Au Palais des congrès - Manger « vert » !
Photo : Agence Reuters
L’étiquetage des produits em-ballés à l’épicerie est souvent trompeur.
Pour sa 12e édition, l'Expo Manger santé a décidé d'ajouter un volet «vivre vert» afin de souligner les liens étroits qui unissent notre alimentation et l'environnement.
«On pense à ce qu'on mange, on pense à l'environnement, mais on ne fait pas de liens entre les deux, constate Anne-Marie Roy, diététiste-nutritionniste et porte-parole de l'Expo Manger santé et vivre vert. Nous insistons donc cette année sur le fait qu'on mange vert et qu'on vit vert!»
Ce salon sur l'alimentation saine, l'écologie et la santé globale aura lieu du 13 au 15 mars au Palais des congrès de Montréal. Il rassemble 230 exposants offrant dégustations, démonstrations culinaires, ateliers, conférences, «pour le plaisir de goûter et d'apprendre». On y retrouvera une grande variété de produits biologiques, naturels, du terroir et venus d'ailleurs ainsi que plusieurs produits et services thérapeutiques et écologiques.
«L'expo regroupe des kiosques de bouffe où les visiteurs goûteront des aliments qu'ils ne connaissent pas», ajoute Mme Roy. On y retrouvera par exemple la Clef des champs, qui produit des thés, herbes et épices biologiques qui aident à se soigner avec des plantes. Il y aura aussi Natura, la seule entreprise québécoise qui produit des boissons et des crèmes glacées de soya biologique. «C'est l'une des façons de réduire notre empreinte écologique, souligne Mme Roy, puisque les produits laitiers sont faits à partir des vaches qui émettent du méthane...» Il y a aussi le Jardin des anges, qui livre des produits bio à la maison, et Bio-Vert, qui fabrique des détergents écologiques.
Le salon présente également une série de conférences et de démonstrations culinaires — notamment comment cuisiner des légumineuses — ainsi que des courts métrages.
Le quatrième
des trois « R »
«Ce salon est exceptionnel parce que c'est le seul endroit où on parle du lien entre l'alimentation et l'écologie. Il me semble que, avant de manger, il faut d'abord penser plus loin que le bout de sa langue!, dit-elle en riant. Il faut donc réfléchir. Je pense qu'il y a un autre "R" qui devrait précéder les fameux "trois R" (réduire, réutiliser et récupérer/recycler): réfléchir avant de faire un achat ou de manger quelque chose.»
Le principal critère dont on tient compte concernant les aliments qu'on achète, c'est bien entendu le goût, nous dit la diététiste-nutritionniste. «C'est bien, puisqu'il faut avoir du plaisir à manger, dit-elle. Sauf qu'il faut aussi penser aux conséquences de nos choix alimentaires sur notre santé et sur la santé de la planète.»
Selon elle, manger de façon «responsable» comporte quatre éléments. Premièrement, nous devrions manger principalement des aliments de sources végétales. «On pense encore de nos jours que la viande doit être l'aliment central de tout repas, alors que c'est l'inverse; les végétaux doivent être au centre de notre alimentation, et la viande, un accompagnement, souligne la diététiste. C'est d'ailleurs ce que préconise le Guide alimentaire canadien.»
Manger de façon responsable comporte également la nécessité de manger biologique, de manger local et de manger équitable, poursuit-elle. «Autrement dit, centrer son alimentation sur les végétaux — le plus possible biologiques — et le plus possible locaux et équitables», résume-t-elle.
Ne lisez pas
les emballages !
Dans cet esprit, Anne-Marie Roy a constaté, en parcourant le Québec comme conférencière, à quel point nous ne comprenons pas l'étiquetage des emballages. «Et pour cause, dit-elle, puisque tout est fait pour nous induire en erreur!»
La confusion vient très souvent des différences entre ce qui est inscrit en gros sur un emballage et ce que révèlent la liste des ingrédients et le tableau des valeurs nutritives. À titre d'exemple, elle cite le cas de l'enduit anticollant de Mazola. «Sur le dessus de la bouteille il est écrit: "Sans matière grasse". Et lorsqu'on examine le tableau des valeurs nutritives, on voit: "Calorie 0. Gras 0". Pourtant, la liste des ingrédients indique en premier qu'il s'agit d'huile de canola! On se demande donc comment on a pu écrire en gros "Sans matière grasse" sur le dessus de la bouteille.»
Le fait est, constate-t-elle, qu'on «joue avec les mots». C'est-à-dire que, selon les tests réalisés par Mazola, si vous vaporisez durant une demi-seconde ce produit sur une poêle de cuisson, vous n'obtiendrez que 0,5 % de gras. «Or, pour l'industrie, lorsqu'on a 0,5 % ou moins, on peut tout arrondir à zéro, indique Mme Roy. On obtiendrait donc 0 calorie et 0 gras si on en vaporise pendant une demi-seconde. Mais si vous en mettez durant plusieurs secondes — comme tout le monde le fait vraisemblablement — ce n'est plus vrai!»
Mme Roy cite aussi le cas des craquelins Minces aux légumes. «Lorsque vous regardez sur le dessus de la boîte, vous voyez: "Multigrain. 0 gras trans. Fait de vrais légumes" .Tout a l'air parfait! Pourtant, lorsqu'on lit la liste des ingrédients, il s'agit de farine blanche en premier et de shortening (du gras trans) en deuxième! On y retrouve aussi une foule d'additifs, dont du glutamate...»
Bref, selon la nutritionniste, on ne devrait jamais lire ce qui est écrit sur les emballages, mais plutôt consulter la liste des ingrédients et le tableau des valeurs nutritives. Encore là, il faut savoir interpréter les informations qu'on y présente. À cette fin, Mme Roy a mis au point une série de sept trucs... qu'elle présentera à l'occasion d'une conférence répétée maintes fois durant ce salon sur l'alimentation saine.
Manger santé et de façon responsable procure un «double plaisir», conclut Mme Roy. «On a le plaisir de savoir qu'on fait du bien à sa santé et à la planète.» Voilà l'univers que nous présente l'Expo Manger santé et vivre vert.
Collaborateur du Devoir
«On pense à ce qu'on mange, on pense à l'environnement, mais on ne fait pas de liens entre les deux, constate Anne-Marie Roy, diététiste-nutritionniste et porte-parole de l'Expo Manger santé et vivre vert. Nous insistons donc cette année sur le fait qu'on mange vert et qu'on vit vert!»
Ce salon sur l'alimentation saine, l'écologie et la santé globale aura lieu du 13 au 15 mars au Palais des congrès de Montréal. Il rassemble 230 exposants offrant dégustations, démonstrations culinaires, ateliers, conférences, «pour le plaisir de goûter et d'apprendre». On y retrouvera une grande variété de produits biologiques, naturels, du terroir et venus d'ailleurs ainsi que plusieurs produits et services thérapeutiques et écologiques.
«L'expo regroupe des kiosques de bouffe où les visiteurs goûteront des aliments qu'ils ne connaissent pas», ajoute Mme Roy. On y retrouvera par exemple la Clef des champs, qui produit des thés, herbes et épices biologiques qui aident à se soigner avec des plantes. Il y aura aussi Natura, la seule entreprise québécoise qui produit des boissons et des crèmes glacées de soya biologique. «C'est l'une des façons de réduire notre empreinte écologique, souligne Mme Roy, puisque les produits laitiers sont faits à partir des vaches qui émettent du méthane...» Il y a aussi le Jardin des anges, qui livre des produits bio à la maison, et Bio-Vert, qui fabrique des détergents écologiques.
Le salon présente également une série de conférences et de démonstrations culinaires — notamment comment cuisiner des légumineuses — ainsi que des courts métrages.
Le quatrième
des trois « R »
«Ce salon est exceptionnel parce que c'est le seul endroit où on parle du lien entre l'alimentation et l'écologie. Il me semble que, avant de manger, il faut d'abord penser plus loin que le bout de sa langue!, dit-elle en riant. Il faut donc réfléchir. Je pense qu'il y a un autre "R" qui devrait précéder les fameux "trois R" (réduire, réutiliser et récupérer/recycler): réfléchir avant de faire un achat ou de manger quelque chose.»
Le principal critère dont on tient compte concernant les aliments qu'on achète, c'est bien entendu le goût, nous dit la diététiste-nutritionniste. «C'est bien, puisqu'il faut avoir du plaisir à manger, dit-elle. Sauf qu'il faut aussi penser aux conséquences de nos choix alimentaires sur notre santé et sur la santé de la planète.»
Selon elle, manger de façon «responsable» comporte quatre éléments. Premièrement, nous devrions manger principalement des aliments de sources végétales. «On pense encore de nos jours que la viande doit être l'aliment central de tout repas, alors que c'est l'inverse; les végétaux doivent être au centre de notre alimentation, et la viande, un accompagnement, souligne la diététiste. C'est d'ailleurs ce que préconise le Guide alimentaire canadien.»
Manger de façon responsable comporte également la nécessité de manger biologique, de manger local et de manger équitable, poursuit-elle. «Autrement dit, centrer son alimentation sur les végétaux — le plus possible biologiques — et le plus possible locaux et équitables», résume-t-elle.
Ne lisez pas
les emballages !
Dans cet esprit, Anne-Marie Roy a constaté, en parcourant le Québec comme conférencière, à quel point nous ne comprenons pas l'étiquetage des emballages. «Et pour cause, dit-elle, puisque tout est fait pour nous induire en erreur!»
La confusion vient très souvent des différences entre ce qui est inscrit en gros sur un emballage et ce que révèlent la liste des ingrédients et le tableau des valeurs nutritives. À titre d'exemple, elle cite le cas de l'enduit anticollant de Mazola. «Sur le dessus de la bouteille il est écrit: "Sans matière grasse". Et lorsqu'on examine le tableau des valeurs nutritives, on voit: "Calorie 0. Gras 0". Pourtant, la liste des ingrédients indique en premier qu'il s'agit d'huile de canola! On se demande donc comment on a pu écrire en gros "Sans matière grasse" sur le dessus de la bouteille.»
Le fait est, constate-t-elle, qu'on «joue avec les mots». C'est-à-dire que, selon les tests réalisés par Mazola, si vous vaporisez durant une demi-seconde ce produit sur une poêle de cuisson, vous n'obtiendrez que 0,5 % de gras. «Or, pour l'industrie, lorsqu'on a 0,5 % ou moins, on peut tout arrondir à zéro, indique Mme Roy. On obtiendrait donc 0 calorie et 0 gras si on en vaporise pendant une demi-seconde. Mais si vous en mettez durant plusieurs secondes — comme tout le monde le fait vraisemblablement — ce n'est plus vrai!»
Mme Roy cite aussi le cas des craquelins Minces aux légumes. «Lorsque vous regardez sur le dessus de la boîte, vous voyez: "Multigrain. 0 gras trans. Fait de vrais légumes" .Tout a l'air parfait! Pourtant, lorsqu'on lit la liste des ingrédients, il s'agit de farine blanche en premier et de shortening (du gras trans) en deuxième! On y retrouve aussi une foule d'additifs, dont du glutamate...»
Bref, selon la nutritionniste, on ne devrait jamais lire ce qui est écrit sur les emballages, mais plutôt consulter la liste des ingrédients et le tableau des valeurs nutritives. Encore là, il faut savoir interpréter les informations qu'on y présente. À cette fin, Mme Roy a mis au point une série de sept trucs... qu'elle présentera à l'occasion d'une conférence répétée maintes fois durant ce salon sur l'alimentation saine.
Manger santé et de façon responsable procure un «double plaisir», conclut Mme Roy. «On a le plaisir de savoir qu'on fait du bien à sa santé et à la planète.» Voilà l'univers que nous présente l'Expo Manger santé et vivre vert.
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