La revanche des machines distributrices
On aurait pu la croire à bout de souffle, incapable de se trouver une nouvelle jeunesse, étouffée par les bulles de ses sodas au sucre ou encore assoupie par le poids de ses tablettes de chocolat. Que non! La machine distributrice, ce symbole de la surconsommation qui met l'achat impulsif à portée de trottoir ou de hall de gare, est en train de préparer sa nouvelle révolution à grands coups de technologie et de produits que le consommateur ne s'attend pas à croiser à ces endroits. Forcément.
C'est The New York Times qui a amené la lumière de poursuite sur le phénomène, fin mai. Loin de se laisser abattre par la guerre à la malbouffe et le combat contre le tabagisme, l'industrie de la machine distributrice, qui a carburé à la clope (avec ses superbes modèles et leur fini faux-bois), à la boisson gazeuse et à la tablette de chocolat, écrit déjà la suite des choses. En Asie, en Europe, elle met à la disposition des marcheurs des produits de beauté, des appareils électroniques et même le bikini. Et, comme le dit la chanson: ce n'est qu'un début.
Normal. Il y a de l'argent à faire, comme l'indiquait en 2008 une étude de la boîte NCR Corp. Rien qu'en Amérique du Nord, 86 % des consommateurs se disent très enclins à faire des affaires avec des entreprises offrant des produits en libre-service, apprend-on. Et ils vont être grandement entendus.
La multinationale Best Buy est déjà passée à l'attaque avec la mise en service d'appareils où il est possible d'acheter de petits appareils électroniques. Le lecteur numérique, l'accessoire pour téléphone cellulaire, le DVD du film à la mode sont du nombre. Apple et ses produits informatiques a fait de même, poursuivant ainsi sur une voie dans laquelle le marchand de cosmétiques Body Shop vient d'ailleurs de s'engouffrer. But de l'opération: rendre accessible sa ligne de produits esthétiques de luxe à base de vitamine E et de chanvre dans les aéroports de la planète.
La révolte des machines distributrices est donc en marche. Elle vise bien sûr à s'attirer l'affection, dans son habitat naturel, du consommateur qui, faute de temps, peine à fréquenter les centres commerciaux sur une base régulière ou rêve de s'évader dans la consommation pour briser l'ennui d'une attente sur un quai de gare ou dans une aérogare. «Les nouvelles machines sont conçues pour éveiller un sentiment de découverte et de charme que le commerce traditionnel n'a pas», peut-on lire dans le quotidien new-yorkais.
L'accroc à la modernité est aussi interpellé par ces nouveaux appareils qui se font de plus en plus technos afin d'éviter de rappeler au consommateur d'où ils viennent vraiment. Depuis le distributeur à roulettes de gomme à mâcher Tutti Frutti, au XIXe siècle, celui qui a donné le ton, oui, les temps ont bien changé.
Aujourd'hui, les écrans tactiles remplacent les bons vieux panneaux de commande à boutons, les spirales sans fin (retenant et faisant tomber les produits) font place à de nouveaux modes de distribution, plus précis et surtout imaginés pour enrayer pour de bon la rage de la machine distributrice.
Vous connaissez? Cette rage qui naît quand le mauvais produit tombe ou quand le bon reste suspendu entre son espace de stockage et la trappe de récupération. On peut aussi mentionner la colère qui monte lorsqu'une machine avale-la-pièce-mais-ne-donne-plus-signe-de-vie-ensuite.
Avec des capteurs qui s'assurent que le montant de l'achat est porté à sa carte de crédit dès que le produit est tombé — pas avant —, avec des caméras qui évaluent l'âge d'un consommateur en scrutant sa peau et ses rides (pour la vente des produits du tabac), ces machines sont désormais prêtes à tout, comme en témoigne celle que l'on commence à trouver dans les toilettes pour filles de certains bars de l'Ouest canadien: elles proposent des fers à défriser les cheveux en libre-service, contre quelques petites pièces.
À Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, la barre est encore plus haute. Elle est aussi en or, la matière première des lingots mis ainsi en vente dans une machine distributrice dans la hall d'entrée d'un hôtel de luxe. Bien sûr, il faut une pièce de 40 000 $ pour faire tomber une barre d'un kilo.
À côté, la vente de pantalons, de parapluies, d'oeufs, de couche-culottes ou de pizzas, la spécialité de la chaîne baptisée Shop 2000 aux États-Unis, paraît tout à coup bien morne.
Sale à la douzaine
On en trouve parfois dans des machines distributrices, mais il faut s'en méfier. Le céleri, la pêche, la framboise, la pomme, le bleuet, la nectarine, le poivron doux, l'épinard, la cerise, la patate, le raisin importé et la laitue forment en effet le top 12 des fruits et légumes les plus contaminés par les résidus de pesticides.
C'est en tout cas la conclusion à laquelle vient d'arriver l'Environnemental Working Group des États-Unis, au terme d'une compilation de près de 10 000 rapports d'analyses produits par le US Department of Agriculture et la Food and Drug Administration (FDA).
En substance, cette liste baptisée la Sale douzaine rassemble les aliments pouvant contenir en moyenne entre 47 et 67 résidus de pesticides différents par portion, indique le rapport dévoilé le mois dernier.
On précise que la mesure de ces résidus a été effectuée après un nettoyage de ces fruits et légumes avec de l'eau sous pression. La peau délicate, plus apte à absorber les produits chimiques, est aussi montrée du doigt par les gardiens de la santé publique.
À l'inverse, l'oignon (qui fait pleurer), l'oignon doux, l'avocat, le maïs, l'ananas, la mangue, le petit pois, l'asperge, le kiwi, le chou, l'aubergine, le cantaloup, le melon d'eau, le raisin (non importé) et la patate douce s'illustrent dans la catégorie des aliments les plus propres lorsqu'il est question de pesticides, poursuit le rapport.
***
Les beaux jours reviennent et avec eux, la suspension pour la saison estivale de cette chronique qui vous reviendra l'automne prochain. D'ici là, vous pouvez continuer à nous suivre dans les espaces numériques de communication: twitter.com/FabienDeglise.
C'est The New York Times qui a amené la lumière de poursuite sur le phénomène, fin mai. Loin de se laisser abattre par la guerre à la malbouffe et le combat contre le tabagisme, l'industrie de la machine distributrice, qui a carburé à la clope (avec ses superbes modèles et leur fini faux-bois), à la boisson gazeuse et à la tablette de chocolat, écrit déjà la suite des choses. En Asie, en Europe, elle met à la disposition des marcheurs des produits de beauté, des appareils électroniques et même le bikini. Et, comme le dit la chanson: ce n'est qu'un début.
Normal. Il y a de l'argent à faire, comme l'indiquait en 2008 une étude de la boîte NCR Corp. Rien qu'en Amérique du Nord, 86 % des consommateurs se disent très enclins à faire des affaires avec des entreprises offrant des produits en libre-service, apprend-on. Et ils vont être grandement entendus.
La multinationale Best Buy est déjà passée à l'attaque avec la mise en service d'appareils où il est possible d'acheter de petits appareils électroniques. Le lecteur numérique, l'accessoire pour téléphone cellulaire, le DVD du film à la mode sont du nombre. Apple et ses produits informatiques a fait de même, poursuivant ainsi sur une voie dans laquelle le marchand de cosmétiques Body Shop vient d'ailleurs de s'engouffrer. But de l'opération: rendre accessible sa ligne de produits esthétiques de luxe à base de vitamine E et de chanvre dans les aéroports de la planète.
La révolte des machines distributrices est donc en marche. Elle vise bien sûr à s'attirer l'affection, dans son habitat naturel, du consommateur qui, faute de temps, peine à fréquenter les centres commerciaux sur une base régulière ou rêve de s'évader dans la consommation pour briser l'ennui d'une attente sur un quai de gare ou dans une aérogare. «Les nouvelles machines sont conçues pour éveiller un sentiment de découverte et de charme que le commerce traditionnel n'a pas», peut-on lire dans le quotidien new-yorkais.
L'accroc à la modernité est aussi interpellé par ces nouveaux appareils qui se font de plus en plus technos afin d'éviter de rappeler au consommateur d'où ils viennent vraiment. Depuis le distributeur à roulettes de gomme à mâcher Tutti Frutti, au XIXe siècle, celui qui a donné le ton, oui, les temps ont bien changé.
Aujourd'hui, les écrans tactiles remplacent les bons vieux panneaux de commande à boutons, les spirales sans fin (retenant et faisant tomber les produits) font place à de nouveaux modes de distribution, plus précis et surtout imaginés pour enrayer pour de bon la rage de la machine distributrice.
Vous connaissez? Cette rage qui naît quand le mauvais produit tombe ou quand le bon reste suspendu entre son espace de stockage et la trappe de récupération. On peut aussi mentionner la colère qui monte lorsqu'une machine avale-la-pièce-mais-ne-donne-plus-signe-de-vie-ensuite.
Avec des capteurs qui s'assurent que le montant de l'achat est porté à sa carte de crédit dès que le produit est tombé — pas avant —, avec des caméras qui évaluent l'âge d'un consommateur en scrutant sa peau et ses rides (pour la vente des produits du tabac), ces machines sont désormais prêtes à tout, comme en témoigne celle que l'on commence à trouver dans les toilettes pour filles de certains bars de l'Ouest canadien: elles proposent des fers à défriser les cheveux en libre-service, contre quelques petites pièces.
À Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, la barre est encore plus haute. Elle est aussi en or, la matière première des lingots mis ainsi en vente dans une machine distributrice dans la hall d'entrée d'un hôtel de luxe. Bien sûr, il faut une pièce de 40 000 $ pour faire tomber une barre d'un kilo.
À côté, la vente de pantalons, de parapluies, d'oeufs, de couche-culottes ou de pizzas, la spécialité de la chaîne baptisée Shop 2000 aux États-Unis, paraît tout à coup bien morne.
Sale à la douzaine
On en trouve parfois dans des machines distributrices, mais il faut s'en méfier. Le céleri, la pêche, la framboise, la pomme, le bleuet, la nectarine, le poivron doux, l'épinard, la cerise, la patate, le raisin importé et la laitue forment en effet le top 12 des fruits et légumes les plus contaminés par les résidus de pesticides.
C'est en tout cas la conclusion à laquelle vient d'arriver l'Environnemental Working Group des États-Unis, au terme d'une compilation de près de 10 000 rapports d'analyses produits par le US Department of Agriculture et la Food and Drug Administration (FDA).
En substance, cette liste baptisée la Sale douzaine rassemble les aliments pouvant contenir en moyenne entre 47 et 67 résidus de pesticides différents par portion, indique le rapport dévoilé le mois dernier.
On précise que la mesure de ces résidus a été effectuée après un nettoyage de ces fruits et légumes avec de l'eau sous pression. La peau délicate, plus apte à absorber les produits chimiques, est aussi montrée du doigt par les gardiens de la santé publique.
À l'inverse, l'oignon (qui fait pleurer), l'oignon doux, l'avocat, le maïs, l'ananas, la mangue, le petit pois, l'asperge, le kiwi, le chou, l'aubergine, le cantaloup, le melon d'eau, le raisin (non importé) et la patate douce s'illustrent dans la catégorie des aliments les plus propres lorsqu'il est question de pesticides, poursuit le rapport.
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Les beaux jours reviennent et avec eux, la suspension pour la saison estivale de cette chronique qui vous reviendra l'automne prochain. D'ici là, vous pouvez continuer à nous suivre dans les espaces numériques de communication: twitter.com/FabienDeglise.








