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    Le secteur aérien s’engage timidement dans la lutte contre les changements climatiques

    2 septembre 2017 |Alexandre Shields | Consommation
    L’industrie aérienne compte actuellement pour environ 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).
    Photo: Bombardier L’industrie aérienne compte actuellement pour environ 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

    L’industrie aérienne pèse de plus en plus lourd dans le bilan mondial des émissions de gaz à effet de serre. Un problème auquel les transporteurs promettent de s’attaquer, mais avec des mesures volontaires qui n’infléchiront pas la croissance des GES avant plusieurs années, dans le meilleur des cas.


    Octobre 2016. Réunis en assemblée à Montréal, les 191 pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) parviennent, malgré de fortes réticences, à s’entendre sur un premier plan de gestion des émissions de gaz à effet de serre imputables aux vols internationaux.

     

    Si la question est à ce point importante, c’est que l’industrie aérienne compte actuellement pour environ 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), soit approximativement le même taux que le Canada. Mais ce bilan devrait s’alourdir considérablement au cours des prochaines années en l’absence des mesures pour freiner la croissance des GES, puisque le nombre de passagers dans le monde est appelé à doubler d’ici 2030.

     

    En cas d’inaction, la Coalition internationale pour une aviation durable estime même que le secteur pourrait représenter pas moins de 22 % des émissions mondiales en 2050. Il faut dire que les États engagés dans la mise en oeuvre de l’Accord de Paris promettent de réduire concrètement leurs émissions, ce qui aura pour effet d’augmenter le poids du secteur aérien.

     

    « Cette industrie ne fait pas partie de l’Accord de Paris, au même titre que le secteur maritime. D’où la nécessité de formuler un plan sous l’égide de l’OACI, qui se dit depuis plusieurs années en mesure de réglementer la question des GES », explique Hugo Séguin, spécialiste des négociations climatiques internationales.

     

    Le plan adopté à Montréal s’articule essentiellement autour de la mise en place d’un Régime de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale (sous l’acronyme anglais CORSIA). Il s’agit en quelque sorte d’un marché du carbone, soit un mécanisme de compensation des émissions prévoyant l’achat par les compagnies aériennes de crédits carbone dans une Bourse d’échanges.

     

    Cette pièce maîtresse s’applique seulement aux vols internationaux et sera d’abord volontaire de 2021 à 2026. Selon l’Association du transport aérien international (IATA), cette première phase couvrira néanmoins plus de 80 % du trafic aérien. Une proportion qui doit augmenter à 90 % pour la seconde phase, prévue de 2027 à 2035.

     

    Insuffisant

     

    Au cours des prochaines années, les émissions de GES pourront donc continuer d’augmenter, puisque l’objectif à moyen terme de l’OACI est de les ramener au niveau de 2020, mais pas avant 2035. Et malgré les années qui s’écouleront d’ici là, cette feuille de route a déjà soulevé des critiques, notamment de l’Inde et de la Chine, qui redoutent un frein à la croissance du secteur aérien. La Russie a pour sa part évoqué un « objectif irréaliste ».

     

    De plus, l’accord de l’OACI ne touche que l’aviation internationale, alors que 40 % des émissions du secteur du transport aérien émanent des vols intérieurs.

     

    Cette première « réponse globale » est néanmoins présentée comme un engagement concret en faveur de la lutte contre les changements climatiques par le chef des communications de l’OACI, Anthony Philbin. Selon le directeur général de l’IATA, elle « ne conduira pas à l’avenir durable de l’aviation », mais elle s’ajoute aux efforts en matière de développement de carburants moins polluants, d’avions plus performants et d’optimisation des opérations, notamment pour les routes aériennes.

     

    « Pendant des années, l’industrie de l’aviation a réussi à s’en sortir et à ne rien faire, malgré ses émissions sans cesse croissantes. Maintenant, elle se donne plusieurs années pour ne faire que de petits pas, alors que des pas de géant sont requis », réplique Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat chez Greenpeace.

     

    Au Canada, le bilan des émissions des vols intérieurs avoisinait les 7,3 millions de tonnes de GES en 2015. Quant aux vols internationaux, elles ont doublé en 25 ans et dépassaient les 11,3 millions de tonnes. Elles ne sont toutefois pas comptabilisées dans le bilan du gouvernement fédéral.

    Les principales mesures prises par les quatre grands transporteurs aériens au Canada Air Canada. L’entreprise s’est engagée à respecter des objectifs d’amélioration du rendement du carburant consommé par ses avions, à l’instar des autres joueurs du secteur. Elle compte aussi limiter ses émissions, selon le plan adopté par l’OACI l’an dernier.

    WestJet. Depuis l’an 2000, le transporteur dit avoir augmenté substantiellement l’efficacité de ses appareils, notamment en renouvelant sa flotte grâce à des investissements de 4,5 milliards de dollars. L’entreprise adhère aussi au plan de gestion des GES de l’OACI.

    Air Transat. L’entreprise mise sur un programme de gestion du carburant mis en place en 2014 pour réduire ses émissions de GES, mais aussi sur une réduction du poids de ses avions, le renouvellement de sa flotte et divers ajustements technologiques dans la gestion de ses activités.

    Sunwing. Le voyagiste affirme miser sur l’utilisation d’appareils récents et économes en carburant, et sur l’adoption de mesures technologiques qui permettent de réduire la consommation de carburant.













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