Marchés publics - À la conquête des marchés pour le temps des fêtes
Dans un marché public, il est possible de se rincer l’oeil sur les abondantes et attirantes denrées exposées; il est à la fois loisible d’échanger avec les gens des différents étals sur leurs produits dont ils vantent les attributs qui leur sont chers. Le temps des fêtes n’échappe pas à cette règle, même qu’il est propice à cette occasion de l’envelopper d’une touche de bonne humeur supplémentaire. Bienvenue dans ces lieux où la campagne rend visite à la ville.
Il est intarissable si vous l’invitez à identifier les traits caractéristiques qui forgent la personnalité des quatre grands marchés de Montréal : Jean-Talon, Atwater, Maisonneuve et Lachine. Par surcroît, il ne saurait se contenter de rien d’autre que d’un cahier-cadeaux au complet si vous lui tendez l’oreille pour décrire quelles sont les trouvailles gustatives ou autres dont regorgent ces espaces publics. Il s’appelle Jean Gagnon Doré et il est le directeur des communications de la Corporation de Gestion des marchés publics de Montréal qui a maintenant 20 ans. Résumons ses propos.
Un arrêt s’impose en premier lieu dans la Petite Italie, là où prend place le plus important des quatre, le marché Jean-Talon. Il le décrit tout en faisant part de généralités autour de ces espaces commerciaux : « Il est composé de 130 membres, dont 80 sont des producteurs, si on tient compte que les marchés publics regroupent pour la plupart des producteurs agricoles ou horticoles, des boucheries, des fromageries, des revendeurs et toute une série de boutiques appelées aussi des transformateurs où on retrouve des produits du terroir, des produits maison et tout ce genre de chose-là. » Il signale une réalité climatique : « Les marchés se présentent sous deux aspects différents durant l’hiver et l’été. La configuration estivale est plus vaste parce qu’on y accueille davantage de producteurs ; historiquement, dans le cas de Jean-Talon, ils se sont installés là en 1933 dans le sillage de l’après-crise économique. »
Son aîné et le deuxième en importance, le marché Atwater est apparu en 1932, soit un an avant son cadet : « Il est composé de 80 membres et ce qui le caractérise beaucoup c’est la variété de boucheries qui sont situées dans sa partie intérieure ; la poissonnerie y est également très reconnue et les fromageries font bonne figure. » Il se tourne du côté de Maisonneuve, ce marché situé sur Ontario dans Hochelaga-Maisonneuve : « La sélection de fruits et légumes ne manque pas à cet endroit. Il est beaucoup plus petit que les deux précédents et il compte environ de 15 à 20 membres. »Il effectue un dernier arrêt du côté de Lachine : « Encore là, c’est plutôt petit avec approximativement une douzaine de membres. Il y a une section extérieure durant l’été et, durant l’hiver, il y a une fruiterie et une boulangerie tout à côté avec une belle sélection de pâtisseries ; la fromagerie Atwater est également là. »
Des lieux imprégnés des valeurs d’antan
Il se dégage une constante historique qui fonde souvent l’atmosphère bon enfant et traditionnelle des marchés publics, comme le rapporte M. Gagnon Doré : « Il y a des gens qui sont là depuis les années 1970. Il faut comprendre que dans les marchés, il y a souvent des personnes qui font commerce depuis deux ou trois générations ; alors, quand on parle à certains producteurs, ils vont raconter qu’ils jouaient en dessous de l’étal où ils ont grandi pendant que le père ou le grand-père vendaient des fruits et légumes ; plus tard, leur vie d’adulte s’est poursuivie au même endroit. »
Il y a répercussion de cette réalité en décembre : « On parle ici d’une réelle tradition. C’est particulièrement vrai dans le temps des fêtes durant lequel s’installe un esprit familial qui est très fort dans les marchés ; on le sent pour cette raison-là. Les clients font preuve d’une espèce d’assiduité avec les membres auprès desquels ils ont développé une sorte de filiation. Lise Payette racontait que toute jeune, elle fréquentait une boucherie du marché Atwater qui est toujours en opération depuis son ouverture en 1932. »
Et à chaque année, tous les marchés se livrent à une même bonne habitude qu’ils ont prise depuis longtemps : « On retrouve partout des sapins. Aux marchés Jean-Talon et Atwater, c’est méga ! Si un peu de neige s’ajoute à toute cette verdure nordique de différentes tailles et formes, ça devient magique. » Et il ajoute : « Dans le temps des fêtes, les marchés sont toujours pour les Montréalais des lieux très intéressants et attirants parce qu’ils sont des plus propices aux rencontres et aux échanges. Et comme la nourriture est tellement importante dans la vie humaine de façon générale, il se trouve un lien qui est difficile à effacer quand on a trouvé dans ces marchés un paquet de produits qu’on aime et qui sont fabriqués par des mordus de la bouffe. »
Jean Gagnon Doré rappelle que la musique figure au programme en cette période festive : « Il y a une chorale qui fait en douceur des chants jazz de Noël dans les marchés Atwater, Maisonneuve et Jean-Talon durant les fins de semaine de décembre. » De plus, il laisse savoir que se déroulera un événement important le 15 décembre dans ces trois endroits : « On participe à la guignolée de la fondation du docteur Julien. Les habitués de marchés auront alors l’occasion de soutenir cette bonne cause auprès des équipes de bénévoles qui seront sur place. »
Pour ce qui est des cadeaux…
Le directeur des communications de la Corporation dresse une imposante liste des cadeaux qu’il est possible de se procurer dans les marchés. Le Devoir a consulté le père Noël par satellite depuis le pôle Nord après l’entrevue réalisée avec ce dernier et il a été très ferme à ce sujet : « Il n’est pas question de dévoiler dans vos pages la teneur de ceux-ci ; l’effet de surprise serait compromis. » Tout au plus a-t-il consenti à ce qu’il soit fait mention de généralités du genre : les marchés publics présentent l’offre la plus large et la plus originale en termes de cadeaux reliés aux plaisirs gastronomiques ; leur gamme est variée de telle sorte qu’ils sont abordables pour tous les budgets et qu’ils répondent aux exigences de tous et chacun dans leur quête de « donner et de recevoir ».
Il a aussi ajouté : « Il vaut mieux procéder de la sorte pour ne pas faire de jaloux et pour ne pas initier un sentiment d’animosité dans une période de paix. Les visiteurs sont tout à fait capables d’arrêter leur choix par eux-mêmes en se rendant dans les marchés. »
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