Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Une bonne crise économique pour revenir à la normale

24 décembre 2009 | Fabien Deglise | Consommation
Le monde a changé, mais l'électrochoc ne va avoir que des effets passagers. La crise économique et la récession qui ont frappé la planète entière dans les derniers mois ont bel et bien incité les consommateurs à repenser leur rapport à la consommation. Comment? En les forçant à succomber au moins, au mieux, au plus durable, au plus local...

Mais tous ces changements de comportement ne sont finalement pas là pour durer, révèle une étude américaine publiée récemment par RetailWire et Dechert-Hampe & Co., deux spécialistes dans l'analyse des marchés.

Qui a dit qu'il n'y avait rien de mieux qu'une bonne crise pour s'assurer que les choses restent comme elles étaient? Certainement les consommateurs, et en choeur. Après avoir repensé leur rapport à la dépense, ils se préparent à retrouver dans les prochains mois leurs bonnes vieilles pantoufles. «La morale de cette histoire, c'est que les événements n'amorcent pas de tendances, écrivent les auteurs de l'analyse. Ils n'entraînent que des réactions.»

Et comment! Les deux tiers des consommateurs estiment en effet que la réalité économique des derniers mois n'a induit chez eux que «quelques changements à court terme» et «peu de changements à long terme».

Ils le prouvent. En période de crise, ces consommateurs ont acheté moins de choses à crédit. On s'en souvient, c'est ce même crédit qui avait tout fait basculer. Or, plus de la moitié des personnes sondées en août pour cette enquête comportementale jugent que cette nouvelle habitude de vie n'est qu'une mode passagère qui pourrait toutefois survivre à la récession, mais en restant une mode, peut-on lire. Un petit 10 % pense plutôt que ce geste, qui met les ménages à l'abri des taux d'intérêt, va persister dans le temps.

Plus ça change, plus c'est pareil. La diminution des achats de produits de luxe? Une passade, pour les consommateurs affectés par la crise. L'achat de produits de deuxième main pour économiser? Une autre obligation circonstancielle.

Et il en va de même pour l'achat de produits américains, les vacances proches de la maison, la diminution des achats de vêtements et même l'augmentation des repas pris à la maison plutôt qu'au restaurant: ces gestes ne devraient pas survivre à la reprise économique, estiment RetailWire et compagnie.

Et ils ne sont pas les seuls. Ailleurs, dans le spectre des changements de cap, le même sort semble réservé à l'achat de produits en petits formats, une mode des derniers mois qui ne va pas durer dans l'Amérique de la démesure.

La diminution des achats de produits neufs, la remise en question des achats impulsifs tout comme la bonne idée d'apporter un lunch au travail — au lieu de finir chez le roi du burger ou le marchand de paninis — devraient aussi, pour le consommateur, devenir de «mauvais souvenirs». Sous peu.

Tout ça pour ça, se disent certainement les groupes qui pourfendent la surconsommation, les rêveurs d'un monde meilleur et les aficionados du lunch à réchauffer dans un micro-ondes sale. Et ils ont raison. Mais qu'ils se rassurent. La crise, la récession ont aussi apporté une poignée de changements dans les habitudes de vie qui se préparent à passer du conjoncturel au permanent, indique l'analyse.

Lesquels? L'achat de voitures qui consomment moins d'essence et les connexions à des médias sociaux — que le cocooning des mois passés a certainement exacerbé — sont du nombre. Il y a donc de l'espoir, mais pas toujours là où on l'attend.

***

Tous unis contre les billets de loterie. Des chercheurs de l'Université McGill, le Conseil national sur le jeu compulsif et même, hypocritement, des loteries canadiennes et américaines, dont Loto-Québec, ont lancé la semaine dernière un appel à la raison: pour le temps des Fêtes, offrir en cadeau un gratteux ou un billet de loterie à un enfant, ce n'est pas la meilleure idée de l'année!

«Nous demandons aux parents de faire preuve de jugement et d'offrir aux jeunes des cadeaux sans rapport avec les jeux de hasard», a même déclaré le grand patron de la loterie provinciale, Alain Cousineau.

Pour cause. C'est que, par manque d'imagination, par recherche de la simplicité et toujours avec les meilleures intentions du monde, 19 % des élèves du secondaire ont reçu en cadeau l'an dernier un billet de loterie ou une carte à gratter, indique une étude menée par l'institution universitaire montréalaise. C'est 11 % de moins qu'en 2004, mais c'est encore très inquiétant.

Ce geste, en plus de transgresser la loi, vient malheureusement renforcer, selon la coalition, un comportement déjà bien ancré dans les générations ascendantes. Entre 70 et 80 % des adolescents qui n'ont pourtant pas l'âge légal pour consommer ce genre de produits du hasard dépensent pourtant de l'argent dans ce genre d'activité.

Pis, un tiers joue même à essayer de décrocher de l'argent facile une fois par semaine. Un drame, quand on sait que les joueurs compulsifs d'aujourd'hui ont été initiés à l'art de s'en laisser accroire face à l'argent entre 9 et 10 ans.

Dans ce contexte, le groupe réclame donc qu'aucun petit billet de 6/49 ou gratteux de Chasse au trésor, Minou Pitou, Sherlock Holmes ou Paquet Volet — des loteries instantanées aux noms pourtant très aguichants pour un enfant — ne soit mis dans un bas de Noël ce soir ou demain. Il propose même d'offrir plutôt en cadeau «la promotion de la responsabilité auprès des enfants», sans plus de détail.

Une suggestion de cadeau? Pourquoi pas un livre: Le Livre noir de Loto-Québec, de Pierre Desjardins (Les intouchables), un brûlot dénonçant les dérives du jeu étatisé? Pourquoi pas?

*****

conso@ledevoir.ca

twitter.com/fdeglise
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel