Écotech Québec - Les acteurs de la technologie propre seront à Montréal en août
Un nouveau regroupement créé en Finlande réunit 10 000 entreprises et 500 universités et centres de recherche
Le secret demeure trop bien gardé, selon Écotech Québec: le milieu québécois des technologies propres s'ouvre au reste du monde, et vice-versa. Pour s'y prendre, Denis Leclerc a convaincu les plus importantes grappes industrielles de ce secteur de se réunir à Montréal, en marge du sommet mondial Écocité prévu cet été.
La jeune Global Cleantech Cluster Association (GCCA), un regroupement des plus importantes grappes de technologie propre du monde, a élu Montréal comme hôte pour sa première conférence internationale. Denis Leclerc, président et chef de la direction de la grappe Écotech Québec, affiche son emballement. «Je suis le d'Artagnan du GCCA, lance à la blague M. Leclerc, parce que j'étais toujours là, mais je ne faisais pas partie des trois mousquetaires», dit-il en évoquant les grappes de la Finlande, de la Suisse et des États-Unis qui ont fondé l'association. Alors que l'alliance se concrétisait, M. Leclerc a pris de court les grosses pointures en leur proposant de tenir la première réunion du GCCA à l'occasion du sommet mondial Écocité 2011, qui s'élaborera autour de la thématique des villes écologiques, du 22 au 26 août prochain. La candidature de la métropole québécoise fut approuvée et sa suggestion de conférence fut révélée en novembre dernier à Lahti, en Finlande, le jour même de l'annonce officielle de la création du GCCA, qui réunit dorénavant 10 000 entreprises ainsi que 500 universités et centres de recherche de la planète.
«C'est une association en émergence. Alors, l'idée, c'est de prendre cette occasion pour se dire ce qu'est le mandat du GCCA, ce que vont être les objectifs, comment on va la structurer et comment on va travailler ensemble. Et ce qui est bien, c'est qu'on fait ça ici.» La rencontre sera ouverte à tous les participants du sommet, dans une optique de partage des meilleures pratiques et de développement des partenariats. Mais Denis Leclerc vise surtout à faire d'une pierre deux coups pour ceux qui travaillent dans le domaine des technologies propres au Québec. «Je ne veux plus que notre secret soit bien gardé et je veux m'inspirer des meilleures pratiques des autres grappes.»
Se placer sur la carte
En invitant la crème du domaine, Écotech Québec espère ouvrir les horizons de ses 85 membres, comme la grappe l'a fait lorsqu'elle a organisé une rencontre avec des représentants britanniques en mars dernier, à Montréal. Le Royaume-Uni de David Cameron prévoit investir massivement dans les technologies propres et les infrastructures électriques pour atteindre les objectifs de son ambitieux plan de réduction des gaz à effet de serre. Son gouvernement est donc venu explorer ce que l'expertise québécoise avait à proposer en la matière. Par la même occasion, explique M. Leclerc, la démarche a «permis à des entreprises d'ici de s'apercevoir comment le Royaume-Uni pouvait faire partie de leur planification stratégique, de leur marché potentiel».
À une échelle plus vaste, Écotech Québec répond au même mandat qu'il s'est donné à l'intérieur du Québec, c'est-à-dire faire du «réseautage structuré et structurant». Ainsi, la grappe donne une vitrine aux entreprises, laboratoires et chercheurs en technologie propre pour qu'ils puissent trouver ceux dont le travail semble propice à la collaboration. «Quand je travaillais dans une grande entreprise, lorsqu'on avait des problèmes ou des possibilités, on ne savait pas où cogner pour voir quel type de technologie propre existait», dit celui qui fut vice-président, développement durable et environnement, à Abitibibowater, avant de prendre les rênes d'Écotech Québec.
Une des premières réalisations de la grappe fut d'ailleurs de créer une carte interactive (www.ecotechquebec.com/fr/carte-interactive/) qui, littéralement, place sur la carte géographique 400 entreprises et 200 centres de recherche qui oeuvrent dans l'innovation et le transfert de technologies respectueuses de l'environnement. Au dernier Cleantech Forum de San Francisco, Denis Leclerc a d'ailleurs distribué un carton avec l'adresse dudit site Internet, plutôt qu'une carte d'affaires. Il certifie que les réactions passèrent de l'étonnement à l'enthousiasme. «Il y a même des investisseurs de Silicon Valley qui sont intéressés à venir dans nos entreprises et, après ça, d'en emmener quelques-unes dans Silicon Valley pour faire une tournée de la région.»
Coopération et compétition
Mais, à travers tous les échanges, alliances et partenariats qui se concluront entre les grappes de technologie propre dans la GCCA, Denis Leclerc rappelle qu'entre eux ils sont aussi des «compétiteurs. Il y a plusieurs morceaux de nos mandats dans lesquels on a une certaine concurrence.»
En réaction à ce cocktail engendré par la crise économique, les changements climatiques et la flambée des prix du pétrole, les nouvelles percées en technologie propre stimulent de plus en plus l'intérêt. Une situation qui a enclenché une course vers la conquête de ce marché en pleine expansion, dont les investissements ont depuis quelques années surpassé ceux effectués dans le secteur de la biotechnologie. Le Russell Mitchell Group a estimé qu'au Canada le taux de croissance annuel du secteur des technologies propres fut de 47 % au cours de la récession de 2008-2009 et il a prévu que cette croissance allait atteindre 117 % entre 2010 et 2012. Écotech tente aussi de propulser le Québec dans ce sprint. «Dans nos efforts, on veut voir jusqu'où les innovations en technologie propre peuvent devenir une niche stratégique pour le Québec», à l'instar de secteurs comme l'aérospatiale et le multimédia.
Même à l'intérieur des technologies propres, Denis Leclerc espère resserrer le créneau qui sera exploité par le Québec. «Les pays mettent des milliards en efficacité énergétique, ce qui est très bien d'ailleurs, mais il y a d'autres domaines: il y a l'eau qui devient une préoccupation de plus en plus importante, la gestion des matières résiduelles, et il y a l'air. L'idée, c'est de se demander, avec ce qu'on a, comment on se situe dans le spectre de l'offre, de la demande et de la qualité à l'échelle de la Terre. Ensuite, c'est de déterminer quels sont nos secteurs en émergence, quelles sont les filières stratégiques qu'on a déjà au Québec. Avec cette analyse, ça va nous aider, chez Écotech, à pouvoir mieux calibrer nos efforts sur des filières porteuses. Parce que, en bout de ligne, ce qu'on veut, c'est jouer un rôle significatif pour la prospérité du Québec.»
Le président d'Écotech Québec précise tout de même qu'il «faut regarder ce qu'on a, mais aussi le marché potentiel, ce qui se développe ailleurs et quelles sont les demandes».
Pour revenir à cette image de la course, comme la grappe Écotech est essentiellement composée de PME, Denis Leclerc souligne que le Québec y entre sur le mode de la course à relais, plutôt que d'adopter l'attitude du marathonien. «L'idée, c'est de voir avec qui on a le plus d'affinités et avec qui notre offre de service peut être complémentaire [...]. Il y a certains pays et territoires, comme Singapour et Israël, qui font toujours des partenariats avec d'autres.»
Écotech Québec cherche donc à faire équipe, «parce qu'on veut que nos entreprises atteignent leur plein potentiel».
La jeune Global Cleantech Cluster Association (GCCA), un regroupement des plus importantes grappes de technologie propre du monde, a élu Montréal comme hôte pour sa première conférence internationale. Denis Leclerc, président et chef de la direction de la grappe Écotech Québec, affiche son emballement. «Je suis le d'Artagnan du GCCA, lance à la blague M. Leclerc, parce que j'étais toujours là, mais je ne faisais pas partie des trois mousquetaires», dit-il en évoquant les grappes de la Finlande, de la Suisse et des États-Unis qui ont fondé l'association. Alors que l'alliance se concrétisait, M. Leclerc a pris de court les grosses pointures en leur proposant de tenir la première réunion du GCCA à l'occasion du sommet mondial Écocité 2011, qui s'élaborera autour de la thématique des villes écologiques, du 22 au 26 août prochain. La candidature de la métropole québécoise fut approuvée et sa suggestion de conférence fut révélée en novembre dernier à Lahti, en Finlande, le jour même de l'annonce officielle de la création du GCCA, qui réunit dorénavant 10 000 entreprises ainsi que 500 universités et centres de recherche de la planète.
«C'est une association en émergence. Alors, l'idée, c'est de prendre cette occasion pour se dire ce qu'est le mandat du GCCA, ce que vont être les objectifs, comment on va la structurer et comment on va travailler ensemble. Et ce qui est bien, c'est qu'on fait ça ici.» La rencontre sera ouverte à tous les participants du sommet, dans une optique de partage des meilleures pratiques et de développement des partenariats. Mais Denis Leclerc vise surtout à faire d'une pierre deux coups pour ceux qui travaillent dans le domaine des technologies propres au Québec. «Je ne veux plus que notre secret soit bien gardé et je veux m'inspirer des meilleures pratiques des autres grappes.»
Se placer sur la carte
En invitant la crème du domaine, Écotech Québec espère ouvrir les horizons de ses 85 membres, comme la grappe l'a fait lorsqu'elle a organisé une rencontre avec des représentants britanniques en mars dernier, à Montréal. Le Royaume-Uni de David Cameron prévoit investir massivement dans les technologies propres et les infrastructures électriques pour atteindre les objectifs de son ambitieux plan de réduction des gaz à effet de serre. Son gouvernement est donc venu explorer ce que l'expertise québécoise avait à proposer en la matière. Par la même occasion, explique M. Leclerc, la démarche a «permis à des entreprises d'ici de s'apercevoir comment le Royaume-Uni pouvait faire partie de leur planification stratégique, de leur marché potentiel».
À une échelle plus vaste, Écotech Québec répond au même mandat qu'il s'est donné à l'intérieur du Québec, c'est-à-dire faire du «réseautage structuré et structurant». Ainsi, la grappe donne une vitrine aux entreprises, laboratoires et chercheurs en technologie propre pour qu'ils puissent trouver ceux dont le travail semble propice à la collaboration. «Quand je travaillais dans une grande entreprise, lorsqu'on avait des problèmes ou des possibilités, on ne savait pas où cogner pour voir quel type de technologie propre existait», dit celui qui fut vice-président, développement durable et environnement, à Abitibibowater, avant de prendre les rênes d'Écotech Québec.
Une des premières réalisations de la grappe fut d'ailleurs de créer une carte interactive (www.ecotechquebec.com/fr/carte-interactive/) qui, littéralement, place sur la carte géographique 400 entreprises et 200 centres de recherche qui oeuvrent dans l'innovation et le transfert de technologies respectueuses de l'environnement. Au dernier Cleantech Forum de San Francisco, Denis Leclerc a d'ailleurs distribué un carton avec l'adresse dudit site Internet, plutôt qu'une carte d'affaires. Il certifie que les réactions passèrent de l'étonnement à l'enthousiasme. «Il y a même des investisseurs de Silicon Valley qui sont intéressés à venir dans nos entreprises et, après ça, d'en emmener quelques-unes dans Silicon Valley pour faire une tournée de la région.»
Coopération et compétition
Mais, à travers tous les échanges, alliances et partenariats qui se concluront entre les grappes de technologie propre dans la GCCA, Denis Leclerc rappelle qu'entre eux ils sont aussi des «compétiteurs. Il y a plusieurs morceaux de nos mandats dans lesquels on a une certaine concurrence.»
En réaction à ce cocktail engendré par la crise économique, les changements climatiques et la flambée des prix du pétrole, les nouvelles percées en technologie propre stimulent de plus en plus l'intérêt. Une situation qui a enclenché une course vers la conquête de ce marché en pleine expansion, dont les investissements ont depuis quelques années surpassé ceux effectués dans le secteur de la biotechnologie. Le Russell Mitchell Group a estimé qu'au Canada le taux de croissance annuel du secteur des technologies propres fut de 47 % au cours de la récession de 2008-2009 et il a prévu que cette croissance allait atteindre 117 % entre 2010 et 2012. Écotech tente aussi de propulser le Québec dans ce sprint. «Dans nos efforts, on veut voir jusqu'où les innovations en technologie propre peuvent devenir une niche stratégique pour le Québec», à l'instar de secteurs comme l'aérospatiale et le multimédia.
Même à l'intérieur des technologies propres, Denis Leclerc espère resserrer le créneau qui sera exploité par le Québec. «Les pays mettent des milliards en efficacité énergétique, ce qui est très bien d'ailleurs, mais il y a d'autres domaines: il y a l'eau qui devient une préoccupation de plus en plus importante, la gestion des matières résiduelles, et il y a l'air. L'idée, c'est de se demander, avec ce qu'on a, comment on se situe dans le spectre de l'offre, de la demande et de la qualité à l'échelle de la Terre. Ensuite, c'est de déterminer quels sont nos secteurs en émergence, quelles sont les filières stratégiques qu'on a déjà au Québec. Avec cette analyse, ça va nous aider, chez Écotech, à pouvoir mieux calibrer nos efforts sur des filières porteuses. Parce que, en bout de ligne, ce qu'on veut, c'est jouer un rôle significatif pour la prospérité du Québec.»
Le président d'Écotech Québec précise tout de même qu'il «faut regarder ce qu'on a, mais aussi le marché potentiel, ce qui se développe ailleurs et quelles sont les demandes».
Pour revenir à cette image de la course, comme la grappe Écotech est essentiellement composée de PME, Denis Leclerc souligne que le Québec y entre sur le mode de la course à relais, plutôt que d'adopter l'attitude du marathonien. «L'idée, c'est de voir avec qui on a le plus d'affinités et avec qui notre offre de service peut être complémentaire [...]. Il y a certains pays et territoires, comme Singapour et Israël, qui font toujours des partenariats avec d'autres.»
Écotech Québec cherche donc à faire équipe, «parce qu'on veut que nos entreprises atteignent leur plein potentiel».








