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Une année qui s'en va, des livres qui restent

31 décembre 2010 | Fabien Deglise | Consommation
Prolifique et pertinente. L'année 2010, qui se tient sur le seuil de la porte, prête à sortir, aura été généreuse avec l'amateur d'essais en tout genre et de bouquins cherchant à décoder l'humain en société, à décrypter ses paradoxes et à comprendre ses aspirations. Et si, à cette époque charnière, il ne fallait en retenir que cinq...

Les Tribulations d'un consommateur ordinaire

Fred Pearce

Éditions de La Martinière

L'idée est folle, mais savoureuse. Pendant plusieurs années, Pearce, un journaliste britannique spécialisé dans la chose environnementale, a entrepris un étonnant voyage aux origines des produits qui meublent son quotidien. Quelque 180 000 kilomètres et 20 pays plus tard, l'homme livre ici un portrait lucide et surtout sans complaisance de la surconsommation en format mondialisé. Du café équitable «qui n'est pas équitablement négocié», écrit-il, aux crevettes d'élevage du Bangladesh qui menacent la survie des populations locales, en passant par les recycleurs chinois d'ordinateurs, la culture de la banane ou du coton australien, la balade est fascinante. Elle se lit aussi comme un roman, ce qui n'est pas pour gâcher le plaisir.


L'Arnaque

Jean de Maillard

Gallimard

Le citoyen en quête d'espoirs dans les sphères économiques n'en trouvera certainement pas ici. C'est que l'auteur est catégorique: la fraude financière est loin d'être une espèce en voie de disparition puisqu'elle serait finalement un rouage important et essentiel de l'activité économique, écrit-il. La faute en incombe à l'autorégulation, au désengagement de l'État, mais aussi à la financiarisation de l'économie, qui a fait une place de choix aux affairistes, aux escrocs, aux mafias et aux politiciens corrompus, selon lui. Ceci explique donc cela.

La condition humaine n'est pas sans condition

Jean-Pierre Lebrun et Vincent Flamand

Denoël

Le psychanalyste ne fait pas dans la dentelle. Dans ce livre en forme d'entretiens, Lebrun passe au crible nos comportements collectifs afin d'éclairer les défis qui attendent l'humain de demain. Consommation, vie de couple, politique, culture et éducation, tout y passe avec, en trame de fond, cette idée que la quête de la jouissance à tout crin, dictée par un néolibéralisme parfois délétère, est en train de dévaloriser la condition humaine en nous éloignant dangereusement d'elle. Rien de moins. Bien sûr, on en ressort un peu moins léger...

Économie des données personnelles et de la vie privée

Fabrice Rochelandet

La Découverte

C'est l'effet pervers de la modernité, le paradoxe de la vie en réseau: en facilitant les relations entre les humains, les nouvelles technologies seraient-elles en train de poser les bases d'un monde où surveillance, usurpation d'identité et intrusion publicitaire dans la vie privée vont bientôt cimenter les rapports sociaux? Ou bien posent-elles les conditions gagnantes pour une nouvelle croissance économique? Voilà les questions que se pose le chercheur dans cet essai particulièrement bien documenté sur les possibilités d'Internet et ses possibles dérapages. Bien sûr, il y est question des réseaux sociaux — encore eux! —, de biométrie, de géolocalisation et même des puces d'identification par radiofréquence qui, en aspirant à remplacer les codes-barres, pourraient bien placer l'humanité face à une nouvelle source de contrôle des comportements. Une lecture nécessaire, mais parfois angoissante.

Trop vite

Jean-Louis Servan Schreiber

Albin Michel

C'est certainement un grand visionnaire, mais il n'est pas nécessaire de s'en réjouir. Dans ce bouquin, l'homme de presse français devenu penseur du temps et de la modernité pourfend la pandémie de «court-termisme» qui afflige, selon lui, notre temps. La folie de la vitesse, le culte de la rapidité, l'engouement pour les objets technologiques qui cherchent à nous faire transcender l'espace et le temps seraient finalement en train de nous conduire tout droit contre un mur, dit-il avec une image forte: l'humanité est désormais prisonnière de son présent avec, comme ligne d'horizon pour la suite des choses, rien de plus que le bout de ses chaussures. Sombre perspective.

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Vous pouvez aussi suivre notre journaliste sur Twitter: http://twitter.com/FabienDeglise
 
 
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