Les Québécois mangent mieux, mais...
Les portions de fruits, de légumes, de fromage, de poissons et de légumineuses demeurent encorent insuffisantes, selon l'Institut national de santé publique
Photo : Jacques Nadeau
Plus de fruits, moins de viande rouge et du lait moins gras. Dans les dernières années, les Québécois ont grandement modifié leur alimentation. Mais ils pourraient encore collectivement mieux faire, conclut un rapport de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dévoilé hier.
« Le changement des habitudes alimentaires, c'est un processus très long dans une société », a expliqué hier au Devoir Carole Blanchet, auteure du document intitulé La Consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois. « Nous avons fait des gains importants dans les dernières années, mais il y a encore place à l'amélioration. »
L'INSPQ, qui a passé au crible le contenu de nos assiettes de 1990 à 2004, est catégorique: en 15 ans, la consommation de fruits et légumes a progressé, pour le mieux, dans l'ensemble des ménages de la province. Autre tendance: la cuisson de la viande est désormais en baisse, particulièrement celle de la viande rouge, et les consommateurs se tournent également davantage vers les laits à faible teneur en gras. « Ce sont de bonnes nouvelles, dit Mme Blanchet. Cela montre que nous sommes de plus en plus intéressés par une saine alimentation. »
Sur la base d'un questionnaire complété par 2629 adultes à qui l'on a demandé de se souvenir de leurs menus des 24 heures précédant l'entretien, le tableau dressé par les gardiens de la santé publique est, selon eux, encourageant. Mais cette radioscopie de notre alimentation s'accompagne aussi de quelques bémols.
Ainsi, concernant les fruits et légumes, les Québécois pourraient se montrer un peu plus voraces, estime l'INSPQ. Actuellement, 5,7 portions sont en effet consommées chaque jour, alors que le Guide alimentaire canadien recommande des quantités quotidiennes comprises entre 5 et 10 portions. Pire, 42 % des femmes et 35 % des hommes « n'atteignent pas le nombre minimal de portions recommandé », peut-on lire dans le rapport.
Le même constat s'applique également aux produits laitiers, dont la consommation est jugée « insuffisante ». Pour cause: deux adultes sur trois ne déballent pas, chaque jour, les deux portions minimales de fromage, yogourt ou lait recommandées par les autorités sanitaires. Des autorités qui rêvent aussi à un avenir où poisson, légumineuses et produits céréaliers à grains entiers occuperaient plus de place dans les assiettes.
« Nous allons dans la bonne direction, mais en avançant lentement, reconnaît Michel Sanscartier, président de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec. Dans les dernières années, la bonne alimentation a été valorisée. C'est bien. Mais nous pourrions encore aller plus loin dans cette valorisation pour modifier les comportements de manière plus profonde. »
La marge de manoeuvre serait d'ailleurs là, estime l'Institut dans son rapport. L'organisme constate en effet que malgré les campagnes de promotion de saines habitudes de vie, les jeunes adultes ont encore, dans l'ensemble, de mauvaises pratiques en abusant par exemple des boissons aux fruits, gazeuses et alcoolisées, en sautant un des trois repas quotidiens — celui du matin — ou encore en s'exposant à une surconsommation de sel, de sucre et de gras par l'entremise d'une alimentation industrielle surtransformée dont ils semblent raffoler.
Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls: dans l'ensemble de la population, 9 Québécois sur 10 ont en effet un apport en sodium trop élevé. Cette substance, dont la surexposition prédispose aux maladies cardio-vasculaires, est largement utilisée dans l'industrie alimentaire tout comme dans la restauration rapide afin de rehausser le goût d'aliments qui n'en ont pas ou peu. C'est aussi un puissant conservateur.
Par ailleurs, 25 % de l'apport calorique des consommateurs provient principalement des aliments représentant la catégorie dite « à calories vides »: croustilles, sauces et vinaigrettes préparées, confiseries et sucreries.
Pour Suzie Pellerin, de la Coalition québécoise sur la problématique du poids, ces chiffres confirment les effets pervers associés à « un plus grand recours à des aliments transformés » dans les familles du Québec, « une solution facile » pour pallier « le manque de temps », dit-elle. « Cela indique aussi que l'industrie alimentaire a désormais le devoir de s'attarder au contenu de leurs produits, généralement trop salés, trop sucrés et trop gras, plutôt que de faire croire à tort aux consommateurs qu'il s'agit de solutions santé faciles et pratiques. »
Tout en ciblant les mauvaises habitudes des jeunes adultes, l'INSPQ n'épargne pas non plus les personnes plus âgées, à commencer par les 51 ans et plus qui oublient régulièrement, selon l'organisme, de mettre le lait, sous toutes ses formes, sur la table. Et la sagesse nutritive ne s'acquiert pas forcément avec les années, puisque les 70 ans et plus démontrent des carences importantes en matière de fruits et légumes, de produits céréaliers, mais aussi de viandes et substituts, indique le rapport d'une centaine de pages.
L'ensemble des données décortiquées par l'Institut provient de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, effectuée en 2004. L'analyse produite par l'INSPQ vise à fournir des données concrètes « afin de soutenir les actions de promotion de saines habitudes alimentaires », peut-on lire. « Mais on espère aussi que ces données vont être utilisées par le secteur agroalimentaire et celui de la restauration pour améliorer leurs pratiques », conclut Mme Blanchet.
« Le changement des habitudes alimentaires, c'est un processus très long dans une société », a expliqué hier au Devoir Carole Blanchet, auteure du document intitulé La Consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois. « Nous avons fait des gains importants dans les dernières années, mais il y a encore place à l'amélioration. »
L'INSPQ, qui a passé au crible le contenu de nos assiettes de 1990 à 2004, est catégorique: en 15 ans, la consommation de fruits et légumes a progressé, pour le mieux, dans l'ensemble des ménages de la province. Autre tendance: la cuisson de la viande est désormais en baisse, particulièrement celle de la viande rouge, et les consommateurs se tournent également davantage vers les laits à faible teneur en gras. « Ce sont de bonnes nouvelles, dit Mme Blanchet. Cela montre que nous sommes de plus en plus intéressés par une saine alimentation. »
Sur la base d'un questionnaire complété par 2629 adultes à qui l'on a demandé de se souvenir de leurs menus des 24 heures précédant l'entretien, le tableau dressé par les gardiens de la santé publique est, selon eux, encourageant. Mais cette radioscopie de notre alimentation s'accompagne aussi de quelques bémols.
Ainsi, concernant les fruits et légumes, les Québécois pourraient se montrer un peu plus voraces, estime l'INSPQ. Actuellement, 5,7 portions sont en effet consommées chaque jour, alors que le Guide alimentaire canadien recommande des quantités quotidiennes comprises entre 5 et 10 portions. Pire, 42 % des femmes et 35 % des hommes « n'atteignent pas le nombre minimal de portions recommandé », peut-on lire dans le rapport.
Le même constat s'applique également aux produits laitiers, dont la consommation est jugée « insuffisante ». Pour cause: deux adultes sur trois ne déballent pas, chaque jour, les deux portions minimales de fromage, yogourt ou lait recommandées par les autorités sanitaires. Des autorités qui rêvent aussi à un avenir où poisson, légumineuses et produits céréaliers à grains entiers occuperaient plus de place dans les assiettes.
« Nous allons dans la bonne direction, mais en avançant lentement, reconnaît Michel Sanscartier, président de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec. Dans les dernières années, la bonne alimentation a été valorisée. C'est bien. Mais nous pourrions encore aller plus loin dans cette valorisation pour modifier les comportements de manière plus profonde. »
La marge de manoeuvre serait d'ailleurs là, estime l'Institut dans son rapport. L'organisme constate en effet que malgré les campagnes de promotion de saines habitudes de vie, les jeunes adultes ont encore, dans l'ensemble, de mauvaises pratiques en abusant par exemple des boissons aux fruits, gazeuses et alcoolisées, en sautant un des trois repas quotidiens — celui du matin — ou encore en s'exposant à une surconsommation de sel, de sucre et de gras par l'entremise d'une alimentation industrielle surtransformée dont ils semblent raffoler.
Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls: dans l'ensemble de la population, 9 Québécois sur 10 ont en effet un apport en sodium trop élevé. Cette substance, dont la surexposition prédispose aux maladies cardio-vasculaires, est largement utilisée dans l'industrie alimentaire tout comme dans la restauration rapide afin de rehausser le goût d'aliments qui n'en ont pas ou peu. C'est aussi un puissant conservateur.
Par ailleurs, 25 % de l'apport calorique des consommateurs provient principalement des aliments représentant la catégorie dite « à calories vides »: croustilles, sauces et vinaigrettes préparées, confiseries et sucreries.
Pour Suzie Pellerin, de la Coalition québécoise sur la problématique du poids, ces chiffres confirment les effets pervers associés à « un plus grand recours à des aliments transformés » dans les familles du Québec, « une solution facile » pour pallier « le manque de temps », dit-elle. « Cela indique aussi que l'industrie alimentaire a désormais le devoir de s'attarder au contenu de leurs produits, généralement trop salés, trop sucrés et trop gras, plutôt que de faire croire à tort aux consommateurs qu'il s'agit de solutions santé faciles et pratiques. »
Tout en ciblant les mauvaises habitudes des jeunes adultes, l'INSPQ n'épargne pas non plus les personnes plus âgées, à commencer par les 51 ans et plus qui oublient régulièrement, selon l'organisme, de mettre le lait, sous toutes ses formes, sur la table. Et la sagesse nutritive ne s'acquiert pas forcément avec les années, puisque les 70 ans et plus démontrent des carences importantes en matière de fruits et légumes, de produits céréaliers, mais aussi de viandes et substituts, indique le rapport d'une centaine de pages.
L'ensemble des données décortiquées par l'Institut provient de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, effectuée en 2004. L'analyse produite par l'INSPQ vise à fournir des données concrètes « afin de soutenir les actions de promotion de saines habitudes alimentaires », peut-on lire. « Mais on espère aussi que ces données vont être utilisées par le secteur agroalimentaire et celui de la restauration pour améliorer leurs pratiques », conclut Mme Blanchet.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

