Le Québec imaginaire ou le meilleur des mondes, par François Roy

Réduire le texte Agrandir le texte Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Hervé Fischer

Date: mardi 20 novembre 2007 09:01



Le Québec imaginaire ou le meilleur des mondes

 

Je rêve d’un pays habité de sages. Ceux-ci auraient adopté un mode de vie parfaitement compatible avec la nature, l’homme ayant à nouveau retrouvé l’harmonie avec des écosystèmes équilibrés, riches d’une faune et d’une flore diversifiées. Il ne s’agit pas d’un retour à une ère de chasseurs-cueilleurs car la technologie, bien utilisée, s’insère certainement dans les dessins de l’évolution naturelle, si on peut lui prêter conscience. Je vois notre terre comme une biosphère florissante dont l’humain est le gardien. L’individualisme et le matérialisme seront des comportements oubliés en cours de route, lorsque le projet de société Réserve Écologique Humanisée du Québec aura pris son envol. Un système intégré de partage des biens et services et de rotation des tâches aplanira les iniquités et les frustrations sociales, éradiquant du même coup la convoitise et la violence préméditée. Le pouvoir de l’argent sera remplacé par le mérite honorifique du dévouement altruiste et des réalisations sociales, scientifiques, ou autres. La politique telle que nous la connaissons n’existera plus, les grands courants étant proposés par une assemblée de volontaires qui respecteront une nouvelle philosophie sociale, et débattus en consultations publiques. Lorsque cet équilibre harmonieux aura été atteint, les arts et les sciences connaîtront un nouvel essor. Le reste de la planète aura probablement déjà emboîté le pas, acculé au bord de crises environnementales et sociales sans précédent. La seule voie qui pourrait permettre ce virage à 180 degrés passe par l’éducation et de nouvelles valeurs, qui s’établiront sur quelques générations, à moins que notre environnement ne deviennent si invivable que les changements s’imposent d’eux mêmes, douloureusement.

 

Très idéaliste et naïf, à mille lieues de la réalité, j’en conviens. Il y a fort à parier qu’une initiative semblable verra le jour ailleurs avant qu’elle apparaisse chez nous. Malheureusement, il semble que notre instinct primitif nous pousse vers l’individualisme, comportement incompatible avec la taille de l’humanité. La manifestation de cet individualisme au Québec s’est amplifiée depuis la révolution tranquille, alors que l’Église a été remplacée par le matérialisme, avec comme conséquences à long terme une perte d’identité  et de fierté collectives, de qualité d’environnement. Il nous faut rapidement une nouvelle Institution inspirante et rassembleuse, basée sur un contexte concret et actuel, une philosophie laïque acceptable par toutes les cultures qui forment le Québec. Si on attend la catastrophe humanitaire globale pour tourner la page, il y a de fortes chances que la prochaine phase évolutive humaine suive le même scénario habituel : conquête – hégémonie – déclin – invasions barbares... sans jamais atteindre la sagesse et l’équilibre durable.




Aucun commentaire. Soyez le premier.

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


QUÉBEC IMAGINAIRE
Tous les billets
[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com