Québec - Avantages énergétiques
L'éolien et le géothermique à la rescousse
Le Québec est un bon élève au plan de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), estime Thomas Mulcair, ministre québécois de l'Environnement (MDDEP). La stratégie québécoise en ce domaine s'opère par divers canaux. Le ministre Mulcair nous en parle.
Ce n'est pas un hasard si les Québécois produisent deux fois moins de GES que l'ensemble des Canadiens, soutient le ministre Mulcair. De 1990 à 2003, les émissions québécoises de GES ont augmenté de 6,6 %, tandis qu'au Canada cette hausse est de 24 %, selon les données du MDDEP.
Cette bonne performance découle d'un choix «historique» qui a misé sur la production d'hydroélectricité. Qui plus est, dit-il, ce choix historique ou politique en matière de ressources renouvelables est appuyé par la filière éolienne depuis quelques années. Le Québec se dirige d'ailleurs tout droit vers une production d'énergie éolienne de 3500 MW, «ce qui fera de nous un "leader" en Amérique du Nord dans ce secteur d'énergie».
La nouvelle stratégie du ministre Mulcair consistant à réduire les GES cible notamment le développement du transport en commun. «Je pense au train de banlieue électrifié, par exemple. De plus — et afin de donner l'exemple —, nous comptons réduire les émanations de GES en provenance du parc immobilier et automobile du gouvernement.»
Sous peu, deux nouveaux projets de règlement vont également donner corps à la stratégie de M. Mulcair.
Nouvelles normes
Premièrement, le projet de règlement sur les normes environnementales applicables aux véhicules lourds, qui aura force de loi en janvier prochain, a pour objet d'établir des normes pour des véhicules dont la masse nette est supérieure à 3000 kg et qui fonctionnent au diesel, à l'essence ou au gaz. Ces normes portent sur les appareils et les systèmes antipollution de ces véhicules ainsi que sur le contrôle des émissions polluantes qui en proviennent. Le contrôle sur route du respect de ces normes sera effectué par les contrôleurs routiers de la Société de l'assurance automobile du Québec. Le non-respect de ces normes entraînera des amendes, l'obligation de réparer le véhicule et un contrôle subséquent dans un établissement accrédité par le MDDEP.
Les véhicules lourds «peuvent être responsables de quelque 75 % des particules» qui sont à l'origine du smog, illustre le ministre. La mise en application d'une telle législation vise à réduire quelque 100 000 tonnes de GES sur une base annuelle.
Deuxièmement, le projet de règlement sur l'assainissement de l'atmosphère — lequel règlement d'origine, datant de 1979, nécessitait une sérieuse cure de Jouvence — vise la réduction et le contrôle des rejets de contaminants en vue de protéger davantage la qualité de l'atmosphère et, par conséquent, la santé humaine et les écosystèmes, selon la documentation officielle. Le processus des consultations à cet égard est déjà en cours, et le nouveau règlement devrait entrer en vigueur au printemps prochain, laisse entendre le ministre Mulcair.
À ces axes d'intervention, il faut ajouter la géothermie. «La Société immobilière vient d'ouvrir un nouveau palais de justice à Mont-Laurier qui sera chauffé à l'énergie géothermique.» Beau projet que celui-là, sauf que la bataille n'est pas gagnée d'avance. Car, à terme, il s'agit de convaincre le milieu financier que le fait de délier les cordons de leur bourse à des fins de prêts hypothécaires pour la construction de ce type de bâtiment en vaut la chandelle, même si son financement «coûte un peu plus cher».
Kyoto débattu
Cela dit, la marche vers le respect des principes établis dans le protocole de Kyoto n'est pas un chemin de fleurs. Plusieurs scientifiques et pays s'y opposent, au premier chef les États-Unis. Pour d'autres, le dérèglement du climat commande des actions fortes.
Le ministre Mulcair s'étonne de constater qu'il «existe encore des gens» qui remettent en question la thèse selon laquelle les GES sont à l'origine du réchauffement climatique. Or, le 29 novembre, l'Institut économique de Montréal organise à l'hôtel Ritz-Carlton un débat entre le professeur et scientifique Ian Clark et Thomas Mulcair. Les échanges porteront principalement sur le réchauffement de la planète
et sur la pertinence des objectifs de Kyoto.
Le professeur Ian Clark «allègue qu'il n'existe pas de science valable qui soit à la base du protocole de Kyoto», laisse tomber M. Mulcair en ajoutant que «les meilleurs scientifiques» disent tout le contraire.
Nous avons joint le professeur Clark à ses bureaux de l'Université d'Ottawa pour qu'il puisse défendre son point de vue. «Les bases scientifiques du protocole de Kyoto n'ont jamais été établies. Il y a certes des théories, des suppositions», mais sans fondements véritables, juge le professeur, en ajoutant que ce protocole ne mènera à rien. D'autant plus que son application «ruinerait notre économie. On ne peut pas justifier de telles sommes [chiffrées en millions de dollars] pour des solutions qui résulteraient en peu de chose, sinon en rien du tout pour un problème qui n'a jamais été démontré».
«Le phénomène des changements climatiques existe bel et bien, admet le professeur Clark, mais de tout temps le climat a changé et on n'y peut rien. Le climat possède des forces naturelles, et le gaz carbonique n'est qu'une composante du système climatique. On ne connaît pas le rôle du gaz carbonique [sur les changements climatiques ou, mieux, sur le réchauffement de la planète] et il n'y a rien que l'on puisse faire.»
Le seul fait que certains pays «jouent à l'autruche» dans ce dossier, reprend le ministre Mulcair, a des incidences sur l'ensemble des territoires car «c'est un problème planétaire. Et pour la première fois de son histoire, la planète [moins les pays réfractaires] essaie à tout le moins de trouver une réponse commune afin de contrôler et, dans la mesure du possible, de renverser les problèmes» découlant des activités anthropiques, observe M. Mulcair.
Collaborateur du Devoir
Ce n'est pas un hasard si les Québécois produisent deux fois moins de GES que l'ensemble des Canadiens, soutient le ministre Mulcair. De 1990 à 2003, les émissions québécoises de GES ont augmenté de 6,6 %, tandis qu'au Canada cette hausse est de 24 %, selon les données du MDDEP.
Cette bonne performance découle d'un choix «historique» qui a misé sur la production d'hydroélectricité. Qui plus est, dit-il, ce choix historique ou politique en matière de ressources renouvelables est appuyé par la filière éolienne depuis quelques années. Le Québec se dirige d'ailleurs tout droit vers une production d'énergie éolienne de 3500 MW, «ce qui fera de nous un "leader" en Amérique du Nord dans ce secteur d'énergie».
La nouvelle stratégie du ministre Mulcair consistant à réduire les GES cible notamment le développement du transport en commun. «Je pense au train de banlieue électrifié, par exemple. De plus — et afin de donner l'exemple —, nous comptons réduire les émanations de GES en provenance du parc immobilier et automobile du gouvernement.»
Sous peu, deux nouveaux projets de règlement vont également donner corps à la stratégie de M. Mulcair.
Nouvelles normes
Premièrement, le projet de règlement sur les normes environnementales applicables aux véhicules lourds, qui aura force de loi en janvier prochain, a pour objet d'établir des normes pour des véhicules dont la masse nette est supérieure à 3000 kg et qui fonctionnent au diesel, à l'essence ou au gaz. Ces normes portent sur les appareils et les systèmes antipollution de ces véhicules ainsi que sur le contrôle des émissions polluantes qui en proviennent. Le contrôle sur route du respect de ces normes sera effectué par les contrôleurs routiers de la Société de l'assurance automobile du Québec. Le non-respect de ces normes entraînera des amendes, l'obligation de réparer le véhicule et un contrôle subséquent dans un établissement accrédité par le MDDEP.
Les véhicules lourds «peuvent être responsables de quelque 75 % des particules» qui sont à l'origine du smog, illustre le ministre. La mise en application d'une telle législation vise à réduire quelque 100 000 tonnes de GES sur une base annuelle.
Deuxièmement, le projet de règlement sur l'assainissement de l'atmosphère — lequel règlement d'origine, datant de 1979, nécessitait une sérieuse cure de Jouvence — vise la réduction et le contrôle des rejets de contaminants en vue de protéger davantage la qualité de l'atmosphère et, par conséquent, la santé humaine et les écosystèmes, selon la documentation officielle. Le processus des consultations à cet égard est déjà en cours, et le nouveau règlement devrait entrer en vigueur au printemps prochain, laisse entendre le ministre Mulcair.
À ces axes d'intervention, il faut ajouter la géothermie. «La Société immobilière vient d'ouvrir un nouveau palais de justice à Mont-Laurier qui sera chauffé à l'énergie géothermique.» Beau projet que celui-là, sauf que la bataille n'est pas gagnée d'avance. Car, à terme, il s'agit de convaincre le milieu financier que le fait de délier les cordons de leur bourse à des fins de prêts hypothécaires pour la construction de ce type de bâtiment en vaut la chandelle, même si son financement «coûte un peu plus cher».
Kyoto débattu
Cela dit, la marche vers le respect des principes établis dans le protocole de Kyoto n'est pas un chemin de fleurs. Plusieurs scientifiques et pays s'y opposent, au premier chef les États-Unis. Pour d'autres, le dérèglement du climat commande des actions fortes.
Le ministre Mulcair s'étonne de constater qu'il «existe encore des gens» qui remettent en question la thèse selon laquelle les GES sont à l'origine du réchauffement climatique. Or, le 29 novembre, l'Institut économique de Montréal organise à l'hôtel Ritz-Carlton un débat entre le professeur et scientifique Ian Clark et Thomas Mulcair. Les échanges porteront principalement sur le réchauffement de la planète
et sur la pertinence des objectifs de Kyoto.
Le professeur Ian Clark «allègue qu'il n'existe pas de science valable qui soit à la base du protocole de Kyoto», laisse tomber M. Mulcair en ajoutant que «les meilleurs scientifiques» disent tout le contraire.
Nous avons joint le professeur Clark à ses bureaux de l'Université d'Ottawa pour qu'il puisse défendre son point de vue. «Les bases scientifiques du protocole de Kyoto n'ont jamais été établies. Il y a certes des théories, des suppositions», mais sans fondements véritables, juge le professeur, en ajoutant que ce protocole ne mènera à rien. D'autant plus que son application «ruinerait notre économie. On ne peut pas justifier de telles sommes [chiffrées en millions de dollars] pour des solutions qui résulteraient en peu de chose, sinon en rien du tout pour un problème qui n'a jamais été démontré».
«Le phénomène des changements climatiques existe bel et bien, admet le professeur Clark, mais de tout temps le climat a changé et on n'y peut rien. Le climat possède des forces naturelles, et le gaz carbonique n'est qu'une composante du système climatique. On ne connaît pas le rôle du gaz carbonique [sur les changements climatiques ou, mieux, sur le réchauffement de la planète] et il n'y a rien que l'on puisse faire.»
Le seul fait que certains pays «jouent à l'autruche» dans ce dossier, reprend le ministre Mulcair, a des incidences sur l'ensemble des territoires car «c'est un problème planétaire. Et pour la première fois de son histoire, la planète [moins les pays réfractaires] essaie à tout le moins de trouver une réponse commune afin de contrôler et, dans la mesure du possible, de renverser les problèmes» découlant des activités anthropiques, observe M. Mulcair.
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