CPE: les parents seraient victimes d'une «campagne de terreur»
Le Conseil québécois des centres de la petite enfance accuse l'association adverse de prendre les enfants et les parents en otages
21 novembre 2005
Actualités en société
Photo : Jacques Nadeau
Selon le Conseil québécois des centres de la petite enfance, la «désinformation» répandue tant chez les parents qu’auprès des responsables de services de garde ne fait qu’accroître le sentiment d’inquiétude et d’insécurité engendré pa
Québec — Les parents et les responsables de services de garde seraient victimes présentement d'une véritable «campagne de terreur» visant à tuer dans l'oeuf le projet de loi 124, selon le Conseil québécois des centres de la petite enfance (CQCPE).
Le projet de loi, qui annonce une refonte controversée des services de garde, a eu pour effet de polariser en deux camps les regroupements issus du milieu des centres de la petite enfance (CPE).
Sans jamais la nommer directement, la présidente du conseil, Sylvie Gingras, montre du doigt l'autre regroupement qui représente les employeurs des CPE, soit l'Association québécoise des CPE, dirigée par Hélène Potvin.
«Je trouve ça dommage qu'on prenne les enfants et les parents en otages», a raconté Mme Gingras, cette semaine, lors d'un entretien téléphonique à La Presse Canadienne, en se montrant «très offusquée de la campagne de terreur» menée actuellement auprès d'eux.
Selon elle, la «désinformation» répandue tant chez les parents qu'auprès des responsables de services de garde ne fait qu'accroître le sentiment d'inquiétude et d'insécurité engendré par le projet de réforme gouvernementale.
«J'entends à la radio des parents qui ont de la peine, qui pleurent, qui ont la crainte épouvantable de perdre leur centre de la petite enfance, de perdre leur place», déplore-t-elle.
Elle raconte que tous les jours des gens l'approchent pour lui dire que «telle responsable de services de garde trouve cela épouvantable parce qu'elle va être obligée d'ouvrir
14 heures par jour, qu'elle va peut-être perdre son accréditation».
«Il y a un bouleversement épouvantable» dans le milieu, assure Mme Gingras, qui juge tout ce boucan non pertinent, car «des fermetures de services il n'y en aura pas!»
Deux groupes rivaux
Il faut savoir que le conseil et l'AQCPE ont des vues diamétralement opposées sur le projet de loi 124 et que ce différend masque une rivalité profonde entre les deux regroupements.
Les deux groupes rivalisent pour obtenir le financement gouvernemental et compter sur l'appui du milieu.
L'AQCPE a déposé récemment une plainte au vérificateur général pour contester l'octroi, par le ministère de la Famille, d'une subvention de 98 250 $ au Conseil, estimant qu'il n'était pas légalement admissible à une telle aide financière, n'ayant pas le nombre de membres nécessaire. Le ministère conteste cette interprétation de la loi.
Quant à lui, le conseil estime avoir suivi les règles du jeu, et dit vouloir éviter une «guéguerre» entre les deux groupes. Une source au sein de l'organisme qualifie cependant l'initiative de «règlement de comptes».
«La dernière chose dont les enfants et les parents ont besoin, c'est de penser que des structures provinciales peuvent se battre», dit par ailleurs Mme Gingras, convaincue qu'il y a «de la place pour les deux».
Pendant ce temps, l'association nie toute rivalité entre les deux regroupements. «Ce n'est pas ça, mais pas du tout. Il n'y a pas d'intérêt corporatiste dans tout ça, assure la porte-parole de l'AQCPE, Violaine Ouellette. Le Conseil québécois ne représente pas une menace pour nous.»
L'AQCPE compte 700 membres et le CQCPE seulement 150, ce qui semble le déclasser au chapitre de la représentativité.
Sauf que le conseil fait valoir qu'il n'a été fondé que récemment — en mai 2004 — et qu'il est le seul à recruter directement et volontairement les CPE. Le conseil a été fondé par Francine Lessard, qui avait aussi été à l'origine de l'AQCPE.
Cette dernière, née en 2002 de la fusion de deux organisations de garderies populaires et familiales, chapeaute en fait des regroupements régionaux, l'adhésion des CPE de ces régions à l'association étant donc automatique.
En chemin, l'association a perdu quelques joueurs. Trois regroupements régionaux — ceux de l'Outaouais, de la Mauricie et Laval — chapeautant quelques dizaines de CPE se sont retirés de l'AQCPE.
Le projet de loi 124 vise d'abord à accroître la flexibilité du réseau, en permettant aux CPE d'offrir des horaires atypiques, le soir et le week-end, de même qu'à revoir la gouvernance du réseau en créant des «bureaux coordonnateurs» chargés de gérer les garderies familiales, actuellement sous la tutelle des CPE.
Le projet de loi, qui annonce une refonte controversée des services de garde, a eu pour effet de polariser en deux camps les regroupements issus du milieu des centres de la petite enfance (CPE).
Sans jamais la nommer directement, la présidente du conseil, Sylvie Gingras, montre du doigt l'autre regroupement qui représente les employeurs des CPE, soit l'Association québécoise des CPE, dirigée par Hélène Potvin.
«Je trouve ça dommage qu'on prenne les enfants et les parents en otages», a raconté Mme Gingras, cette semaine, lors d'un entretien téléphonique à La Presse Canadienne, en se montrant «très offusquée de la campagne de terreur» menée actuellement auprès d'eux.
Selon elle, la «désinformation» répandue tant chez les parents qu'auprès des responsables de services de garde ne fait qu'accroître le sentiment d'inquiétude et d'insécurité engendré par le projet de réforme gouvernementale.
«J'entends à la radio des parents qui ont de la peine, qui pleurent, qui ont la crainte épouvantable de perdre leur centre de la petite enfance, de perdre leur place», déplore-t-elle.
Elle raconte que tous les jours des gens l'approchent pour lui dire que «telle responsable de services de garde trouve cela épouvantable parce qu'elle va être obligée d'ouvrir
14 heures par jour, qu'elle va peut-être perdre son accréditation».
«Il y a un bouleversement épouvantable» dans le milieu, assure Mme Gingras, qui juge tout ce boucan non pertinent, car «des fermetures de services il n'y en aura pas!»
Deux groupes rivaux
Il faut savoir que le conseil et l'AQCPE ont des vues diamétralement opposées sur le projet de loi 124 et que ce différend masque une rivalité profonde entre les deux regroupements.
Les deux groupes rivalisent pour obtenir le financement gouvernemental et compter sur l'appui du milieu.
L'AQCPE a déposé récemment une plainte au vérificateur général pour contester l'octroi, par le ministère de la Famille, d'une subvention de 98 250 $ au Conseil, estimant qu'il n'était pas légalement admissible à une telle aide financière, n'ayant pas le nombre de membres nécessaire. Le ministère conteste cette interprétation de la loi.
Quant à lui, le conseil estime avoir suivi les règles du jeu, et dit vouloir éviter une «guéguerre» entre les deux groupes. Une source au sein de l'organisme qualifie cependant l'initiative de «règlement de comptes».
«La dernière chose dont les enfants et les parents ont besoin, c'est de penser que des structures provinciales peuvent se battre», dit par ailleurs Mme Gingras, convaincue qu'il y a «de la place pour les deux».
Pendant ce temps, l'association nie toute rivalité entre les deux regroupements. «Ce n'est pas ça, mais pas du tout. Il n'y a pas d'intérêt corporatiste dans tout ça, assure la porte-parole de l'AQCPE, Violaine Ouellette. Le Conseil québécois ne représente pas une menace pour nous.»
L'AQCPE compte 700 membres et le CQCPE seulement 150, ce qui semble le déclasser au chapitre de la représentativité.
Sauf que le conseil fait valoir qu'il n'a été fondé que récemment — en mai 2004 — et qu'il est le seul à recruter directement et volontairement les CPE. Le conseil a été fondé par Francine Lessard, qui avait aussi été à l'origine de l'AQCPE.
Cette dernière, née en 2002 de la fusion de deux organisations de garderies populaires et familiales, chapeaute en fait des regroupements régionaux, l'adhésion des CPE de ces régions à l'association étant donc automatique.
En chemin, l'association a perdu quelques joueurs. Trois regroupements régionaux — ceux de l'Outaouais, de la Mauricie et Laval — chapeautant quelques dizaines de CPE se sont retirés de l'AQCPE.
Le projet de loi 124 vise d'abord à accroître la flexibilité du réseau, en permettant aux CPE d'offrir des horaires atypiques, le soir et le week-end, de même qu'à revoir la gouvernance du réseau en créant des «bureaux coordonnateurs» chargés de gérer les garderies familiales, actuellement sous la tutelle des CPE.
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