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La Louisiane veut des digues à la néerlandaise

12 janvier 2006  Actualités en société
Neeltje Jans, Pays-Bas — Les Néerlandais l'ont fait, l'Amérique peut et doit le faire: la sénatrice de la Louisiane, Mary Landrieu, manifestement impressionnée par le réseau de digues et de barrages des Pays-Bas, a souhaité hier la construction d'une barrière de protection similaire pour prévenir des catastrophes comme celle provoquée par l'ouragan Katrina.

«Il faut que les gens [aux États-Unis] réalisent qu'un tel système existe, que c'est possible», a déclaré Mme Landrieu lors d'un arrêt sur l'île artificielle de Neeltje Jans, créée pour faciliter la construction de ces digues en mer du Nord conçues pour résister à des tempêtes comme on n'en voit que tous les 10 000 ans.

Une délégation d'une cinquantaine de responsables américains, en particulier de la Louisiane, a entamé mardi une visite de trois jours aux Pays-Bas pour étudier comment se protège un pays dont près d'un tiers du territoire est en dessous du niveau de l'eau.

Elle a estimé que le coût du projet Delta néerlandais, 15,5 milliards d'euros au taux de 2006, ne représentait «pas tant d'argent que ça».

Ces 3500 km de digues et de barrages ont été construits après les inondations de 1953, lorsqu'une marée d'équinoxe combinée à une forte tempête venant du large a submergé une vaste partie du territoire au sud-ouest du pays, faisant plus de 2000 morts.

«Ici il y a le projet Delta, nous allons proposer le projet Golfe, a-t-elle lancé. Franchement, vu ce que la côte du Golfe génère comme argent, je ne vois pas ce qu'il y aurait d'anormal à prélever quelques pennies pour aider les gens à garder la tête hors de l'eau.»

L'ouragan Katrina, qui a ravagé les côtes du sud des États-Unis fin août, a fait plus de 1300 morts, ce qui en fait la catastrophe naturelle la plus dévastatrice de l'histoire du pays.

En 2004, les États-Unis ont dépensé 150 millions de dollars pour protéger la Louisiane des inondations, une bagatelle à côté du milliard d'euros que les Pays-Bas consacrent annuellement à la maintenance de leurs digues.

En début de journée, sous une pluie battante et dans un vent glacé, la délégation américaine avait visité le dernier élément du projet Delta, achevé au milieu des années 1990: la barrière de Measlandt, qui peut se refermer pour protéger le port de Rotterdam, le deuxième du monde, en cas de forte tempête.

Elle n'a encore jamais servi, mais elle est tout de même refermée chaque année pour vérifier son bon fonctionnement.
 
 
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