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La nourriture doit être taxée, affirment deux économistes

Étendre la TPS aux produits non taxés pourrait rapporter au fédéral 39 milliards par année

La Presse canadienne   25 février 2012  Consommation
D’éminents économistes suggèrent de taxer les aliments vendus en épicerie.<br />
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
D’éminents économistes suggèrent de taxer les aliments vendus en épicerie.
Ottawa — Deux éminents économistes canadiens s'apprêtent à demander au gouvernement fédéral d'étendre la taxe sur les produits et services (TPS) afin que celle-ci s'applique désormais à la nourriture achetée en épicerie.

Le directeur de l'École de politique publique de l'Université de Calgary, Jack Mintz, ainsi que Michael Smart, de l'Université de Toronto, estiment que la méthode utilisée par les gouvernements canadiens pour récolter les taxes de vente compte parmi les plus inefficaces des pays industrialisés.

En cessant d'exempter de taxes les produits comme les médicaments, les livres, les services financiers et, surtout, la nourriture, le gouvernement fédéral pourrait hausser ses revenus de 39 milliards par année, soit une augmentation d'environ 60 % du montant récolté actuellement.

Avec cette somme, Ottawa serait en mesure de réduire l'impôt sur le revenu et, possiblement, de financer les programmes sociaux. Ou encore il pourrait réduire de 40 % la taxe de vente harmonisée que les Canadiens de la majorité des provinces doivent acquitter.

Les deux économistes ne minimisent pas la difficulté politique qu'implique le virage qu'ils proposent. «Je ne dis pas que c'est logique politiquement, mais c'est logique économiquement», a dit M. Smart lors d'une conférence de presse hier. MM. Smart et Mintz comprennent que les Canadiens les moins bien nantis consacrent une portion plus élevée de leurs revenus à l'alimentation. Mais la meilleure façon de régler ce problème, disent-ils, est d'augmenter le remboursement de TPS accordé à ceux qui en ont besoin. En exemptant de taxes les aliments, les Canadiens les plus riches ont eux aussi droit à un crédit, ont-ils rappelé.

«J'aimerais entendre un politicien essayer de défendre ça. C'est indéfendable», a dit M. Mintz, qui dit avoir soulevé le sujet auprès du ministre des Finances, Jim Flaherty. Il n'a rien dit de la réponse de ce dernier.

Ces conclusions sont tirées d'un rapport remis par M. Smart lors d'un congrès qui a eu lieu à Calgary l'automne dernier. Le document a été légèrement modifié, et il a été présenté à nouveau en conférence de presse hier.

Lors de l'introduction de la taxe sur les produits et services, il y a 21 ans, le premier ministre de l'époque, Brian Mulroney, craignait ses contrecoups à un point tel qu'il avait fait marche arrière dans son projet de taxer les aliments, et ce, même si cette décision impliquait que la taxe soit plus élevée que prévu.

Le gouvernement Harper a quant à lui choisi de réduire cette taxe de deux points de pourcentage pour la ramener à 5 %, une décision qu'il a trouvée avantageuse d'un point de vue politique.

Les économistes avancent que les taxes sur la valeur ajoutée (TVA) sont préférables aux autres taxes et que d'augmenter l'efficacité de la TVA canadienne viendrait stimuler l'économie. L'exemption accordée à la nourriture coûte 1 milliard en pertes d'efficacité et en coûts d'observation, selon l'étude.

Au bout du compte, explique M. Smart, les Canadiens finissent par acheter trop d'aliments discrétionnaires et trop d'aliments prêts à servir parce que ceux-ci sont exemptés de taxes. Une hausse de 10 % du coût de la nourriture réduirait la consommation de 2 %, selon les auteurs.
 
 
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  • François Desjardins - Abonné
    25 février 2012 09 h 58
    Un peu révulsant
    Quand on voit comment le prix des aliments augmentent et les compromis qu'une famille moyenne risque de faire pour économiser, il faut vraiment un certain front pour suggérer ça... probablement de la part de gens pour qui le coût d'un panier d'épicerie n'est pas une préoccupation...!
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  • L Eclair - Inscrit
    25 février 2012 11 h 43
    Logique écononmiquement ??!!
    Eh ben ça prend un diplôme pour nous rire d'en face de même c'est assez écœurant. Logique ?%$%?$ Pourqoui c'est pas taxé ? Peut-être parce ce que ça pas d'allure. Ces gars là doivent être amis avec Blythe Masters. LEs petits copains d'abord hein ?? Je crois que l'administration publique devrait regarder les priorités avant d'en arriver à augmenter le fardeau d'achat du panier d'épicerie. Dans un pays nordique comme le nôtre, on ne pourra pas se plaindre des finances pour taxer la nourriture tout en achetant du matériel de guerre impérial. Les petits tyrans pourraient se voir montrer la porte rapidement au prochain tour électoral !
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  • Darwin666 - Inscrit
    25 février 2012 20 h 00
    Des économistes «éminents»?
    Je trouve scandaleux qu'on accorde ce titre à des tenants des théories qui nous ont mené à la crise actuelle, qui ne cesse de perdurer, car ce sont encore à ces éminences que nous confions les décisions qui maintiennent l'économie mondiale dans le marasme.

    «Avec cette somme, Ottawa serait en mesure de réduire l'impôt sur le revenu et, possiblement, de financer les programmes sociaux.»

    L'ordre de préséance est ici révélateur. La priorité, pour ces promoteurs des inégalités sociales, est, après avoir augmenté les taxes qui touchent davantage les moins nantis, de baisser les impôts des riches, et si cela est encore possible, de financer les programmes sociaux. Pas pour les améliorer, auraient-ils pu ajouter, mais pour les maintenir.
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  • Darwin666 - Inscrit
    25 février 2012 20 h 49
    Suite au commentaire précédent...
    Cet article m'a inspiré un court billet...

    http://jeanneemard.wordpress.com/2012/02/25/jeanne
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  • oups12 - Inscrit
    26 février 2012 12 h 18
    les taxes????
    Les supposés éminents économistes ne trouvent-t-il s pas que nous sommes suffisamment taxés actuellement ? Ne pourraient-ils pas travailler à trouver des solutions progressistes pour régler le marasme économique tout en protégeant les plus mal nantis.
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  • oups12 - Inscrit
    26 février 2012 12 h 21
    les économistes
    Les supposés éminents économistes ne trouvent-t-il s pas que nous sommes suffisamment taxés actuellement ? Ne pourraient-ils pas travailler à trouver des solutions progressistes pour régler le marasme économique tout en protégeant les plus mal nantis.
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  • Discret - Inscrit
    27 février 2012 09 h 51
    Assez dégueulasse comme idée
    Taxer la nourriture et les médicaments, c'est à dire frapper les moins bien nantis dans leurs besoins les plus vitaux, pour «réduire l'impôt sur le revenu», c'est à dire favoriser les plus riches.

    Est-ce que vraiment ces soi-disant spécialistes ne savent toujours pas que le seul moyen de relancer une économie défailante est de stimuler la consommation, donc d'arrêter d'étrangler les budgets des familles? Navrant de bêtise.

    Smart et Mintz. Deux noms de duettistes fantaisistes à retenir lorsque viendra le temps de faire le bilan des idées qui auront appauvri les pauvres encore plus, et ruiné tout espoir de relance économique.
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  • Ginette Masse-Lavoie - Inscrit
    9 mars 2012 09 h 53
    Taxer la nourriture??????
    Messieurs, qui vous a payés pour faire une étude si révoltante??? Le gouvernement fédéral peut-être?!!!!! Moi aussi, comme les autres qui ont réagi à l'article, je suis outrée, scandalisée par une pareille soi-disant solution pour, comme on peut s'en douter, remplir encore une fois les poches des "bandits à cravate" de plus en plus nombreux et enlever le pain quotidiren de la bouche du "peuple".!!!!!! G.M. Lavoie
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