Publicité - Minimiser les risques du jeu
Comparer les jeux de hasard et d'argent à une activité hebdomadaire de badminton, à une séance de cache-cache avec son enfant ou à une partie de hockey entre amis comme le fait la récente campagne publicitaire de l'organisme Mise sur toi minimise les risques et les dangers de ces jeux.
C'est le constat formulé par la chercheuse de l'Institut national de la santé publique (INSPQ) Élisabeth Papineau dans le cadre du colloque «Surdose médiatique et santé des jeunes», qui s'est déroulé jusqu'à hier à Montréal. «Cette association avec des loisirs est trompeuse et donne un faux sentiment de sécurité. Ce n'est pas inoffensif. Avec les appareils de loterie vidéo [ALV], on compte 19 % de joueurs problématiques», explique Mme Papineau.
Deux messages
La campagne publicitaire menée par l'organisme Mise sur toi propose deux messages télévisés. L'un met en scène une mère qui joue aux ALV tout comme elle joue au théâtre et aux échecs, l'autre présente un homme qui joue des tours, qui joue souvent avec ses enfants, qui joue de la guitare et au poker.
L'INSPQ a donné le mandat à Léger Marketing de sonder la population afin de connaître sa perception. Ainsi, on apprend que 45 % de la population ayant vu les publicités estime que les messages n'informent en rien sur les risques et les dangers des jeux. Un Québécois sur cinq croit même qu'il s'agit d'en encourager la pratique.
Ces données ont été dévoilées par Mme Papineau et son collègue Jean-François Biron, chercheur à la Direction de santé publique (DSP) Montréal et coordonnateur du comité régional de prévention sur les jeux d'argent et les dépendances. L'analyse a été réalisée auprès de 1000 personnes entre le 14 et le 17 février dernier. La marge d'erreur est de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.
Pour M. Biron, la situation illustre la nécessité d'avoir un meilleur encadrement de la prévention et de la promotion du jeu. Il souhaite qu'une autorité indépendante soit chargée de concevoir une politique de l'offre de jeu. «Les messages de prévention sont noyés par la promotion du jeu», souligne-t-il.
Modifier le discours
Chez Mise sur toi, la présentation des résultats du sondage laisse perplexe. Nancy Leggett Bachand, directrice générale de l'organisme, explique que la campagne publicitaire visait à «modifier le discours sur le jeu», c'est-à-dire qu'il est possible de jouer de façon responsable.
Mise sur toi veut ainsi faire de la prévention sans associer le jeu aux problèmes de dépendance. «Le ministère de la Santé informe la population sur les risques. Il y a un très bon travail qui est fait de ce côté. À Mise sur toi, nous voulons nous occuper des 70 % de la population qui a décidé de jouer. On veut lui offrir des outils pour comprendre qu'un jeu doit rester un jeu», affirme Mme Leggett Bachand.
Mise sur toi était jusqu'à l'année dernière une fondation liée à Loto-Québec. Il a maintenant un statut d'organisme indépendant dont le seul bailleur de fonds demeure Loto-Québec.
Le professeur Jean-Charles Chebat, des HEC, spécialiste de marketing, qualifie de «bidon» cette campagne publicitaire. «Si on se sent responsable de la santé publique, on ne fait pas des choses comme ça. Les gens ont le droit de fumer, de boire ou de jouer à condition d'être informés des conséquences de ce qu'ils font. Le risque leur appartient. [...] Si on lance le message de la modération, ça n'a aucune portée», tranche-t-il.
Selon M. Chebat, «il faut une certaine dose d'émotion négative, dont la peur, pour provoquer un changement d'attitude».
C'est le constat formulé par la chercheuse de l'Institut national de la santé publique (INSPQ) Élisabeth Papineau dans le cadre du colloque «Surdose médiatique et santé des jeunes», qui s'est déroulé jusqu'à hier à Montréal. «Cette association avec des loisirs est trompeuse et donne un faux sentiment de sécurité. Ce n'est pas inoffensif. Avec les appareils de loterie vidéo [ALV], on compte 19 % de joueurs problématiques», explique Mme Papineau.
Deux messages
La campagne publicitaire menée par l'organisme Mise sur toi propose deux messages télévisés. L'un met en scène une mère qui joue aux ALV tout comme elle joue au théâtre et aux échecs, l'autre présente un homme qui joue des tours, qui joue souvent avec ses enfants, qui joue de la guitare et au poker.
L'INSPQ a donné le mandat à Léger Marketing de sonder la population afin de connaître sa perception. Ainsi, on apprend que 45 % de la population ayant vu les publicités estime que les messages n'informent en rien sur les risques et les dangers des jeux. Un Québécois sur cinq croit même qu'il s'agit d'en encourager la pratique.
Ces données ont été dévoilées par Mme Papineau et son collègue Jean-François Biron, chercheur à la Direction de santé publique (DSP) Montréal et coordonnateur du comité régional de prévention sur les jeux d'argent et les dépendances. L'analyse a été réalisée auprès de 1000 personnes entre le 14 et le 17 février dernier. La marge d'erreur est de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.
Pour M. Biron, la situation illustre la nécessité d'avoir un meilleur encadrement de la prévention et de la promotion du jeu. Il souhaite qu'une autorité indépendante soit chargée de concevoir une politique de l'offre de jeu. «Les messages de prévention sont noyés par la promotion du jeu», souligne-t-il.
Modifier le discours
Chez Mise sur toi, la présentation des résultats du sondage laisse perplexe. Nancy Leggett Bachand, directrice générale de l'organisme, explique que la campagne publicitaire visait à «modifier le discours sur le jeu», c'est-à-dire qu'il est possible de jouer de façon responsable.
Mise sur toi veut ainsi faire de la prévention sans associer le jeu aux problèmes de dépendance. «Le ministère de la Santé informe la population sur les risques. Il y a un très bon travail qui est fait de ce côté. À Mise sur toi, nous voulons nous occuper des 70 % de la population qui a décidé de jouer. On veut lui offrir des outils pour comprendre qu'un jeu doit rester un jeu», affirme Mme Leggett Bachand.
Mise sur toi était jusqu'à l'année dernière une fondation liée à Loto-Québec. Il a maintenant un statut d'organisme indépendant dont le seul bailleur de fonds demeure Loto-Québec.
Le professeur Jean-Charles Chebat, des HEC, spécialiste de marketing, qualifie de «bidon» cette campagne publicitaire. «Si on se sent responsable de la santé publique, on ne fait pas des choses comme ça. Les gens ont le droit de fumer, de boire ou de jouer à condition d'être informés des conséquences de ce qu'ils font. Le risque leur appartient. [...] Si on lance le message de la modération, ça n'a aucune portée», tranche-t-il.
Selon M. Chebat, «il faut une certaine dose d'émotion négative, dont la peur, pour provoquer un changement d'attitude».








