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Les mutations sociales par les chiffres

4 juin 2011 | Fabien Deglise | Consommation
Le monde change, les comportements humains évoluent et les chiffres de l'économie viennent désormais en faire la démonstration en confirmant que les sociétés modernes succombent à l'appel du numérique, se mettent de plus en plus au vert, mais ne se débarrassent pas facilement de leurs vieux démons. En gros.

C'est en tout cas ce qui ressort du palmarès des 10 industries qui ont connu en 2010 la plus forte croissance, liste que vient d'établir aux États-Unis IBISWorld, une boîte spécialisée dans l'information stratégique, comme on dit dans les milieux fortement intéressés.

L'action se passe au pays des tornades, de Moby et de Barack Obama. Dans ce chapelet d'entreprises qui montent, cinq sont ouvertement investies d'un projet de croissance verte, sont plus respectueuses de l'environnement et capables de donner bonne conscience aux consommateurs qui rêvent de se montrer avec un verre à moitié plein plutôt qu'un verre à moitié vide dans les mains.

Le secteur de l'énergie solaire est du nombre, indique le rapport, avec des revenus de 3,3 milliards de dollars générés en 2010. D'ici 2016, dit le marchand de prospective, l'univers de la pale et des turbines va pouvoir compter sur une croissance annuelle de 11,2 %.

Même motif, même «punition» pour le monde de la consultation en matière d'environnement, qui a animé l'an dernier un marché lucratif de 18 milliards de dollars et va continuer sur sa lancée dans les cinq prochaines années, avec une hausse anticipée de plus de 9 % par an. Le solaire, autre secteur dans la liste avec 69 millions de revenus en 2010, va être logé à la même enseigne.

En quête de vert

En quête de vert, les voisins du Sud, dont l'économie est passablement bien intégrée à celle du Canada, poursuivent aussi le virage numérique, indique ce portrait économique. Et comment! En tête des secteurs qui ont connu la plus grande croissance économique l'an dernier, on retrouve l'industrie de la téléphonie par Internet. Les initiés parlent de VoIP, pour Voice Over Internet Protocol.

L'an dernier, un marché de 12,5 milliards de dollars s'est présenté à ces fournisseurs de services... sous la pression d'applications comme Skype ou encore FaceTime, qui proposent désormais aux humains de repenser leur façon de communiquer à distance en ajoutant l'image à la voix. Pour le moment et pour longtemps, puisque ce monde s'expose à la croissance la plus forte envisagée par IBISWorld: plus de 17 % par année.

Le commerce électronique et les enchères en ligne marchent sur une route similaire, tout comme les secteurs de la publication en ligne et de la télédiffusion en format numérique, qui promettent de révolutionner la façon dont on s'expose à des contenus culturels, informatifs et télévisuels. Et ils vont continuer de le faire jusqu'en 2016, à une vitesse de croisière établie à 6,8 % par année, selon la firme américaine qui n'hésite pas à nommer les moteurs de ces mutations: Google, Facebook, Amazon, eBay, Vonage, Time Warner Cable et les autres.

Le portrait se complète avec le jeu vidéo (38 milliards) et la biotechnologie (87 milliards), mais également l'univers de la gestion des prisons privées (34 milliards), parce qu'on a beau vivre le changement, ce changement prend tout de même place aux États-Unis.

Notre présent en mouvement


Le panorama livré par IBISWorld est amusant à suivre puisqu'il renvoie, par le chiffre et la mathématique qu'aiment les actionnaires, un portrait relativement juste de notre présent en mouvement. Un présent qui, abstraction faite de l'accident trop américain des prisons en pleine croissance, cherche à conjuguer son futur au temps du développement durable et de la numérisation, avec un penchant certain pour le jeu vidéo et la biotechnologie.

Et, bien sûr, la perspective est un peu plus réjouissante que si le palmarès avait mis en relief une croissance des secteurs de l'armement, des meubles en mélamine, du tissu synthétique ou de l'eau du robinet en bouteille. Entre autres.

Perdre la voix ?

D'une révolution à une autre: la technologie mobile, qui suit son développement et sa propagation dans les ménages du Québec, est-elle en train de nous inciter collectivement à devenir muets en favorisant une communication fondée de plus en plus sur le texte plutôt que sur la voix?

À l'heure des tablettes qui se multiplient dans toutes les strates de la société, de la «connectivite aiguë», des téléphones dits intelligents qui peuvent parfois rendre idiots, c'est la question qui a été posée, par courriel, à une série de fins observateurs du quotidien et des mutations sociales et numériques du temps présent. Avec une contrainte: y répondre à voix haute sur un répondeur téléphonique. Forcément.

La réflexion collective qui en découle est désormais accessible en ligne, dans le 12e épisode de la série de reportages en baladodiffusion du Devoir, baptisé «Résonance». Cette série se découvre — ou se redécouvre — à l'adresse suivante: www.ledevoir.com/resonance. Il est aussi possible (et fortement recommandé) de s'y abonner en passant par iTunes: http://bit.ly/i6YU16.

***

Vous pouvez aussi suivre notre journaliste sur Twitter: http://twitter.com/FabienDeglise.
 
 
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