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    Le coworking: le travail nomade à valeur ajoutée

    28 octobre 2013 |Émilie Folie-Boivin | Consommation
    Le Plancher est un lieu de coworking créé par l’Usine C où les artisans du milieu des arts et de la culture peuvent mettre en commun leurs idées.
    Photo: Mathieu Doyon Le Plancher est un lieu de coworking créé par l’Usine C où les artisans du milieu des arts et de la culture peuvent mettre en commun leurs idées.

    Un nouveau venu dans le marché des espaces de coworking - ces lieux qui permettent aux travailleurs indépendants de sortir de l’isolement et des cafés - vient de naître dans le quartier Centre-Sud de Montréal. Le Plancher de l’Usine C propose un terrain de création spécialement conçu pour les artisans du milieu des arts et de la culture. Portrait.

     

    Le « 9 à 5 » est un concept inexistant chez les travailleurs autonomes. Nombreux sont ceux qui débordent des « heures de bureau » parce que leur espace de travail n’est jamais bien loin, à un bras de distance de n’importe quelle surface où poser leur ordinateur portable.

     

    Si les cafés font d’excellents bureaux d’occasion - tant que le travailleur nomade n’est pas saturé de latte à la citrouille -, les espaces de travail partagés ont eux, par contre, la double qualité de structurer le travail et de créer un lieu de rencontre pour les génies nomades. C’est là la mission intéressée du Plancher, nouvel espace de cotravail spécialisé dans le domaine culturel qu’a créé l’Usine C.

     

    Dans le plus grand hall de théâtre à Montréal, le modèle du Plancher s’inspire du réseau d’espaces The Hub, disséminé sur cinq continents. Mais il s’en distingue en offrant aux travailleurs isolés le coeur battant d’un centre de diffusion, lieu inutilisé entre 9 h et 17 h.

     

    Jasmine Catudal a voulu dynamiser ces espaces pendant le jour et mettre cet incubateur entre les mains de travailleurs autonomes dans une structure qui faciliterait la mise en commun des idées. En plein le genre d’endroit que la codirectrice de l’Usine C aurait rêvé de fréquenter quand elle a fondé l’OffTA dans sa propre cuisine, son salon, ou en squattant le réseau Internet Starbucks de l’autre côté de la baie vitrée.

     

    « Je voyais ces halls de théâtre fermés le jour et je me disais : pourquoi je ne peux pas aller m’asseoir à une table et m’approprier cet espace ? Ils l’ont, le wi-fi, ça ne leur coûte pas plus cher », se rappelle la jeune femme. Maintenant intégrée à l’organisation de l’Usine C, elle constate que ce genre de projet mobilise, certes, son lot de ressources, mais que cela en vaut le coup, stimulant l’ébullition d’idées créatives. « Le génie, c’est 1 % et 99 % de travail, mais j’aimerais qu’on donne les lettres de noblesse au contexte», poursuit Mme Catudal.

     

    Un nombre d’espaces en hausse

     

    Les espaces pour mettre en commun les idées des pigistes ont poussé ces dernières années à Montréal, sous les noms d’Ecto, Station C, Orbit, certains étant sont plus spécialisés que d’autres. Le collectif Ublo, par exemple, rassemble des pigistes du monde des médias, alors que le groupe Caravan Coop regroupe les professionnels nomades du Web. Chaque espace a sa personnalité et ses forfaits, jonglant de 175 $ à plus de 300 $ par mois pour un bureau à temps plein, des tarifs que plusieurs artisans et travailleurs culturels ne peuvent se permettre.

     

    Pour le prix d’une théière de sencha (autour de 3 $ la demi-journée, 95 $ par mois), ces sans-bureaux ont accès à des services similaires - Internet, imprimante, machine à café et espaces de réunion - et à 17 h, tout le monde remballe ses affaires avant que le hall n’accueille la foule des spectateurs. Une aubaine.

     

    « La collaboration, c’est quasiment plus important que le lieu et les services, remarque le planchiste Michel De Silva, l’un des vidéastes de Rachel + Michel, compagnie donnant dans la confection de courtes capsules vidéo. C’est ça la valeur ajoutée d’un lieu de coworking ou de bureaux partagés. Quand tu as besoin d’une expertise sur un projet et qu’il y a le professionnel que tu cherches sur la table d’à côté, c’est très efficace ! »

     

    Au début du projet, la codirectrice de l’Usine C avoue y être allée doucement sur la solidarité, pour ne pas effaroucher les pigistes et surtout parce que coopérer n’est pas une obligation. Mais très vite, elle a constaté que le travail collaboratif est le principal critère recherché par les pigistes, qui désirent faire des rencontres, avoir la possibilité de manger ensemble et faire jaillir de nouvelles idées.

     

    Comme n’importe quelle entreprise devrait le faire, Le Plancher de l’Usine C prévoit organiser des conférences, des ateliers de perfectionnement et des rencontres pour répondre aux besoins de ses membres, et ce, même s’il n’est le patron de personne. « On a une employée sur place, qui est là pour réaliser ces projets, tout va se modeler selon la communauté qui va se créer », dit Jasmine Catudal.

     

    Et dans un incubateur de création comme celui de l’Usine C, qui sait ce qui pourra éclore…

     
     
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