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Alimentation: le choix des enfants...

La Santé publique veut s'allier aux jeunes pour combattre les mauvaises habitudes alimentaires dans les familles pauvres

Fabien Deglise   22 janvier 2010  Consommation
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Dans la foulée d'une étude portant sur les pratiques alimentaires des ménages à faible revenu, un groupe de spécialistes en nutrition pose désormais un drôle de constat: au-delà de l'amélioration de l'offre de produits frais dans l'environnement de ces familles, Québec pourrait chercher aussi à améliorer la culture alimentaire des jeunes qui y vivent, des «influenceurs» naturels que l'on semble avoir négligés jusqu'à aujourd'hui.

Nourrir l'esprit des jeunes pour améliorer l'alimentation de leur famille. Voilà l'étonnant projet que propose la Direction de la santé publique de Montréal au terme d'une enquête sur les pratiques alimentaires des ménages à faible revenu de la métropole. Des ménages qui trouveraient finalement leur planche de salut culinaire autant dans un meilleur accès à des aliments frais à bas coût que dans le développement chez les jeunes «d'une culture alimentaire» qui tiendrait compte de la «manipulation publicitaire», peut-on lire dans un document dévoilé hier.

Commandé au Dispensaire diététique de Montréal (DDM), cette analyse des pratiques alimentaires et de la perception de l'alimentation chez les ménages déclarant des revenus inférieurs è 30 000 $ par année reconnaît «l'importance de l'influence des enfants sur les choix alimentaires des parents», peut-on lire.

Or, loin d'être négligeable, ce pouvoir gagnerait aussi à être exploité par les gardiens de la santé publique en cherchant à développer chez ces «influenceurs» naturels «une culture alimentaire [...] qui tiendrait compte autant de la protection de l'environnement que de la valeur des aliments ou de la manipulation publicitaire», et ce, poursuivent les auteurs, en complément à d'autres mesures visant à développer les compétences culinaires des parents et à faciliter l'accès à des matières premières fraîches et abordables.

«Il faut révolutionner les approches éducatives en matière d'alimentation», a indiqué hier au Devoir la nutritionniste Lise Bertrand, de l'agence qui a pris part à cette étude. Au total, 75 personnes issues de milieux sociaux défavorisés ont été rencontrées dans le cadre de groupes de discussions, où les pratiques alimentaires tout comme l'achat de nourriture étaient à l'honneur. «Nous devrions être plus créatifs et contribuer au développement de l'esprit critique des jeunes en l'amenant à se questionner lui-même sur son alimentation et son environnement alimentaire plutôt que de lui donner des réponses toutes faites.»

Le remède pourrait être porteur, surtout dans les ménages à faible revenu où vivent des adolescents, période de la vie qui amène une dégradation des comportements alimentaires dans ces ménages. «On sait les ados très influencés par la publicité, ajoute-t-elle, ils se montrent aussi très critiques face à la nourriture qu'on leur sert» et ces critiques, servies à des parents qui souvent ont une faible estime d'eux-mêmes, font en sorte «qu'ils abdiquent et, ne se sentant pas valorisés par leurs enfants, se tournent vers des solutions faciles», comme les plats préparés commercialement. Des plats qui font «craindre une moindre valeur nutritive dans l'alimentation de ces familles», peut-on lire.

Au-delà de l'éducation des jeunes, l'équipe du DDM estime aussi que des efforts devraient être faits afin d'améliorer l'accès de ces ménages à des aliments frais, non transformés et à un coût abordable, et ce, en combattant les déserts alimentaires, ces zones de la ville où l'approvisionnement en fruits et légumes est difficile puisque que peu ou pas de commerces en vendent. En substance, les participants à cette enquête ont indiqué dépenser en moyenne de 4,50 $ à 5,54 $ par personne pour se nourrir, ce qui est moins que le coût du panier de provisions nutritif établi par le Dispensaire. Le prix de ce panier, composé des aliments de base capables de répondre aux besoins nutritifs d'un individu, était fixé à 6,32 $ au moment de l'enquête, en mai 2007.
 
 
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  • M Dubois - Inscrite
    22 janvier 2010 22 h 39
    LA CULTURE DE LA PAUVRETÉ
    Des programmes comme Headstart aux USA ont apporté certaines connaissances au sujet de la pauvreté: elle a tendance à se reproduire mais on peut en briser le cycle. On sait aussi qu'il n'y a pas que la pauvreté matérielle mesurée par les revenus. Les enfants issus de ces familles ont tendance à etre moins stimulés intellectuellement et moins valorisés dans la poursuite de leurs études. Les études qu'a poursuivies la mère sont un prédicteur fiable du niveau d'études des enfants.

    Nous avons nos intouchables (comme en Inde) qui ont intériorisé leur position sociale et qui ne se voient pas ailleurs dans la société. C'est leur perception d'eux-meme qu'il faut les amener à changer. C'est un travail bien exigeant et l'espoir réside dans la prochaine génération. Valoriser les petites filles dans leur réussite scolaire, imaginer des parcours scolaires plus valorisants pour les petits garçons, tels sont les défis à relever. Les associations et organismes communautaires ont donc du pain sur la planche pour faire en sorte que la prochaine génération d'enfants accèdent à autre chose que l'aide sociale.
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