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Pour célébrer cette fête des mères, si vous avez des enfants dans la rue, racontez-leur l’histoire de la gratuité scolaire en leur expliquant qu’elle fait partie d’une réflexion qui s’est amorcée à la fin des années 50 au Québec. Dans Le Devoir de samedi dernier, Odile Tremblay signalait la reprise, au cinéma du Parc, du film de Jean-Claude Labrecque, L’histoire des trois, tourné en 1990 et qui raconte l’aventure de trois étudiants de l’Université de Montréal, Francine Laurendeau, Bruno Meloche et Jean-Pierre Goyer, délégués par leur association après des grèves étudiantes dans les universités québécoises afin de réclamer la gratuité scolaire auprès du célèbre Maurice Duplessis qui n’avait pas la réputation d’encourager l’éducation de son peuple.
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Des drapeaux rouges, un porte-parole étudiant, Gabriel Nadeau-Dubois, qui revendique la gratuité scolaire et en appelle à la « contestation beaucoup plus large, beaucoup plus profonde, beaucoup plus radicale » de la société actuelle ; des manifestations continuelles, dont une, rigolote, où les participants ont marché dénudés ; le retour de termes comme « lutte des classes »… L’actuelle crise étudiante a des éléments néo-hippys incontestables. On se croirait parfois replongés dans les années 1960, l’ère de la « génération lyrique », pour reprendre le titre de l’essai classique de François Ricard. Sur les médias sociaux, une vidéo YouTube sur le Mai 68 parisien circule, « en guise d’inspiration », explique-t-on.
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Cela fait deux mois et demi que nous ergotons, argumentons, disséquons, analysons et tournicotons les coins ronds. Deux mois et demi que nous débattons, lui, bien campé sur ses positions, et moi, me faisant mollement l’avocate du diable. Chacun son camp, comme pour le débat nationaliste. Évidemment, il est plus facile de soulever les passions avec des chansons de Vigneault qu’avec des courbes statistiques.