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    Le marathon du végétarien

    Le végétarisme est-il conciliable avec une pratique sportive exigeante ?
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le végétarisme est-il conciliable avec une pratique sportive exigeante ?

    Une alimentation à base de pois chiches et de quinoa peut-elle permettre à un sportif d’amasser les réserves de carburant nécessaires pour s’entraîner et courir un marathon ? Quand les confrères de course de Michel Cusson ont appris que cet athlète, dont ils admirent autant l’endurance que l’enthousiasme, arrivait à faire des temps records en boudant la viande de son alimentation, ils ont été très surpris.

     

    « Même mon entraîneur était méfiant. En trente ans dans le milieu de la course, il n’avait pas encore rencontré de coureur végétarien », confie le sportif, végétarien depuis plus de deux ans.

     

    Et pourtant, de plus en plus d’athlètes optent pour ce régime de vie. Sport et végétarisme sont même très compatibles, affirme Marielle Ledoux, professeure titulaire au département de nutrition de la faculté de médecine de l’Université de Montréal.

     

    Glucides, glucides, glucides

     

    Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas dans les protéines que l’on retrouve les sources d’énergie nécessaires à l’effort, mais dans les glucides, contenus dans le riz, les pâtes, les pommes de terre. « En règle générale, les végétariens sont même mieux servis que les omnivores. Puisque les athlètes ont davantage besoin de glucides que la moyenne des gens, c’est souvent pour cette raison que les marathoniens optent pour le végétarisme », explique Marielle Ledoux.

     

    Les athlètes aiment bien les obstacles, et c’est le cas de Michel Cusson. C’est à 30 % par conviction et à 70 % par défi qu’il a supprimé les sources animales de son alimentation. Modeste, le coureur, qui demeure très discret sur son végétarisme, avoue ne pas avoir fait de gains significatifs, bien qu’il ait continué à prendre la tête du peloton. « Je ne le lie pas ce résultat au végétarisme, mais à un meilleur entraînement », dit-il.

     

    Dans son livre Courez mieux, courez végé (Édito), l’ultramarathonien et végétalien Matt Frazier avoue avoir gagné en force et avoir récupéré plus rapidement même en augmentant l’intensité de ses entraînements. Mais selon les spécialistes de la nutrition sportive, le végétarisme ne donne pas une longueur d’avance sur les autres athlètes. « Le seul bénéfice que je peux voir, c’est la facilité de se procurer ses réserves les glucides. » Ces athlètes végétariens peuvent sans regret consulter la carte des desserts, puisque s’y trouve le sucre nécessaire à leurs besoins accrus en énergie.

     

    « Les athlètes sérieux ont déjà tendance à être disciplinés autant dans leur programme d’entraînement que dans ce qu’ils ingèrent », note Pierre-Mary Toussaint, kinésiologue et coauteur du livre Mythes et réalités sur la course à pied (Éditions de l’Homme). La clé pour réaliser ses objectifs réside dans trois règles de base très simples : un bon programme d’entraînement, une bonne nuit de sommeil et, surtout, une saine alimentation — dont un régime végétarienne trace les contours.

     

    Pas à pas

     

    Le truc pour ceux qui souhaitent adopter une alimentation végétarienne est d’y aller en douceur, suggère l’auteur de Courez mieux, courez végé. La première année, Matt Frazier a éliminé les animaux à quatre pattes de son alimentation (viande rouge et porc) et l’année suivante, ce fut le tour de la volaille. Désormais végétalien, il a aussi exclu les produits laitiers et les oeufs, une règle toutefois beaucoup plus complexe à suivre, « car les végétaliens ont pas mal plus de nutriments à surveiller, ils doivent porter davantage attention à leur apport en protéines, en fer, dit Marielle Ledoux, aussi coauteure du livre Nutrition, sport et performance (éditions Géo Plein Air). J’avoue honnêtement que c’est rare de trouver des athlètes végétaliens. »

     

    Pour déboulonner le mythe de l’alimentation triste et sans saveur du végétarisme, Michel Cusson suggère de se procurer des livres de recettes alléchants qui invitent à cuisiner, tels que Plenty (Rogers) ou Végétarien parfois, souvent ou passionnément du chef Jérôme Ferrer (éditions La Presse). « Qu’on soit végé ou pas, il faut prendre le temps d’acheter des produits sains et de cuisiner, reconnaît le marathonien Michel Cusson. Tout le monde a le pouvoir de se soucier de ce qu’il mange, au fond. »













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