'a prise au cours des dernières années l'éducation au Québec» et qui souhaite assurer une vigie autour de notre système d'éducation.

Au banc des accusés: la réforme de l'éducation, sur laquelle le collectif demande un moratoire au secondaire, et l'accès à la profession enseignante, qui est trop «restrictif» et empêche des candidats compétents de se retrouver devant une classe.

«Nous sommes un groupe de citoyens qui n'avons d'autre intérêt que celui de défendre le bien commun», explique Éric Bédard, l'un des instigateurs du collectif . «L'éducation, ce n'est pas que l'affaire des lobbys et des experts, ce devrait être l'affaire de tout le monde.»

Ce groupe — composé du professeur d'histoire Éric Bédard, du «philosophe de l'éducation» Normand Baillargeon, du professeur de science politique Marc Chevrier et du philosophe Jacques Dufresne, éditeur de l'Agora — s'appuie sur des principes tels que l'importance de la transmission des connaissances en éducation et la force du contenu disciplinaire chez un enseignant, prioritaire par rapport aux éléments de pédagogie aux yeux du groupe.

Avec de telles assises, le CEQ a choisi comme premier cheval de bataille la réforme de l'éducation, dont les «intentions sont louables», mais qui vante les mérites de «mesures audacieuses, pour ne pas dire hasardeuses», comme il l'écrit dans une lettre adressée au ministre de l'Éducation et expédiée au Devoir. «La réforme a promis un retour aux matières de base, et nous applaudissons à cette idée, mais nous sommes préoccupés par les techniques», a indiqué hier Éric Bédard, qui s'inquiète en outre des bases théoriques sur lesquelles repose cette réforme.

Moratoire demandé

Le Collectif demande d'ailleurs un moratoire sur l'entrée en vigueur de la réforme au secondaire, qui s'est effectuée pour la première année de ce parcours scolaire en septembre dernier.

Suivant ses principes, le CEQ croit également que la formation des maîtres pourrait s'ouvrir davantage qu'elle ne le fait à des spécialistes qui ne possèdent peut-être pas le baccalauréat en enseignement secondaire, mais jouissent d'une formation spécialisée solide assortie, par exemple, d'un certificat en pédagogie. «Il y a un paradoxe incroyable dans ce système», note M. Bédard. «D'un côté on retourne aux matières de base, mais, de l'autre, on outille moins bien les maîtres. On ne veut pas lancer de croisade, mais nous disons au gouvernement: "Donnez le libre choix aux futurs maîtres!"»

Le CEQ souhaiterait que l'accès à la profession enseignante soit «diversifié»: qu'on permette non seulement l'entrée en classe de bacheliers en éducation, mais aussi de ces spécialistes bardés de diplômes à qui le primaire et le secondaire sont désormais fermés, faute d'aptitudes reconnues en pédagogie.

Le CEQ, qui travaille de manière bénévole, souhaite intervenir sur la scène médiatique autour des événements liés à l'éducation et compte aussi présenter des mémoires aux commissions parlementaires qui traiteront de leurs sujets d'intérêt. La mobilisation des citoyens autour des causes d'éducation constitue un de leurs souhaits les plus vifs.
 
 
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  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 23 janvier 2006 18h24
    Les nostalgies de la formation classique
    J'espère que le présence de Jacques Dufresne dans cette coalition n'annonce pas une nouvelle crise de nostalgie de la formation classique élitiste dont il est issu. Le problème est fondamentalement pédagogique, dans ce sens que tant et aussi longtemps que les universités seront incapables d'offrir et de soutenir une formation sur le tas, des compétences disciplinaires seront écartés de l'enseignement primaire et secondaire. Une solution complémentaire serait que les universités n'acceptent en pédagogie que les candidats qui possèdent d'abord une excellente maîtrise de la ou des disciplines qu'ils sont appelés à enseigner. Peut-être aurions-nous ainsi des enseignants du primaire qui adorent la mathématique autant que la lecture et l'écriture. On n'enseigne mal ce qu'on n'aime pas.

  • Raoul Côté
    Inscrit
    mardi 24 janvier 2006 21h52
    La Formation des maîtres
    Je tiens à féliciter les membres du CEQ pour la vigie qu'ils proposent autour de notre système d'éducation.Je vais parler de ce que je connais le plus, i.e. la formation des maîtres. Pour avoir oeuvré pendant 25 ans au niveau de l'U.Q. je trouve que les départements d'éducation n'ont pas consacré ornémement de temps pendant ces années à se remettre en question. Il faudra un jour faire un choix de société et cesser cette sempiternelle rationnalisation (mot couvre tout pour le MEQ) des programmes.

    Plutôt faudra-t-il les abolir graduellement et recommencer en tenant compte de façon plus étroite des rèels besoins de nos élèves. Quand des étudiantes et étudiants graduées/s me rejoindre via mon site web pour m'écrire que l'université ne les a pas préparées/s pour faire la police, le psychiatre, le psychologue, pour traiter avec des EDHAA ou des violents, je me questionne à savoir si les responsables de l'éducation ne sont pas totalement étrangers aux réalités du milieu scolaire!

    On pourrait commencer par obliger les membres des commissions scolaires de passer trois ou quatre jours par mois dans une de leurs écoles pour apprendre ce qui se passe réellement. Peut-être pourraient-ils alors se joindre au CEQ et devenir des agents de changements.

    Raoul Côté
    www.sosdiscipline.com

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