Le partage des savoirs
Photo : Agence France-Presse
Fred Dufour AFP
Le 2 décembre dernier, les 18e Entretiens du Centre Jacques Cartier prenaient leur envol à Lyon. Fidèles à la tradition, des centaines d'intervenants sociaux, économiques, culturels et scientifiques du Québec, de la France et d'ailleurs ont encore une fois cette année répondu à l'invitation. Une invitation au partage des savoirs toujours unique en son genre, selon le directeur du Centre Jacques Cartier et responsable de l'événement, Alain Bideau.
«L'originalité des Entretiens reste la même qu'à leurs débuts, affirme, convaincu, celui qui préside à leur destinée depuis plusieurs années déjà. Ils sont encore aujourd'hui un lieu privilégié de rencontres pour les représentants de quatre univers bien distincts, soit le monde économique, culturel, universitaire et social. Après toutes ces années, ils continuent de favoriser le mélange des genres et de faire se rencontrer des gens qui autrement auraient très peu d'occasions d'y arriver. C'est ce qui en fait un rendez-vous à part et qui confirme le succès obtenu d'une année à l'autre.»
Les chiffres tendent à donner raison à Alain Bideau. Depuis 1984, l'événement a de fait permis de donner la parole à plus de 10 000 conférenciers et d'offrir matière à réflexion à plus de 40 000 participants d'un peu partout dans le monde. Pour la seule édition 2005, c'est environ 650 conférenciers qui auront été mis à contribution. Partagée en 20 colloques distincts, la programmation, elle, aura permis de drainer dans son sillage plus de 2400 participants en provenance de 40 pays.
La diversité avant tout
Résultat de la mixité des organismes et individus mis à contribution, la diversité des sujets abordés se confirme d'ailleurs, elle aussi, d'une année à l'autre. Les 18e Entretiens n'ont pas fait exception à la règle. À preuve, soutient le directeur du Centre Jacques Cartier, «les cinq grands temps forts des rendez-vous 2005 ont permis de mettre en lumière des sujets forts différents».
Considéré comme le premier pôle d'attraction des Entretiens en 2005, le forum sur le gouvernement d'entreprise a par exemple permis, selon Alain Bideau, que «les regards des grands témoins de la France et du Québec se croisent sur les enjeux actuels de transparence, de responsabilité d'entreprise et d'actionnariat vécus par les milieux financiers et économiques. Il a permis que l'on discute des modèles et des façons de faire mis de l'avant tant en France qu'au Québec». Organisé autour de trois tables rondes, l'événement a donné la parole à une douzaine de personnalités du monde économique, de Louis L. Rocquet, président de Desjardins capital de risque, à Philippe Marcel, président de Adecco France, et Henri-Paul Rousseau, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Toujours dans la sphère économique, la 18e édition a donné la parole aux jeunes en faisant de l'entrepreneuriat le sujet des septièmes Rencontres jeunesse et étudiantes. Sous la gouverne de l'Office franco-québécois pour la jeunesse, l'événement a permis de voir de quelle manière, en France et au Québec, «les autorités ont fait en sorte de diffuser auprès des jeunes les valeurs d'entrepreneurship». Plus encore, du point de vue de Alain Bideau, «la rencontre ponctuée d'ateliers en groupe restreint a permis de créer des liens porteurs d'avenir entre jeunes Québécois et Rhônalpins».
Dans un tout autre ordre d'idées, les Entretiens ont aussi laissé place à des discussions fort animées autour des questions de la diversité culturelle et de la laïcité dans nos sociétés. La présence remarquée de Shirin Ebadi, avocate iranienne et prix Nobel de la paix 2003, a entre autres permis d'aborder la question de la perception de l'islam dans la société moderne. «De la loi française et son application nourrie du principe républicain français au principe démocratique québécois, tout a été dit», selon le directeur du Centre.
Finalement, aime à préciser Alain Bideau, le Centre «a encore une fois assumé son rôle de facilitateur en permettant à des scientifiques rhônalpins et québécois de se réunir pour parler de nanotechnologies et, surtout, de la manière dont elles peuvent venir en aide aux industries traditionnelles».
Préparer demain
Par-delà les colloques et conférences entendus, pour le directeur du Centre Jacques Cartier, la véritable plus-value des Entretiens réside toutefois dans leur capacité à faire naître des réseaux internationaux de collaboration. «Quand des recteurs du Québec et de la France se rencontrent dans le cadre des Entretiens et décident ensuite de signer des ententes de collaboration pour faciliter les échanges étudiants, tout le monde est gagnant. Même chose si des scientifiques français et québécois décident de développer des liens permanents entre eux ou que des universitaires choisissent de mettre leurs savoirs en commun pour publier un ouvrage. Au fil des années, environ 75 % des colloques organisés ont fini par mener à la publication d'un ouvrage. C'est concret et ça contribue à faire rayonner les savoirs. C'est ce sur quoi il nous faut miser pour l'avenir.»
Après avoir célébré ses 20 ans d'existence en 2004, le Centre Jacques Cartier amorce en 2006 un vaste exercice de réflexion stratégique. «Nous voulons intéresser les jeunes générations aux Entretiens. Il nous faut faire en sorte qu'ils les connaissent, les fréquentent et les alimentent. Ce sont les décideurs économiques, universitaires, politiques et sociaux de demain. Nous devons les rejoindre. La réflexion que nous allons mener devrait nous permettre de se projeter jusqu'en 2015. Il faut voir loin.»
«L'originalité des Entretiens reste la même qu'à leurs débuts, affirme, convaincu, celui qui préside à leur destinée depuis plusieurs années déjà. Ils sont encore aujourd'hui un lieu privilégié de rencontres pour les représentants de quatre univers bien distincts, soit le monde économique, culturel, universitaire et social. Après toutes ces années, ils continuent de favoriser le mélange des genres et de faire se rencontrer des gens qui autrement auraient très peu d'occasions d'y arriver. C'est ce qui en fait un rendez-vous à part et qui confirme le succès obtenu d'une année à l'autre.»
Les chiffres tendent à donner raison à Alain Bideau. Depuis 1984, l'événement a de fait permis de donner la parole à plus de 10 000 conférenciers et d'offrir matière à réflexion à plus de 40 000 participants d'un peu partout dans le monde. Pour la seule édition 2005, c'est environ 650 conférenciers qui auront été mis à contribution. Partagée en 20 colloques distincts, la programmation, elle, aura permis de drainer dans son sillage plus de 2400 participants en provenance de 40 pays.
La diversité avant tout
Résultat de la mixité des organismes et individus mis à contribution, la diversité des sujets abordés se confirme d'ailleurs, elle aussi, d'une année à l'autre. Les 18e Entretiens n'ont pas fait exception à la règle. À preuve, soutient le directeur du Centre Jacques Cartier, «les cinq grands temps forts des rendez-vous 2005 ont permis de mettre en lumière des sujets forts différents».
Considéré comme le premier pôle d'attraction des Entretiens en 2005, le forum sur le gouvernement d'entreprise a par exemple permis, selon Alain Bideau, que «les regards des grands témoins de la France et du Québec se croisent sur les enjeux actuels de transparence, de responsabilité d'entreprise et d'actionnariat vécus par les milieux financiers et économiques. Il a permis que l'on discute des modèles et des façons de faire mis de l'avant tant en France qu'au Québec». Organisé autour de trois tables rondes, l'événement a donné la parole à une douzaine de personnalités du monde économique, de Louis L. Rocquet, président de Desjardins capital de risque, à Philippe Marcel, président de Adecco France, et Henri-Paul Rousseau, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Toujours dans la sphère économique, la 18e édition a donné la parole aux jeunes en faisant de l'entrepreneuriat le sujet des septièmes Rencontres jeunesse et étudiantes. Sous la gouverne de l'Office franco-québécois pour la jeunesse, l'événement a permis de voir de quelle manière, en France et au Québec, «les autorités ont fait en sorte de diffuser auprès des jeunes les valeurs d'entrepreneurship». Plus encore, du point de vue de Alain Bideau, «la rencontre ponctuée d'ateliers en groupe restreint a permis de créer des liens porteurs d'avenir entre jeunes Québécois et Rhônalpins».
Dans un tout autre ordre d'idées, les Entretiens ont aussi laissé place à des discussions fort animées autour des questions de la diversité culturelle et de la laïcité dans nos sociétés. La présence remarquée de Shirin Ebadi, avocate iranienne et prix Nobel de la paix 2003, a entre autres permis d'aborder la question de la perception de l'islam dans la société moderne. «De la loi française et son application nourrie du principe républicain français au principe démocratique québécois, tout a été dit», selon le directeur du Centre.
Finalement, aime à préciser Alain Bideau, le Centre «a encore une fois assumé son rôle de facilitateur en permettant à des scientifiques rhônalpins et québécois de se réunir pour parler de nanotechnologies et, surtout, de la manière dont elles peuvent venir en aide aux industries traditionnelles».
Préparer demain
Par-delà les colloques et conférences entendus, pour le directeur du Centre Jacques Cartier, la véritable plus-value des Entretiens réside toutefois dans leur capacité à faire naître des réseaux internationaux de collaboration. «Quand des recteurs du Québec et de la France se rencontrent dans le cadre des Entretiens et décident ensuite de signer des ententes de collaboration pour faciliter les échanges étudiants, tout le monde est gagnant. Même chose si des scientifiques français et québécois décident de développer des liens permanents entre eux ou que des universitaires choisissent de mettre leurs savoirs en commun pour publier un ouvrage. Au fil des années, environ 75 % des colloques organisés ont fini par mener à la publication d'un ouvrage. C'est concret et ça contribue à faire rayonner les savoirs. C'est ce sur quoi il nous faut miser pour l'avenir.»
Après avoir célébré ses 20 ans d'existence en 2004, le Centre Jacques Cartier amorce en 2006 un vaste exercice de réflexion stratégique. «Nous voulons intéresser les jeunes générations aux Entretiens. Il nous faut faire en sorte qu'ils les connaissent, les fréquentent et les alimentent. Ce sont les décideurs économiques, universitaires, politiques et sociaux de demain. Nous devons les rejoindre. La réflexion que nous allons mener devrait nous permettre de se projeter jusqu'en 2015. Il faut voir loin.»
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