La fin de la carte de crédit?
C'est une question de survie. En temps de récession, le monde des affaires fait généralement preuve d'une très grande créativité pour limiter ses pertes et relancer du même coup ses activités. Et le milieu bancaire américain, frappé de plein fouet par la crise du crédit, fait désormais une belle démonstration de ce principe...
Confrontées à la fragilité des hypothèques — pour le moins —, à l'endettement croissant des ménages et à la frilosité des consommateurs devant les achats compulsifs et surtout les achats à tempérament, les maisons de crédit, qui pourraient voir ainsi les lucratifs volumes de transactions baisser dans les prochains mois, semblent avoir trouvé la parade pour éviter le pire.
Elles mettent sur le marché des cartes prépayées qui maintiennent l'apparence du crédit mais limitent les risques de banqueroute et de non-paiement qui s'ensuivent. Et ce, avec des frais de service, d'ouverture de dossier et de transactions en sus qui laissent perplexe.
À l'origine, ces fausses cartes de crédit ont été développées par les Visa et MasterCard pour les ménages américains qui ne possèdent pas de compte en banque. Oui, dans la plus grande démocratie du monde, ça existe.
Il y aurait même 10 millions de familles dans cette situation au pays de Barack Obama, rappelle d'ailleurs le New York Times Magazine dans son édition du 9 novembre dernier. Ce n'est pas rien.
Hautement fonctionnel pour les exclus du crédit, ce mode de paiement, baptisé RushCard aux États-Unis et dont l'arrivée au Canada est imminente, fonctionne sur le modèle des cartes d'appel prépayées: pour pouvoir s'en prévaloir, il faut au préalable «mettre de l'argent dedans» (virtuellement, s'entend). Quand le montant est dépensé, la fête est terminée. Bref, c'est un peu comme de l'argent comptant, mais sur une carte.
Comme avantages, cette carte permet de régler des achats dans le monde virtuel, mais surtout elle assure à son détenteur une certaine «dignité» et lui confère un sentiment d'inclusion à la culture américaine de l'argent. «Nous avons créé la RushCard pour que tout le monde ait accès au rêve américain», résume un de ses promoteurs dans les pages du célèbre magazine, qui rayonne à travers le monde depuis l'île de Manhattan.
Jusqu'à aujourd'hui, et depuis 2003, 1,5 million de cartes prépayées de ce genre ont été vendues chez nos voisins du Sud, où les perspectives d'avenir pour ce mode de paiement sont finalement, en temps de crise, des plus intéressantes.
Poussés dans la marge — de crédit —, des millions de consommateurs pourraient en effet succomber aux attraits de ce type de carte, croient les marchands de rêves et ténors de la surconsommation. C'est que, dans une société de l'illusion, du superficiel et du paraître, le côté pratique de la RushCard et surtout l'image qu'elle donne à son propriétaire deviennent finalement un must. Un must qui se résume ainsi: je n'ai plus les moyens de vivre à crédit, mais il est encore possible de donner l'impression aux autres que je peux le faire.
Et comme dans ce beau monde rien n'est gratuit, l'orgueil lui-même finit par avoir un prix. Cette carte prépayée est aussi payante pour ceux qui l'ont mise sur le marché.
Il en coûte effectivement 20 $US pour en faire l'acquisition et, par la suite, chaque transaction coûte 1 $ — ou 10 $ par mois en adhérant à un forfait. Pas de doute, le milieu financier est déterminé à sortir de la crise. En passant une fois de plus la tondeuse sur les mêmes moutons.
***
C'est le paradoxe de notre époque. Alors que certains cherchent à confirmer leur appartenance sociale par la dépense outrancière, d'autres rêvent de consommer moins et surtout de réduire leur empreinte écologique pour le bien de l'humanité. Et pour eux, David Suzuki — un homme d'origine japonaise avec une barbiche, dit-on — et David R. Boyd viennent de publier Le Guide vert (Boréal).
Véritable guide pratique à l'usage du parfait petit écologiste nanti, le bouquin, traduit de l'anglais par Serge Paquin, propose dans différents champs de l'activité humaine des gestes pour faire du bien, ou pour faire moins de mal à la planète, c'est selon.
Sans surprise, on y parle donc d'ampoules fluocompactes, d'isolation de maisons, de voitures électriques, de réduction des déchet à la source, de produits non testés sur les animaux, d'aliments biologiques, de vélos, d'auto-partage (Communauto) ou encore de végétarisme et de réduction de l'apport calorique quotidien.
On y lit aussi des appels à ne pas consommer du thon rouge, du saumon d'élevage ou de l'eau en bouteille, par respect pour dame Nature. Entre autres choses.
En un peu plus de 200 pages, l'ouvrage expose donc l'ensemble des conditions gagnantes pour la survie de la planète selon le mouvement environnementaliste. Des conditions maintes fois ressassées au cours des dernières années dans les médias traditionnels et les émissions du type La Vie en vert (Télé-Québec), et que le duo Suzuki-Boyd rassemble ici, sans doute pour les néophytes de l'engagement social.
Autant le savoir. Car les autres, qui baignent là-dedans depuis des années, risquent de trouver l'ensemble redondant, au mieux, ou, au pire, de se lasser encore une fois d'un ton moralisateur dont le courant écologiste commence désormais à faire les frais.
Confrontées à la fragilité des hypothèques — pour le moins —, à l'endettement croissant des ménages et à la frilosité des consommateurs devant les achats compulsifs et surtout les achats à tempérament, les maisons de crédit, qui pourraient voir ainsi les lucratifs volumes de transactions baisser dans les prochains mois, semblent avoir trouvé la parade pour éviter le pire.
Elles mettent sur le marché des cartes prépayées qui maintiennent l'apparence du crédit mais limitent les risques de banqueroute et de non-paiement qui s'ensuivent. Et ce, avec des frais de service, d'ouverture de dossier et de transactions en sus qui laissent perplexe.
À l'origine, ces fausses cartes de crédit ont été développées par les Visa et MasterCard pour les ménages américains qui ne possèdent pas de compte en banque. Oui, dans la plus grande démocratie du monde, ça existe.
Il y aurait même 10 millions de familles dans cette situation au pays de Barack Obama, rappelle d'ailleurs le New York Times Magazine dans son édition du 9 novembre dernier. Ce n'est pas rien.
Hautement fonctionnel pour les exclus du crédit, ce mode de paiement, baptisé RushCard aux États-Unis et dont l'arrivée au Canada est imminente, fonctionne sur le modèle des cartes d'appel prépayées: pour pouvoir s'en prévaloir, il faut au préalable «mettre de l'argent dedans» (virtuellement, s'entend). Quand le montant est dépensé, la fête est terminée. Bref, c'est un peu comme de l'argent comptant, mais sur une carte.
Comme avantages, cette carte permet de régler des achats dans le monde virtuel, mais surtout elle assure à son détenteur une certaine «dignité» et lui confère un sentiment d'inclusion à la culture américaine de l'argent. «Nous avons créé la RushCard pour que tout le monde ait accès au rêve américain», résume un de ses promoteurs dans les pages du célèbre magazine, qui rayonne à travers le monde depuis l'île de Manhattan.
Jusqu'à aujourd'hui, et depuis 2003, 1,5 million de cartes prépayées de ce genre ont été vendues chez nos voisins du Sud, où les perspectives d'avenir pour ce mode de paiement sont finalement, en temps de crise, des plus intéressantes.
Poussés dans la marge — de crédit —, des millions de consommateurs pourraient en effet succomber aux attraits de ce type de carte, croient les marchands de rêves et ténors de la surconsommation. C'est que, dans une société de l'illusion, du superficiel et du paraître, le côté pratique de la RushCard et surtout l'image qu'elle donne à son propriétaire deviennent finalement un must. Un must qui se résume ainsi: je n'ai plus les moyens de vivre à crédit, mais il est encore possible de donner l'impression aux autres que je peux le faire.
Et comme dans ce beau monde rien n'est gratuit, l'orgueil lui-même finit par avoir un prix. Cette carte prépayée est aussi payante pour ceux qui l'ont mise sur le marché.
Il en coûte effectivement 20 $US pour en faire l'acquisition et, par la suite, chaque transaction coûte 1 $ — ou 10 $ par mois en adhérant à un forfait. Pas de doute, le milieu financier est déterminé à sortir de la crise. En passant une fois de plus la tondeuse sur les mêmes moutons.
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C'est le paradoxe de notre époque. Alors que certains cherchent à confirmer leur appartenance sociale par la dépense outrancière, d'autres rêvent de consommer moins et surtout de réduire leur empreinte écologique pour le bien de l'humanité. Et pour eux, David Suzuki — un homme d'origine japonaise avec une barbiche, dit-on — et David R. Boyd viennent de publier Le Guide vert (Boréal).
Véritable guide pratique à l'usage du parfait petit écologiste nanti, le bouquin, traduit de l'anglais par Serge Paquin, propose dans différents champs de l'activité humaine des gestes pour faire du bien, ou pour faire moins de mal à la planète, c'est selon.
Sans surprise, on y parle donc d'ampoules fluocompactes, d'isolation de maisons, de voitures électriques, de réduction des déchet à la source, de produits non testés sur les animaux, d'aliments biologiques, de vélos, d'auto-partage (Communauto) ou encore de végétarisme et de réduction de l'apport calorique quotidien.
On y lit aussi des appels à ne pas consommer du thon rouge, du saumon d'élevage ou de l'eau en bouteille, par respect pour dame Nature. Entre autres choses.
En un peu plus de 200 pages, l'ouvrage expose donc l'ensemble des conditions gagnantes pour la survie de la planète selon le mouvement environnementaliste. Des conditions maintes fois ressassées au cours des dernières années dans les médias traditionnels et les émissions du type La Vie en vert (Télé-Québec), et que le duo Suzuki-Boyd rassemble ici, sans doute pour les néophytes de l'engagement social.
Autant le savoir. Car les autres, qui baignent là-dedans depuis des années, risquent de trouver l'ensemble redondant, au mieux, ou, au pire, de se lasser encore une fois d'un ton moralisateur dont le courant écologiste commence désormais à faire les frais.
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