Schefferville, Québec et Montréal, Ottawa, par Marc A. Vallée

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Hervé Fischer

Date: lundi 05 novembre 2007 20:57



Québec réel et imaginaire? Quelle bonne question! L'un alimente l'autre. Comme je suis né au Québec (Schefferville, plus précisément), que j'y ai passé la plus grande partie de ma vie, entre Québec et Montréal, et que je vis maintenant à Ottawa, à cinquante ans, je me sens profondément interpelé par cette question. Le Québec réel, je le vis dans mes veines. C'est d'abord ce qui me manque en premier à Ottawa, c'est la langue française. Et puis, qu'est-ce qu'une langue, sinon une porte sur le monde, que ce soit la gastronomie, la politique, ou un autre domaine. Le monde, je l'ai d'abord appréhendé par le français. Et dans cette terre d'Amérique où l'anglais domine, mon âme est française. Je suis déchiré par ce dilemne. La fatigue du canadien-français d'Hubert Aquin n'y changera rien. Dans mon âme, le français et l'anglais se chamaillent, et ça dure depuis Hastings (1060).
 
Que pourrais-je dire de plus sur le Québec réel? Le territoire est si immense, les Québécoises et Québécois ont accompli tant depuis 400 ans. Aujourd'hui, je peux accéder au Québec réel de tants de façons, que ce soit par Internet populé de sites Québécois, que ce soit Radio-Canada, à qui reproche avec raison les canadiens-français d'être obnubilé par le Québec, que ce soit par le site du journal Le Devoir, ou tout simplement que je traverse la rivière, et voilà, je suis au Québec, je vis avec les Québécois, malgré ma plaque d'immatriculation de l'Ontario.
 
Et le Québec imaginaire? Il est d'abord dans les levés de soleil sur le fleuve Saint-Laurent, vus de Petite-Rivière-Saint-François d'où vient ma grand-mère maternelle. Dans ce petit village québécois, premier site de peuplement français dans Charlevoix, je me sens des racines. Ces racines ne sont plus concrètes, mais elles alimentent mon imaginaire, que ce soit de regarder le fleuve sans limites à l'horizon, ou les montagnes qui protègent le paysage. Je pourrais passer des heures à regarder le paysage de Charlevoix, comme je pourrais en passer à regarder le paysage à partir de la terrasse Dufferin ou de la Citadelle, juste voir l'ouverture du fleuve au pied du Cap Tourmente et de l'Ïle-d'Orléans.
 
Pour moi, c'est cela l'imaginaire du Québec! C'est une ouverture au monde ...
 
Marc A. Vallée



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