Là où le Québec réel est fermé, le Québec imaginaire est ouvert

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Hervé Fischer

Date: mercredi 21 novembre 2007 21:54



Mon nom est Francis Leboeuf, je suis un étudiant en secondaire 5 à l'École de la Baie-Saint-François, à Valleyfield, en Montérégie.


 
Je vous fait parvenir ma vision du Québec réel et d'un Québec imaginaire en suivant l'idée lancée dans Le Devoir il y a un mois.

 
 
Merci de me lire,


 Francis Leboeuf Québec réel, Québec imaginaire…

Posons les choses simplement, le Québec moderne est une femme, vieillissante, mais d’un âge difficile à deviner. Ses charmes défraîchis laissent voir qu’elle n’a pas eu une existence des plus aisées. On l’appelle « madame » Québec, car tous connaissent son mari riche mais froid et distant duquel elle n’a jamais réussi à s’éloigner, faute de conviction. Monsieur ne l’a jamais considérée comme son égale et, faisant rarement usage de violence, a souvent fait réaliser son infériorité à la dame. Malgré tout, il est difficile de compatir avec madame Québec étant donné de sa personnalité pour le moins désagréable. Susceptible mais rongée par l’ignorance, c’est une tâche monumentale que de lui faire comprendre quoi que ce soit. Le manque d’éducation de cette dame date probablement d’il y a longtemps alors qu,elle fut abandonnée par ses parents dans ce recoin parfois si froid de l’Amérique. La « bonne-femme » se veut toujours attirante mais quiconque l’observe risque de se buter à son étroitesse d’esprit ainsi qu’`son manque de compréhension. Un brin niaise et suffisante, madame Québec croira toujours que ses opinions font loi chez elle. Certains diront que la langue même de madame Québec fait peine à entendre, une forme abâtardie, paysanne du dialecte de ses ancêtres se plaindront-ils. On pourrait leur répondre que ce langage est toutefois moins ridicule que lorsque madame Québec tente, avec maladresse, de se faire comprendre dans d’autres idiomes.

 

Bref, le Québec réel est une vieille femme amère désagréable, chez qui toute richesse est obscurcie par des défauts à la limite du supportable. 

 

La fille de madame Québec, par contre, n’a rien à envier à sa « matriarche ». La curiosité et l’ouverture d’esprit de la demoiselle font d’elle une jeune personne des plus appréciables. Réaliste sans être terre-à-terre, créative sans être frivole, posée sans être froide, mademoiselle Québec semble avoir trouvé l’équilibre et toujours être en pleine possession de ses moyens. La jeune femme ne se pose plus de questions inutiles  à propos de son « indépendance » vis-à-vis de son vieux père. Jamais raciste ou homophobe, bien qu’ayant des principes clairs, mademoiselle a développé une conscience planétaire et des enjeux plus important que son propre statut la préoccupent. Mademoiselle Québec a des opinions claires sur l’égalité, la liberté et la préservation des écosystèmes, par exemple. Elle sait néanmoins garder la tête froide et évite de tomber dans le « militantisme sauvage », la guerre et les embargos, très peu pour elle.

 

Finalement, la où le Québec réel est fermé, le Québec imaginaire est ouvert, les travers du premier sont maîtrisés par le second. Le Québec imaginaire est une jeune femme équilibrée et ouverte. Comment ne pas apprécier une personnalité si plaisante.




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