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Véhicules d'appoint nouveau genre

Yves Lagüe   8 septembre 2009  Consommation
La Honda DN-01 est une moto au style complètement futuriste, qui lui a valu d’être choisie par James Bond lors de ses dernières aventures. Elle sort des sentiers battus, particulièrement avec sa transmission entièrement automatique.
Photo : Agence France-Presse
La Honda DN-01 est une moto au style complètement futuriste, qui lui a valu d’être choisie par James Bond lors de ses dernières aventures. Elle sort des sentiers battus, particulièrement avec sa transmission entièrement automatique.
Une ou deux fois par année, les autos cèdent leur place aux motos dans cette chronique. Et comme le titulaire de ladite chronique ne possède pas de permis de moto, c'est son père qui prend la relève, à titre d'essayeur et de chroniqueur. Au menu cette semaine: un scooter, la première moto à boîte automatique et un produit 100 % québécois... à trois roues!

La vie trépidante du XXIe siècle fait que, dans beaucoup de foyers, on doit disposer d'un véhicule d'appoint. En banlieue ou dans certaines villes éloignées, le transport en commun, ça peut être carrément inexistant; alors, on se rabat sur une sous-compacte (Yaris, Fit, Accent, etc.) ou une compacte (Civic, Corolla, Focus, etc.). Pratique, mais pas tellement excitant s'il s'agit de se rendre au travail ou d'en revenir par une belle journée d'été. Pourquoi ne pas remplacer cette deuxième voiture par une moto, à deux ou trois roues? Par cette même belle journée d'été, se rendre au travail en sentant le soleil sur sa peau, c'est tellement plus agréable...

Toutefois, deux mises en garde s'imposent d'emblée. Primo, vous devrez oublier votre moto de la mi-novembre à la mi-mars. Secundo, il y a un principe qui s'applique comme partout ailleurs: on en a pour notre argent. Vous aurez un très grand choix de véhicules à partir de 2000 $ pour une 50 cc jusqu'à 30 000 $ et plus pour une moto de grosse cylindrée, plus luxueuse ou plus sportive.

Un scooter pour la route

Le scooter de 50 cc a plusieurs avantages; par exemple, pas besoin d'un permis de moto et un prix très bas pour la plaque d'immatriculation. Mais il y a la contrepartie: si la puissance d'un tel scooter est bien acceptable en milieu urbain, vous devrez oublier les promenades sur l'autoroute.

Aux fins du présent article, j'ai donc essayé, dans un premier temps, un scooter de marque Citycom, modèle 300I. En consultant les revues spécialisées, l'esthétique de ce véhicule a attiré mon attention: une silhouette charmeuse, des lignes épurées et un pare-brise que j'apprécie toujours sur un tel véhicule. De plus, cette marque m'était totalement inconnue et titillait ma curiosité. La Citycom est fabriquée en Asie par la firme Sym (Sanyang Industries), de la famille Hyundai. Elle a fabriqué plus de dix millions de motos de toute sorte et dispose donc d'une solide expertise.

Alors, allons-y pour une première expérience en scooter! Première surprise: sa légèreté et sa facilité à manoeuvrer. J'ai l'impression de conduire un vélo tellement c'est facile et, pourtant, en quittant le concessionnaire, je me retrouve en circulation très dense. Il faut préciser que le Citycom est doté de toutes les caractéristiques dernier cri pour une moto: moteur à injection électronique, démarreur électrique, transmission automatique de type CVT, refroidissement liquide, multiples compartiments de stockage, ainsi qu'un tableau de bord des plus complets.

Juché sur des pneus de seize pouces et disposant d'un siège ultraconfortable, le Citycom 300I s'avère très agréable à conduire. En milieu urbain, il serpente avec aisance dans la circulation dense. Après le travail, une virée dans les Laurentides vous tente? Aucun problème, vous vous sentirez aussi à l'aise sur l'autoroute que sur le boulevard de Maisonneuve. Mais, attention: surveillez l'odomètre: je me suis surpris à conduire ce scooter à 135 km/h... Son prix? Environ 6000 dollars, ce qui est très justifié compte tenu de ses caractéristiques. Cependant, si vous décidez d'acheter un véhicule de ce type, vous devrez faire vos devoirs: de nombreuses marques asiatiques (japonaises, chinoises, coréennes) et européennes offrent une panoplie de modèles, de 50 cc à 600 cc, dont l'échelle de prix varie de 2000 $ à 11 000 $. Alors, on s'attelle sur Google!

Une moto automatique!

Comme autre solution, j'avais justement songé à un scooter de grosse cylindrée, de type Honda Silver Wing 600 ou Suzuki Bergman 650. À la lecture des magazines spécialisés, un nouveau produit attirait mon attention: la Honda DN-01. Moto au style complètement futuriste, qui lui a valu d'être choisie par James Bond pour ses péripéties dans son dernier film. Et dans ces mêmes magazines, les chroniqueurs n'osaient se prononcer clairement sur les vertus ou les vices de cette moto.

C'est que la DN-01 sort des sentiers battus, particulièrement avec sa transmission entièrement automatique. Sacrilège, il va sans dire, pour les puristes. Vous pouvez cependant utiliser un mode manuel à six rapports, utilisable au pouce. Après avoir parcouru quelques centaines de kilomètres, on reste quelque peu perplexe au sujet de la DN-01. Cette moto me fait penser à une custom à laquelle on aurait installé une servodirection; c'est qu'en dépit de son poids (270 kilos), elle se manoeuvre du bout des doigts. La position de conduite est également celle d'une moto de type custom.

La légèreté de sa conduite et son équilibre parfait facilitent les manoeuvres de stationnement. Je dois l'admettre, sa transmission automatique est un véritable plaisir en milieu urbain. Et le mode manuel de cette même transmission est un délice, en raison de sa précision et sa douceur. Côté mécanique, la DN-01 est à la fine pointe de la technologie. Son moteur de 680 cc à injection offre des performances supérieures à ce que l'on pourrait attendre d'une telle cylindrée. En conduite variée, nous avons obtenu une consommation légèrement inférieure à 5 litres/100 km. Son prix d'environ 17 000 $ en fera tiquer plusieurs. C'est le prix à payer, aujourd'hui, pour une moto qui pourrait s'avérer celle de demain! Honda utilise en quelque sorte la DN-01 comme laboratoire sur roues. Cette firme attendra de voir la réaction des motocyclistes pour appliquer ces solutions techniques à d'autres modèles.

Et pourquoi pas trois roues ?

Comme dernière solution de rechange à un véhicule d'appoint, je n'ai pu résister à la Spyder de Bombardier, cet insecte étrange avec deux roues à l'avant et une à l'arrière. Une approche inédite et un produit complètement québécois, de sa conception et de son design jusqu'à sa fabrication. Étant motocycliste depuis près de trente ans, mon apprentissage de la Spyder, lors d'un essai effectué l'été dernier, ne s'était pas fait sans difficulté: la conduite d'un trois roues est complètement différente de celle d'une moto traditionnelle.

Un chroniqueur québécois, que je respecte beaucoup, a écrit dans son Guide de la moto que la Spyder «est destinée à ceux que la moto effraie ou n'attire pas». Je ne suis pas d'accord: je conduis des customs depuis des décennies, j'adore les conduire sur de belles routes de campagne, mais plusieurs raisons me poussent vers la Spyder. Les customs ont suivi la mode «Harley»: plus grosses, elles sont devenues lourdes à manoeuvrer, surtout pour un conducteur de mon âge (68 ans). Je m'ennuie de ma Virago 1100, qui était compacte et relativement légère.

Le véhicule d'appoint idéal

La Spyder est si facile à conduire que c'est la moto idéale comme véhicule d'appoint. En ville, sa conduite d'une précision chirurgicale la rend presque aussi maniable qu'un scooter. Que ce soit avec la transmission manuelle de base ou avec la transmission automatique, la Spyder dispose d'une marche arrière: reculer cette moto dans mon garage ou la garer dans un endroit restreint est un jeu d'enfant. Pris dans un bouchon de circulation? Finie la lutte pour garder l'équilibre d'une deux-roues: vous resterez bien assis, les bras croisés, en attendant que ça se dégage.

Sur nos routes de campagne, la Spyder est idéale. Même si elle ne penche pas, comme une moto traditionnelle, dès que sa conduite vous sera le moindrement familière, vous constaterez que vous pouvez négocier une courbe aussi rapidement qu'avec n'importe quelle moto à deux roues. Quant au confort, il est supérieur à celui d'une custom, dont c'est pourtant l'une des qualités. On peut aussi y attacher une remorque ou une tente-roulotte légère; vous pourrez ainsi vous rendre sur les plages de la côte est américaine pour vos vacances avec les cheveux au vent.

Côté technique, BRP a produit un véhicule raffiné. Son moteur Rotax de 998 cc à injection a fait ses preuves sur d'autres produits BRP. Sa puissance et son accélération feront rougir d'envie les autres motocyclistes. La Spyder est aussi munie de freins ABS.

Son prix? 18 000 $. Ce n'est pas donné, certes, mais comparé à une Harley-Davidson de 30 000 $ (et plus), ce montant est très justifié. De plus, la Société d'assurance du Québec mène actuellement un projet-pilote où une centaine de personnes conduisent une Spyder sans détenir un permis de moto; si l'expérience s'avère concluante, ce permis ne serait plus nécessaire à l'avenir. Il pourrait donc être possible de conduire une Spyder après quelques heures de cours pratiques. Les résultats de cette étude devraient être connus à l'automne; si le permis de moto ne devait plus être exigé, cela favoriserait sans aucun doute les ventes de la Spyder et contribuerait à l'embauche d'autres travailleurs québécois aux usines de BRP à Valcourt.

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