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Un coup droit au coeur pour Casse-Noisette

25 novembre 2011 | Émilie Folie-Boivin | Consommation
Les Grands Ballets canadiens de Montréal viennent de s’installer dans les couloirs du Palais des congrès pour leur deuxième Marché Casse-Noisette.<br />
Photo : François Pesant - Le Devoir Les Grands Ballets canadiens de Montréal viennent de s’installer dans les couloirs du Palais des congrès pour leur deuxième Marché Casse-Noisette.
Le marché de Noël philanthropique des Grands Ballets canadiens contribue à l'éveil artistique d'enfants issus de milieux défavorisés Le deuxième Marché Casse-Noisette des Grands Ballets canadiens de Montréal vient de s'installer dans les couloirs du Palais des congrès avec ses 77 exposants. Bien plus qu'une braderie d'idées-cadeaux uniques, cette activité est une occasion pour le public de jouer aux philanthropes et de contribuer au Fonds Casse-Noisette, qui existe depuis 14 ans et permet à des enfants de milieux défavorisés de goûter eux aussi à la magie de ce classique du temps des Fêtes.

Noël est une période effervescente dans les écoles. Lorsque Caroline Lampron affirme que «c'est rien de moins que le meilleur moment de l'année pour mes élèves», la professeure à l'école primaire Sainte-Odile de Cartierville parle non pas du temps des Fêtes, mais de l'instant où ses élèves s'immergent dans la féerie du ballet Casse-Noisette grâce aux Fonds Casse-Noisette des Grands Ballets canadiens.

Pendant deux ans, ses classes ont pu profiter du programme éducatif financé entre autres par le marché Casse-Noisette. Pour l'enseignante de 4e année, c'est un «véritable cadeau pour les profs» — et par ricochet pour les élèves, puisque que c'est une chouette façon d'apprendre qui n'a rien à voir avec l'anglais et les maths.

Le petit 2 $ récolté à l'entrée du marché, ainsi que 10 % des recettes des exposants servent ainsi à offrir des ateliers d'arts dans les écoles défavorisées de Montréal et permettent à 2800 jeunes d'assister cette année à une représentation spéciale du célèbre ballet russe à la Place des Arts.

Les enfants ne sont immergés dans l'univers de cette fable que quelques heures et pourtant, Caroline Lampron en a constaté des bienfaits saisissants. L'enseignante a introduit ses groupes à Casse-Noisette avant la visite de l'artiste responsable de l'atelier venue leur montrer les costumes et les aider à préparer une oeuvre d'art collective. «Ça les a littéralement ouverts à la culture. Plusieurs de mes élèves ne connaissaient pas la musique classique et après l'écoute de celle de Casse-Noisette signée Tchaïkovski, ils sont arrivés en classe avec des disques de Beethoven et de Mozart!», se souvient-elle, emballée.

Les garçons ont été fascinés par les danseurs et le clamaient même de vive voix. «J'ai l'impression que le fait de voir ces hommes danser leur donnait la permission d'essayer de nouvelles choses dans leur vie.» À travers ces ateliers, les élèves de Mme Lampron ont surtout réalisé que de créer une oeuvre d'art demande du temps. «Quand on commence à fabriquer quelque chose, ce n'est pas beau tout de suite. C'est beaucoup la persévérance que les jeunes ont retenue de l'expérience Casse-Noisette. On est dans un monde de clés-en-main, tout doit être facile et rapide, alors là, ils ont vu le travail qu'il y a derrière la création artistique. Ça les a beaucoup impressionnés», dit-elle en faisant également référence à l'oeuvre collective que ses classes ont réalisée avec l'artiste invitée.

Ma première Place des Arts

Chaque année, les fresques des écoles choisies sont d'ailleurs exposées au public; du 10 au 30 décembre, la jeune cuvée 2011 exposera au Piano Nobile de la salle Wilfrid-Pelletier. Le directeur général des Grands Ballets, Alain Dancyger, se rappelle du passage d'un homme d'affaires intéressé par l'une des oeuvres. «Il a dit: "C'est magnifique! Quel artiste a réalisé ça?" Et quand je lui ai répondu que c'était un élève du primaire, il n'en revenait pas! Ce qui émane de ça, c'est qu'on a tous le même potentiel de création, défavorisés ou pas.»

L'art est un incroyable moyen d'expression pour les jeunes et ces ateliers permettent même parfois de réchapper certains élèves en détresse scolaire, soulève M. Dancyger, ce qu'a d'ail -leurs vécu Caroline Lampron. «L'artiste invitée a choisi le croquis d'un de mes élèves en difficulté comme personnage principal de la fresque. Sans même connaître le bagage de l'enfant, elle a reconnu en lui de grandes qualités artistiques. Oh, la fierté dans ses yeux... Je m'en souviendrai toujours. Ensuite, quand il semblait moins motivé à l'école, je le valorisais à travers les arts.»

Ce Noël-ci, Mme Lampron laisse à d'autres classes la chance de bénéficier du programme, mais elle croise les doigts pour qu'on lui fasse de nouveau ce cadeau l'an prochain. À cet effet, M. Dancyger précise: «On fonctionne par rotation pour en faire bénéficier des enfants défavorisés. Ce qui est triste, c'est qu'il n'y a pas vraiment de pénurie de demandes.»

Sa classe doit peut-être se passer de la PDA mais elle découvrira tout de même Clara, le Prince et le Roi des rats, puisque l'enseignante a ressorti Casse-Noisette et improvise à sa façon les ateliers. «C'est le roman le plus abîmé de ma bibliothèque à l'école. Et c'est plutôt bon signe, je trouve!»

***
Provisions des Fêtes

Inspiré du Nutcracker Market du Ballet de Houston, le marché Casse-Noisette de Montréal se distingue par son caractère philanthropique. Pour sa 2e édition, il est passé de 50 à 77 exposants — tous issus d’une fine sélection des Grands Ballets de Montréal — et les visiteurs y trouveront des cadeaux gourmands, des jouets, des vêtements et accessoires et une foule d’idées de cadeaux d’hôtesse, la spécialité. «On veut que ce soit une expérience de magasinage où les gens trouveront tout ce dont ils ont besoin dans un seul endroit et des articles qu’ils ne peuvent avoir ailleurs. Plusieurs de nos exposants n’ont pas de boutique et d’autres offrent des exclusivités qu’ils ne proposent pas habituellement», précise le directeur général des Grands Ballets, Alain Dancynger. Au Palais des congrès jusqu’au 4 décembre. Contribution de 2 $. www.marchecassenoisette.com.
Les Grands Ballets canadiens de Montréal viennent de s’installer dans les couloirs du Palais des congrès pour leur deuxième Marché Casse-Noisette.<br />
Un des ateliers parrainés par le Fonds Casse-Noisette.<br />
 
 
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