mercredi 8 février 2012 Dernière mise à jour 11h25
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

OGM: trois variétés de maïs Monsanto cultivées au Canada montrent des «signes de toxicité inquiétants»

Les plantes en cause ne devraient pas être commercialisées, conclut une étude indépendante

Fabien Deglise   14 décembre 2009  Consommation
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Toxiques, mais cultivés. Trois variétés de maïs génétiquement modifié largement répandues sur la planète, y compris au Canada, comportent d'importants risques de toxicité. C'est du moins ce qu'indique une étude menée par le Comité de recherche et d'information indépendant sur le génie génétique (CRIIGEN) en France. Les résultats de l'analyse viennent d'être publiés dans la dernière livraison de l'International Journal of Biological Sciences.

La révélation est d'autant plus percutante qu'elle a été faite par les scientifiques après une réévaluation des résultats d'études en laboratoire sur des rats, études fournies par la multinationale Monsanto pour l'approbation dans plusieurs pays européens des organismes génétiquement modifiés (OGM) désormais sur la sellette: le MON 810, MON 863 et le NK 603.

Or, assure le CRIIGEN, ces OGM ne sont pas sains et surtout pas assez sécuritaires «pour être commercialisés», a commenté Gilles-Éric Séralini, coauteur de l'étude et expert du Groupe d'évaluation des biotechnologies de l'Union européenne.

«Notre analyse révèle clairement, pour ces trois OGM, de nouveaux effets secondaires liés à [leur] consommation», peut-on lire dans l'étude qui évoque une toxicité perceptible sur le foie et les reins des animaux alimentés avec ces nouvelles formes de maïs. L'analyse met également en lumière d'autres effets délétères sur le coeur, les glandes surrénales, les cellules sanguines et la rate des mammifères exposés à ces organismes.

L'équipe de scientifiques s'est basée sur les études toxicologiques que Monsanto a fournies dans les dernières années aux autorités sanitaires de Suède, du Danemark et de l'Allemagne afin de démontrer l'innocuité de ces transgènes et obtenir du coup le droit de les commercialiser. Les données de ces expériences en laboratoire conduites sur les trois variétés de maïs ont été rendues publiques dans la foulée de démarches juridiques amorcées dans ces trois pays par des groupes environnementaux, dont Greenpeace. Le CRIIGEN a toujours prétendu que la méthodologie utilisée par la multinationale n'était pas la bonne.


Un recadrage méthodologique

Ces récentes découvertes, révélées aujourd'hui dans une publication scientifique reconnue, sont finalement le fait d'un recadrage méthodologique qui vient affiner «le niveau de précision» des effets sur les mammifères, précise le document. Au total, l'équipe a passé au crible 60 paramètres biochimiques mesurés sur plusieurs organes des rats nourris avec ces OGM pendant 14 semaines.

Par ailleurs, le comité de recherche estime que les «signes de toxicité inquiétants» livrés par cette contre-expertise des études de Monsanto démontrent «avec force» l'importance de poursuivre l'analyse toxicologique de ces organismes sur les êtres vivants, et ce, pendant une période plus longue, de plus de deux ans, peut-on lire dans l'étude.

À l'image de la plupart des OGM en circulation dans le monde, deux des trois maïs au coeur de cette étude ont été génétiquement améliorés afin de produire leur propre pesticide, et ce, pour se protéger seuls des parasites. Le MON 863 s'attaque par exemple à la chrysomèle, un prédateur qui s'attaque aux racines de la plante. Le MON 810, pour sa part, a été conçu pour éradiquer la pyrale du maïs. Quant au NK 603, il a été pensé pour résister au Roundup, le pesticide chimique vendu par Monsanto.

Malgré nos appels, il n'a pas été possible de parler à un représentant de la multinationale hier. Toutefois, dans un communiqué diffusé en novembre 2008, Monsanto réitère l'innocuité des maïs transgéniques MON 810 et NK 603, régulièrement montrés du doigt par des groupes opposés aux biotechnologies. Des groupes qui, «depuis des années, remettent en question la sécurité des cultures» d'OGM en faisant beaucoup d'allégations «fondées sur des données scientifiques prises hors contexte et des revues scientifiques qui manquent de rigueur», écrit l'entreprise américaine.

Le maïs MON 810 a obtenu le droit d'être commercialisé au Canada en 1997. Par la suite, en 2001 et 2003, les variétés MON 863 et NK 603 ont également reçu ce feu vert des autorités sanitaires. Cultivées un peu partout au pays, ces plantes se retrouvent principalement dans l'alimentation du bétail. Les nombreuses remises en question de leur innocuité n'ont, pour le moment, pas incité Santé Canada à revoir sa position sur ces trois transgènes commercialisés.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Julien Beauregard
    Inscrit
    lundi 14 décembre 2009 00h47
    12 ans
    ça a prit 12 ans à Santé Cadenas pour s'en rendre compte... Une évidence que pas mal tout le monde qui s'intéresse aux actions immorales de Monsanto avait pu remettre en question depuis tellement longtemps.

  • Pierre Allard
    Inscrit
    lundi 14 décembre 2009 03h02
    Le courage des convictions.
    L'information utile, c'est: sous quel nom sont commercialisés ces produits ? La loi canadienne devrait exiger que la présence des OGM soit signalé sur l'emballage, mais avec le niveau de corruption dans la gouvernance eenore bien supérieur a celui des OGM dans le produits....

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/14/le

    Pierre JC Allard

  • Tim Yeatman
    Abonné
    lundi 14 décembre 2009 07h33
    Les micro-organismes, les rats, le bétail et nous...
    Deux autres études ont aussi démontré que la toxicité du maïs Bt se transfère dans les bactéries vivant dans les fonds de rivières qui drainent les champs où sont cultivés ces plantes GM, et les micro-organismes qui bouffent le pollen qui aboutit dans les sédiments des cours d'eau près des champs où poussent le maïs Bt ont de la difficulté à devenir assez gros pour se reproduire: il y en a même qui en meurent. Quand on sait que les micro-organismes sont tout en bas de la chaîne alimentaire, çà ne promet pas beaucoup pour nous humains qui sommes tout en haut de cette même chaîne! Voir les liens qui mènent à ces études dans le blog http://lesamisdurichelieu.blogspot.com


    Johanne Dion sur le courriel de mon conjoint

  • Labelle Michel
    Inscrit
    lundi 14 décembre 2009 10h46
    Ne touchez pas à Mosanto!
    Mosanto.
    Le seul nom fait frémir.
    Parlez-en à Percy Schmeiser!
    http://csc.lexum.umontreal.ca/fr/2004/2004csc34/20

    Voici ce que fera Santé Canada pour bloquer ce poison: RIEN.

    Un bon documentaire pour ceux que cela intéresse :
    Le monde selon Monsanto
    Réalisatrice : Marie-Monique Robin
    France, 2008

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 14 décembre 2009 16h10
    Tout dépendra
    La réaction du gouvernement de Harper à ces nnouveauc résultats de recherche dépendra de qui Monsanto tient par les gosses dans les rangs des conservateurs et la haute direction de Santé Canada. C'est de ces deux côtés qu'il faudrait faire enquête.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
5 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Dépêches
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012