Musique - Une année musicale en guitare, des cadeaux en or
Y aura de la guitare sous le sapin cette année. À faire un tour d’horizon rapide des bonnes parutions musicales de l’année - et qui s’offrent sans trop de risque de voir le visage de l’être cher se décomposer à la première écoute -, on sent que le folk a pris beaucoup de place. Il est parfois à tendance country, à tendance rock ou plus proche de la chanson, mais peu importe. Ça gratte, mes amis.
On vous avertit, les choix ici-bas ne tiennent pas compte du nombre d’albums vendus. De toute façon, les gros noms sont au haut des étagères ou sur les grandes affiches des disquaires, vous pouvez les trouver sans souci. Et si on creusait un peu, plutôt ?
Une qui combine talent, originalité et succès, c’est Lisa LeBlanc, qui a fait tourner bien des têtes et ouvert bien des oreilles cette année. Révélation de l’année à l’ADISQ, l’Acadienne a livré un premier disque débordant d’authenticité. Pas de révolution musicale, mais des refrains forts et une poésie simple et brute. Ne vous arrêtez pas à son titre le plus connu, Aujourd’hui ma vie c’est d’la marde. LeBlanc a aussi composé des pièces magnifiques, comme Lignes d’Hydro et Kraft Dinner. Vous ne pourrez pas dire « avoir su ».
Si on reste du côté des gagnants de l’ADISQ, vous avez peut-être lâché un « c’est qui, eux ? » quand Avec pas d’casque est monté sur scène pour récolter le prix d’Auteur ou Compositeur de l’année. Ils ne vous en voudraient pas. Mais le dernier disque du groupe montréalais vaut le détour et s’offre bien à tous les trentenaires d’âge ou de coeur. Stéphane Lafleur et sa bande proposent sur Astronomie un folk mélodique sans dentelle et des textes magnifiques, poétiques, originaux. On ne fait pas bêtement rimer amour et toujours, et on soupire de soulagement.
Un des artistes incontournables de l’automne est Louis-Jean Cormier, qui a profité de la pause de son groupe Karkwa pour lancer un premier disque solo, intitulé Treizième étage. La pomme n’est pas tombée très loin de l’arbre pour Cormier, mais on ne s’en plaint pas. Sur des airs folk rock, ses mélodies restent puissantes et sa voix un peu embrumée est aussi touchante. Le genre de disque intergénérationnel qui s’offre sans risque. Dans la même famille musicale, il est dur de contourner l’Aux alentours de Marie-Pierre Arthur, qui a un pied dans un folk moderne, l’autre dans la musique des années 1970. Du très beau.
Les palmarès des bons disques québécois de 2012 risquent aussi fortement de mettre en évidence le deuxième disque de Coeur de pirate, Blonde, musicalement plus riche et plus rétro que le premier effort de la jeune maman. Et pour les fans de folk brun, difficile de contourner le nouveau Bernard Adamus, intitulé simplement No 2. Si on gratte un peu dans la découverte, Adamus est un bon ami de la formation montréalaise Canailles. On est ici dans le bluegrass, le cajun presque. Ça gratte, ça râpe, ça chante en choeur. Leur premier disque, réalisé par Socalled, ne se nomme pas pour rien Manger du bois !
Restons dans le folk plus brut. Si on a souvent comparé Dany Placard à Tom Waits, c’est plutôt son côté Neil Young qui remonte à la surface sur Démon vert, son plus récent disque couvert d’éloges par la critique. Le natif de Laterrière, au Saguenay, livre des pièces très personnelles, et moins rock que sur son précédent. Un superbe disque pour la route. Si vous êtes à la recherche d’énergie et de puissance, optez plutôt pour Gros Mené, formation de Fred Fortin, ou alors pour le troisième effort des Dales Hawerchuk, récompensé au dernier GAMIQ pour l’album rock de 2012.
Si on s’amuse toujours avec les Dales, c’est aussi le cas avec Les Trois Accords, qui viennent peut-être de faire paraître leur meilleur disque. Drôle sans être comique, mélodiquement très réussi, le disque J’aime ta grand-mère est un cadeau qu’appréciera le boute-en-train de la famille. Sinon, pourquoi ne pas tenter le coup avec Les Appendices. Le groupe d’humoristes mène une émission d’humour à Télé-Québec et a gravé sur disque ses chansons.
Hip-hop
Bon, il n’y a pas que les guitares dans la vie. Si le beau-frère préfère le hip-hop, le choix est vaste, et la scène québécoise du genre et très productive. Dans le lot, Koriass s’est démarqué cette année, lui qui s’est même retrouvé à l’ADISQ parmi les finalistes dans la catégorie Auteur ou Compositeur - un fait quand même remarquable. Sur Petites victoires, il se montre en toute transparence, ne jouant pas au caïd. Koriass aime jouer entre le sérieux et le drôle, à notre grand plaisir.
Difficile de contourner Radio Radio, qui a livré un album sans compromis avec Havre de grâce. C’est énergique, musicalement éclaté. Un autre qui carbure à la folie créatrice, c’est Maybe Watson. Membre d’Alaclair ensemble, il a fait paraître un disque solo qui mérite un détour chez le disquaire indépendant de votre coin. Si le neveu préfère le rap plus classique, le vétéran Français Oxmo Puccino est un bon choix. Son dernier disque Roi sans carrosse le révèle en pleine possession de ses moyens.
Fans de musique instrumentale ? Le dernier disque du mythique groupe montréalais Godspeed You ! Black Emperor est un choix sûr. Leur Alleluyah ! Don’t Bend Ascend saura satisfaire l’ami mélomane et ouvert d’esprit. Pour du plus doux, optez pour le Solo Piano 2 de Chilly Gonzales, où on est plus proche de Satie que de Satan.
Et ailleurs?
Si on traverse la frontière ou l’océan, on tombe dans un nouveau - et gigantesque - bassin de bons disques. Le groupe Grizzly Bear a lancé un magnifique disque folk rock intitulé Shields. C’est complexe et simple à la fois, sans grands points faibles. Sinon, jetez une oreille aux Anglais de Django Django ou de Alt-J, qui ont connu une année 2012 spectaculaire.
Côté compilations, Ben Harper a lancé tout récemment un recueil de ses plus belles ballades sous le titre By My Side. C’est tout doux, et tout beau. En restant dans la douceur, on peut aussi penser au dernier disque du duo The XX, dont la bulle est un peu plus électronique.
Sous quel format?
Tout ça s’achète bien sûr en format CD. Après, pour épargner des sous, pourquoi ne pas acheter le tout en format numérique? Deux ou trois disques sur une clé USB, ça peut faire le boulot pour le cousin amateur de dématérialisation.
Si votre relation avec l’objet physique est importante, sachez que de plus en plus d’artistes osent le vinyle. Si vous ne trouvez pas en magasin, ils se commandent aisément sur le site Web des artistes. Pour quelques dollars de plus, vous aurez la version 33 tours, et la plupart du temps les compagnies de disques intègrent un code de téléchargement. Pratique pour le baladeur numérique ! Après, ça prend un tourne-disque !









