Au Saguenay-Lac-Saint-Jean et Nord-du-Québec - Coopératives et responsabilité sociale font bon ménage
Être près d'une population impose d'avoir à coeur son bien-être
Le mouvement coopératif a de tout temps fait preuve de vigueur dans la région des bleuets, où s'activent actuellement quelque 250 coopératives de différentes natures dans de nombreux milieux. Les entreprises de ce type possèdent un caractère de responsabilité sociale dans les structures et les valeurs mêmes qui assurent leur existence.
Une région qui renferme 3,7 % de la population du Québec compte plus de 8 % de l'ensemble des coops réparties sur le territoire de la province. Directeur général de la Coopérative de développement régional du Saguenay-Lac-Saint-Jean et Nord-du-Québec (CDR), Dominic Deschênes fournit sa définition de la responsabilité sociale: «C'est un type de gouvernance que les entreprises se donnent volontairement afin de ne pas prendre juste en considération un objectif de maximisation de la rentabilité, donc, par voie de conséquence, afin de ne pas se fixer pour seul objectif la rentabilité des profits pour les actionnaires. Cette gouvernance tente d'intégrer dans ses décisions et dans ses actions les différents intérêts des groupes de personnes qui sont les parties prenantes très proches d'une organisation.»
Il fournit l'exemple de la collectivité à l'intérieur de laquelle une entreprise vient s'installer pour exploiter la ressource forestière: «Elle veut que celle-ci pense en fonction du long terme en procédant à du reboisement pour préserver ou augmenter le nombre d'emplois; au bout du compte, ce sont le milieu et la région qui seront en mesure de profiter de cette façon d'agir.»
De plus, les gens sont de plus en plus sensibilisés à l'empreinte écologique: «Ils vont donc vouloir que les déchets produits soient récupérés et traités en même temps que soient utilisées les technologies les moins polluantes.» Il en va du développement durable: «Si on regarde les préoccupations des différentes parties prenantes, elles sont d'ordre économique, social et écologique; ce sont les trois axes de ce développement. En quelque part, la responsabilité sociale amène les entreprises qui veulent bien cheminer dans ce sens-là à faire du développement durable.»
De la théorie à la pratique
Les coopératives tissent un lien naturel avec la responsabilité. Dominic Deschênes explique de quelle façon: «Celles-ci se développent à partir de valeurs et de principes sous-jacents que toutes partagent et appliquent à un certain niveau; il s'agit de la démocratie et de l'égalité dans l'exercice de cette dernière, en ce sens qu'on accorde la priorité à l'individu plutôt qu'au capital financier, ce qui au départ témoigne d'un respect envers celui-ci. Il s'agit aussi de l'équité dans le partage des excédents.»
Il énumère d'autres valeurs importantes: «C'est la prise en charge, la responsabilisation personnelle et collective, c'est l'engagement dans la communauté, c'est l'éducation des gens du mouvement coopératif et de la population en général et c'est également de l'intercoopération. Voilà ce qui représente en quelque sorte le code génétique du coopératisme qui rejoint la responsabilité sociale.» Il se penche sur un élément de base: «La première raison de créer une coopérative repose sur le fait que le milieu a identifié un besoin socioéconomique qui est commun; celle-ci est vraiment à la source d'un besoin profond des gens d'une communauté donnée et, pour y répondre, ils doivent se prendre en main; pour ce faire, ils montent un plan d'affaires et de financement, ils mettent en place un conseil d'administration et ils agissent.»
Il recourt à une expérience vécue pour témoigner de l'engagement social: «Il s'est créé une coopérative de proximité dans un petit village de la région: le dépanneur, la station-service et le petit restaurant étaient sur le point de fermer; voyant cela, les citoyens se sont mobilisés autour d'un projet d'achat des trois commerces pour garder ces services offerts à un prix décent et à proximité des lieux.»
L'histoire de leur engagement initial ne s'arrête pas là: «En plus de créer la coopérative, par la suite il faut consentir une mise de fonds pour être capable d'acheter les infrastructures et il faut diffuser cette idée pour que le bien acquis soit consommé.» Ce projet a servi à maintenir et même à créer des emplois là où il a été implanté.
De la même famille
Le directeur général utilise d'autres interventions, notamment dans le secteur forestier, pour illustrer les bienfaits que la coopération apporte au tissu social. Selon lui, il ne fait pas de doute que responsabilité sociale et coopération vont de pair; il tient mordicus à tirer cette conclusion: «Les coops sont comme prédisposées à avoir une responsabilité envers le milieu; ce sont leurs valeurs qui permettent de prendre en considération les besoins ou les différents intérêts des parties prenantes. Il appartient aux dirigeant par la suite de développer ces valeurs pour aller plus loin dans les retombées sociales, mais, au départ, il existe une prédisposition favorable aux coopératives.»
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean comme ailleurs, Dominic Deschênes a été en mesure de constater qu'il reste bien du travail à accomplir pour mettre en valeur la responsabilité sociale: «Il y a encore des résistances et les entreprises iront aussi loin dans l'appropriation de ce concept-là que les différentes parties prenantes vont en être conscientes; plus elles vont l'être, plus elles se montreront exigeantes envers les entreprises; si celles-ci veulent se distinguer, elles n'auront d'autre choix que d'être responsables socialement, parce que ce comportement joue sur leur image et leur réputation.» Il ajoute que, lorsqu'elles peuvent miser sur cette respectabilité, «il leur devient plus facile d'attirer une main-d'oeuvre compétente, de la conserver plus longtemps, de mettre en marché de nouveaux produits, de les vendre plus facilement et d'aller chercher une marge bénéficiaire plus importante».
***
Collaborateur du Devoir
Une région qui renferme 3,7 % de la population du Québec compte plus de 8 % de l'ensemble des coops réparties sur le territoire de la province. Directeur général de la Coopérative de développement régional du Saguenay-Lac-Saint-Jean et Nord-du-Québec (CDR), Dominic Deschênes fournit sa définition de la responsabilité sociale: «C'est un type de gouvernance que les entreprises se donnent volontairement afin de ne pas prendre juste en considération un objectif de maximisation de la rentabilité, donc, par voie de conséquence, afin de ne pas se fixer pour seul objectif la rentabilité des profits pour les actionnaires. Cette gouvernance tente d'intégrer dans ses décisions et dans ses actions les différents intérêts des groupes de personnes qui sont les parties prenantes très proches d'une organisation.»
Il fournit l'exemple de la collectivité à l'intérieur de laquelle une entreprise vient s'installer pour exploiter la ressource forestière: «Elle veut que celle-ci pense en fonction du long terme en procédant à du reboisement pour préserver ou augmenter le nombre d'emplois; au bout du compte, ce sont le milieu et la région qui seront en mesure de profiter de cette façon d'agir.»
De plus, les gens sont de plus en plus sensibilisés à l'empreinte écologique: «Ils vont donc vouloir que les déchets produits soient récupérés et traités en même temps que soient utilisées les technologies les moins polluantes.» Il en va du développement durable: «Si on regarde les préoccupations des différentes parties prenantes, elles sont d'ordre économique, social et écologique; ce sont les trois axes de ce développement. En quelque part, la responsabilité sociale amène les entreprises qui veulent bien cheminer dans ce sens-là à faire du développement durable.»
De la théorie à la pratique
Les coopératives tissent un lien naturel avec la responsabilité. Dominic Deschênes explique de quelle façon: «Celles-ci se développent à partir de valeurs et de principes sous-jacents que toutes partagent et appliquent à un certain niveau; il s'agit de la démocratie et de l'égalité dans l'exercice de cette dernière, en ce sens qu'on accorde la priorité à l'individu plutôt qu'au capital financier, ce qui au départ témoigne d'un respect envers celui-ci. Il s'agit aussi de l'équité dans le partage des excédents.»
Il énumère d'autres valeurs importantes: «C'est la prise en charge, la responsabilisation personnelle et collective, c'est l'engagement dans la communauté, c'est l'éducation des gens du mouvement coopératif et de la population en général et c'est également de l'intercoopération. Voilà ce qui représente en quelque sorte le code génétique du coopératisme qui rejoint la responsabilité sociale.» Il se penche sur un élément de base: «La première raison de créer une coopérative repose sur le fait que le milieu a identifié un besoin socioéconomique qui est commun; celle-ci est vraiment à la source d'un besoin profond des gens d'une communauté donnée et, pour y répondre, ils doivent se prendre en main; pour ce faire, ils montent un plan d'affaires et de financement, ils mettent en place un conseil d'administration et ils agissent.»
Il recourt à une expérience vécue pour témoigner de l'engagement social: «Il s'est créé une coopérative de proximité dans un petit village de la région: le dépanneur, la station-service et le petit restaurant étaient sur le point de fermer; voyant cela, les citoyens se sont mobilisés autour d'un projet d'achat des trois commerces pour garder ces services offerts à un prix décent et à proximité des lieux.»
L'histoire de leur engagement initial ne s'arrête pas là: «En plus de créer la coopérative, par la suite il faut consentir une mise de fonds pour être capable d'acheter les infrastructures et il faut diffuser cette idée pour que le bien acquis soit consommé.» Ce projet a servi à maintenir et même à créer des emplois là où il a été implanté.
De la même famille
Le directeur général utilise d'autres interventions, notamment dans le secteur forestier, pour illustrer les bienfaits que la coopération apporte au tissu social. Selon lui, il ne fait pas de doute que responsabilité sociale et coopération vont de pair; il tient mordicus à tirer cette conclusion: «Les coops sont comme prédisposées à avoir une responsabilité envers le milieu; ce sont leurs valeurs qui permettent de prendre en considération les besoins ou les différents intérêts des parties prenantes. Il appartient aux dirigeant par la suite de développer ces valeurs pour aller plus loin dans les retombées sociales, mais, au départ, il existe une prédisposition favorable aux coopératives.»
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean comme ailleurs, Dominic Deschênes a été en mesure de constater qu'il reste bien du travail à accomplir pour mettre en valeur la responsabilité sociale: «Il y a encore des résistances et les entreprises iront aussi loin dans l'appropriation de ce concept-là que les différentes parties prenantes vont en être conscientes; plus elles vont l'être, plus elles se montreront exigeantes envers les entreprises; si celles-ci veulent se distinguer, elles n'auront d'autre choix que d'être responsables socialement, parce que ce comportement joue sur leur image et leur réputation.» Il ajoute que, lorsqu'elles peuvent miser sur cette respectabilité, «il leur devient plus facile d'attirer une main-d'oeuvre compétente, de la conserver plus longtemps, de mettre en marché de nouveaux produits, de les vendre plus facilement et d'aller chercher une marge bénéficiaire plus importante».
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Collaborateur du Devoir








