Le Québec réel est un adolescent qui peine à de venir adulte, par Jean-Marie Lalande, Lévis

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Hervé Fischer

Date: mardi 20 novembre 2007 17:48





Le Québec réel est un adolescent qui peine à de venir adulte.

Il est issu de parents qui tentaient de s'établir loin de leur patrie, dans un environnement inconnu, immense et hostile. Motivés par des objectifs de conquêtes de territoires, d'âmes et de richesses,les aspirations  parentales pour leur postérité n'avaient pas de limites. Tout jeune encore, le courage du rejeton,sa curiosité et son désir d'aventure l'ont amené à découvrir l'immensité du continent, à l'aimer, à s'y adapter, à s'y faire des amis et à s'y installer. Puis d'autres ont convoité ces acquis et ont voulu se les accaparer. Après une longue succession de hasards, de bagarres, de victoires et d'échecs, le dernier épisode s'est joué en une demi-heure tout près de son lieu de naissance. Un des parents qui l'avait négligé l'a, dès lors, complètement abandonné. L'autre parent, quant à lui, réalisant la fragilité des accommodements accordés à des vaincus, voulut à tout prix garder l'âme de son enfant dans le giron de la foi catholique. Le moyen choisi pour y arriver fut de lui conserver à tout prix sa langue maternelle de façon à prévenir toute infiltration du protestantisme par l'usage de la langue du vainqueur. Ce comportement parental en fut un de sur-protection qui s'avéra d'une grande efficacité. Les nouveaux venus, désireux de tirer profit de leur victoire, ont bien tenté d'imprimer leur empreinte au point de faire disparaître toutes traces du passé, langue, religion et institutions comprises. Mais, trop peu nombreux et manquant à leur tour de moyens pour faire face à des envahisseurs du sud, ils ont dû obtempérer à leur volonté et négocier des accommodements pour que le rejeton canadien français et catholique devienne un allié qui les aide  à repousser ces envahisseurs.  Au terme d'une enfance soumise, l'adolescence a fini par se manifester. Ce fut la prise de conscience, la critique du parent, le désir d'affranchissement du passé . Souvent, l'enfant qu'il avait été fut jeté avec l'eau du bain. A surgi de toute part la volonté de brasser la cage, de se démarquer, de se signaler au monde, de se donner des défis, de montrer ses muscles, d'impressionner, de faire comme les grands, de se prouver, de solliciter l'appréciation des autres pour se rassurer, de faire l'essayage de différentes personnalités pour choisir ce qui conviendrait le mieux. Il y a même eu deux tentatives de fonder un vrai foyer et d'en devenir propriétaire. Alors que plusieurs nations ont mis des siècles à devenir adultes et souvent dans des bains de sang, l'adolescence du Québec a été le fruit, jusqu'à maintenant, d'une révolution tranquille. J'imagine mon Québec parfaire sa maturité en gagnant en sagesse, en détermination et en confiance, de façon qu'il puisse faire ses choix de façon autonome et qu'il ait la capacité de les assumer.
Après tout, n'est-ce pas ce qu'on souhaite pour ses enfants?

Jean-Marie Lalande,Lévis.




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