Fonds de solidarité FTQ - Le Fonds préfère changer les comportements des entreprises plutôt que de seulement les boycotter
«Depuis 1983, nous faisons le bilan social des entreprises dans lesquelles nous souhaitons investir»
Le Fonds de solidarité FTQ a toujours eu une mission sociale, mais, au fil des ans, de plus en plus d'éléments se sont greffés à ses politiques.
Le Fonds de solidarité FTQ a publié l'an dernier son premier rapport annuel et de développement durable avec l'intégration de la grille d'analyse de la Global Reporting Initiative (GRI), une organisation internationale multipartite mise sur pied en association avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement.
«En nous joignant au GRI, nous devions faire rapport d'une liste d'éléments liés à notre performance sociale, écologique et économique. Nous avons eu près de 20 000 visites au petit site spécialisé où nous l'avons mis en ligne», indique Mario Tremblay, vice-président affaires publiques et corporatives du Fonds de solidarité FTQ.
Est-ce une initiative qui sert à se donner bonne conscience ou est-ce que cela engendre de réels changements? «Ça nous force vraiment à faire le bilan, à faire des actions concrètes pour nous améliorer et à nous fixer des cibles pour l'avenir, parce qu'on sait qu'on devra faire un rapport à la fin de chaque année», affirme-t-il.
Un exemple concret d'amélioration: le Fonds de solidarité FTQ utilise dorénavant uniquement du papier Enviro100 de Cascades. «C'est le premier papier québécois 100 % recyclé, précise M. Tremblay. Nous nous étions fixé l'an dernier la cible d'utiliser seulement ce papier, et là nous l'avons atteinte. Il y aura d'autres initiatives du genre.»
Un impact mondial
Le Fonds de solidarité FTQ a aussi adhéré en 2009 au Pacte mondial des Nations Unies et, depuis, il se doit de respecter 10 principes relatifs aux droits de l'homme, aux normes du travail, à l'environnement et à la lutte contre la corruption. Ce geste est dans la même lignée que le code de conduite international adopté par le Fonds en 2002.
«À ce moment-là, c'était la montée de la Chine et certaines entreprises d'ici commençaient à produire à l'étranger. Nous nous sommes dit que, si nous avions des règles sévères à suivre au Québec et au Canada, il ne faudrait pas que nous ayons un autre standard pour les entreprises d'ici qui vont produire en Chine ou au Salvador», explique Mario Tremblay.
Ce code de conduite pousse les entreprises à analyser le comportement de leurs partenaires à l'étranger. «Elles doivent regarder par exemple si leurs fournisseurs offrent des conditions de travail décentes, s'ils font travailler des enfants, s'ils respectent les normes de l'Organisation internationale du travail», indique-t-il.
La grande question demeure toutefois de savoir si les partenaires d'affaires à l'étranger respectent réellement ces grands principes. «Il existe des firmes spécialisées qui vont dans les entreprises à l'international pour s'assurer que les codes de conduite adoptés sont bien appliqués et elles font des rapports. Les entreprises d'ici n'ont donc pas à se rendre sur place pour vérifier tout ça», précise M. Tremblay.
Il semble d'ailleurs que le choix des partenaires à l'étranger soit fait avec grand sérieux par les entrepreneurs québécois.
«Il y a un risque. Tout le monde connaît le cas célèbre de Nike. Mal choisir ses fournisseurs, c'est dangereux pour une marque d'entreprise et les entrepreneurs sont beaucoup plus sensibilisés à cette question qu'au début des années 2000», affirme-t-il.
Le bilan social
Les entreprises actives dans des pays à risque sont tout de même minoritaires parmi les investissements du Fonds. Les autres PME doivent tout de même se surveiller de près.
«Depuis pratiquement nos débuts, en 1983, nous faisons le bilan social des entreprises dans lesquelles nous souhaitons investir. Nous regardons les relations de travail, les accidents de travail, le climat de communication, l'imbrication de l'entreprise dans la société, etc.», explique Mario Tremblay.
Dans le domaine écologique, le Fonds peut demander différentes études. «Par exemple, pour des entreprises manufacturières ou dans le domaine des ressources naturelles. C'est une question de gestion des risques. Si on investit disons 10 millions dans une entreprise et qu'après il y a une enquête et qu'elle doit finalement revoir ses installations, c'est le principe du pollueur-payeur. Donc, comme investisseur, il y a un risque financier.»
Pour le Fonds de solidarité FTQ, le développement durable et l'investissement responsable signifient aussi investir en région: «58 % de nos investissements se font à l'extérieur de Montréal. Notre territoire, il faut l'occuper et le rendre économiquement dynamique. Il faut avoir une métropole forte, mais aussi des régions-ressources», affirme M. Tremblay, lui-même originaire du Saguenay.
Le Fonds de solidarité investit aussi dans des entreprises d'économie sociale issues de partout dans la province, à travers la Fiducie du Chantier de l'économie sociale.
Il est également partenaire du Fonds d'amorçage Cycle-C3E créé en janvier pour investir dans l'amorçage d'entreprises spécialisées dans les technologies propres.
Les portefeuilles de placement
Dans ses portefeuilles de placement dans les grands marchés, le Fonds de solidarité FTQ a aussi des politiques. «Nous votons toujours nos actions lors des assemblées d'actionnaires et c'est le Groupe investissement responsable qui nous conseille par rapport à ça», précise M. Tremblay.
Y a-t-il des exclus? «Oui, tout ce qui touche à l'armement. Aussi, les entreprises qui ont un historique de comportements non responsables sur le plan écologique, sur le plan des droits de l'homme ou du travail. Il nous arrive à l'occasion de retirer certains titres de nos grands portefeuilles, comme ce fut le cas pour Monsanto, Walmart et Halliburton.»
Le Fonds préfère toutefois changer les comportements des entreprises plutôt que de seulement les boycotter.
«Nous ne prenons pas de décisions intempestives, ajoute M. Tremblay, mais si elles ne veulent pas changer, il faut prendre des décisions et on peut décider de se retirer.»
***
Collaboratrice du Devoir
Le Fonds de solidarité FTQ a publié l'an dernier son premier rapport annuel et de développement durable avec l'intégration de la grille d'analyse de la Global Reporting Initiative (GRI), une organisation internationale multipartite mise sur pied en association avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement.
«En nous joignant au GRI, nous devions faire rapport d'une liste d'éléments liés à notre performance sociale, écologique et économique. Nous avons eu près de 20 000 visites au petit site spécialisé où nous l'avons mis en ligne», indique Mario Tremblay, vice-président affaires publiques et corporatives du Fonds de solidarité FTQ.
Est-ce une initiative qui sert à se donner bonne conscience ou est-ce que cela engendre de réels changements? «Ça nous force vraiment à faire le bilan, à faire des actions concrètes pour nous améliorer et à nous fixer des cibles pour l'avenir, parce qu'on sait qu'on devra faire un rapport à la fin de chaque année», affirme-t-il.
Un exemple concret d'amélioration: le Fonds de solidarité FTQ utilise dorénavant uniquement du papier Enviro100 de Cascades. «C'est le premier papier québécois 100 % recyclé, précise M. Tremblay. Nous nous étions fixé l'an dernier la cible d'utiliser seulement ce papier, et là nous l'avons atteinte. Il y aura d'autres initiatives du genre.»
Un impact mondial
Le Fonds de solidarité FTQ a aussi adhéré en 2009 au Pacte mondial des Nations Unies et, depuis, il se doit de respecter 10 principes relatifs aux droits de l'homme, aux normes du travail, à l'environnement et à la lutte contre la corruption. Ce geste est dans la même lignée que le code de conduite international adopté par le Fonds en 2002.
«À ce moment-là, c'était la montée de la Chine et certaines entreprises d'ici commençaient à produire à l'étranger. Nous nous sommes dit que, si nous avions des règles sévères à suivre au Québec et au Canada, il ne faudrait pas que nous ayons un autre standard pour les entreprises d'ici qui vont produire en Chine ou au Salvador», explique Mario Tremblay.
Ce code de conduite pousse les entreprises à analyser le comportement de leurs partenaires à l'étranger. «Elles doivent regarder par exemple si leurs fournisseurs offrent des conditions de travail décentes, s'ils font travailler des enfants, s'ils respectent les normes de l'Organisation internationale du travail», indique-t-il.
La grande question demeure toutefois de savoir si les partenaires d'affaires à l'étranger respectent réellement ces grands principes. «Il existe des firmes spécialisées qui vont dans les entreprises à l'international pour s'assurer que les codes de conduite adoptés sont bien appliqués et elles font des rapports. Les entreprises d'ici n'ont donc pas à se rendre sur place pour vérifier tout ça», précise M. Tremblay.
Il semble d'ailleurs que le choix des partenaires à l'étranger soit fait avec grand sérieux par les entrepreneurs québécois.
«Il y a un risque. Tout le monde connaît le cas célèbre de Nike. Mal choisir ses fournisseurs, c'est dangereux pour une marque d'entreprise et les entrepreneurs sont beaucoup plus sensibilisés à cette question qu'au début des années 2000», affirme-t-il.
Le bilan social
Les entreprises actives dans des pays à risque sont tout de même minoritaires parmi les investissements du Fonds. Les autres PME doivent tout de même se surveiller de près.
«Depuis pratiquement nos débuts, en 1983, nous faisons le bilan social des entreprises dans lesquelles nous souhaitons investir. Nous regardons les relations de travail, les accidents de travail, le climat de communication, l'imbrication de l'entreprise dans la société, etc.», explique Mario Tremblay.
Dans le domaine écologique, le Fonds peut demander différentes études. «Par exemple, pour des entreprises manufacturières ou dans le domaine des ressources naturelles. C'est une question de gestion des risques. Si on investit disons 10 millions dans une entreprise et qu'après il y a une enquête et qu'elle doit finalement revoir ses installations, c'est le principe du pollueur-payeur. Donc, comme investisseur, il y a un risque financier.»
Pour le Fonds de solidarité FTQ, le développement durable et l'investissement responsable signifient aussi investir en région: «58 % de nos investissements se font à l'extérieur de Montréal. Notre territoire, il faut l'occuper et le rendre économiquement dynamique. Il faut avoir une métropole forte, mais aussi des régions-ressources», affirme M. Tremblay, lui-même originaire du Saguenay.
Le Fonds de solidarité investit aussi dans des entreprises d'économie sociale issues de partout dans la province, à travers la Fiducie du Chantier de l'économie sociale.
Il est également partenaire du Fonds d'amorçage Cycle-C3E créé en janvier pour investir dans l'amorçage d'entreprises spécialisées dans les technologies propres.
Les portefeuilles de placement
Dans ses portefeuilles de placement dans les grands marchés, le Fonds de solidarité FTQ a aussi des politiques. «Nous votons toujours nos actions lors des assemblées d'actionnaires et c'est le Groupe investissement responsable qui nous conseille par rapport à ça», précise M. Tremblay.
Y a-t-il des exclus? «Oui, tout ce qui touche à l'armement. Aussi, les entreprises qui ont un historique de comportements non responsables sur le plan écologique, sur le plan des droits de l'homme ou du travail. Il nous arrive à l'occasion de retirer certains titres de nos grands portefeuilles, comme ce fut le cas pour Monsanto, Walmart et Halliburton.»
Le Fonds préfère toutefois changer les comportements des entreprises plutôt que de seulement les boycotter.
«Nous ne prenons pas de décisions intempestives, ajoute M. Tremblay, mais si elles ne veulent pas changer, il faut prendre des décisions et on peut décider de se retirer.»
***
Collaboratrice du Devoir








