L'agneau de Charlevoix, première appellation contrôlée
Photo : Agence Reuters
Les éleveurs de Charlevoix produisent environ 900 agneaux par an.
Baie-Saint-Paul — Petit matin frisquet et brumeux dans les terres de Charlevoix. Appuyé sur une palissade, dos à un conclave de brebis bêlantes, Donald Tremblay a les oreilles remplies par les musiques pop de CIHO FM, la radio du coin, qui joue à tue-tête dans la bergerie, et les yeux illuminés par l'optimisme. «C'est très excitant ce qui nous arrive en ce moment, lance le jeune éleveur dans la quarantaine. Tout est prêt ici. Dès que le label apparaît, j'augmente la taille de mon troupeau!»
L'ambition, résumée en un panorama rapide des projets d'agrandissement, est aussi palpable que chiffrable: d'ici un an, près de 200 nouvelles brebis pourraient faire leur entrée dans sa ferme du rang Sainte-Croix, à Saint-Hilarion, située au milieu d'un paysage bucolique propre à la région. Le tout pour un cheptel total approchant les 400 têtes qui, l'air de rien, vont en choeur chanter une petite révolution dans le monde agricole.
Et pas la moindre! Après 10 ans de travail acharné, de rencontres avec des fonctionnaires provinciaux, de production de paperasse en tout genre et d'assemblées de cuisine, les producteurs d'agneau de Charlevoix sont désormais tout près de voir un rêve un peu fou se concrétiser: les 900 agneaux qui sortent bon an mal an de leurs bergeries devraient en effet, d'ici quelques mois, devenir les tout premiers produits du terroir reconnus officiellement par la Loi sur les appellations réservées... avec, sur le dos, une indication géographique protégée (IGP), version locale et édulcorée des appellations d'origine contrôlée largement répandues en Europe. Une première tant au Québec que sur tout le continent nord-américain.
«C'est historique, lance Lucie Cadieux, éleveur dans le village des Éboulements. Ce n'est plus qu'une question de temps. Tous les papiers sont en ordre. Le dossier est sur le bureau du ministre de l'Agriculture. Il ne manque plus que son approbation.»
Conjurer le sort
La signature de l'acte de naissance est attendue avec impatience par la bergère, agronome de son état, qui a fait entrer avec une détermination sans borne les éleveurs de sa région dans la folle et interminable aventure de l'IGP. C'était en 1996. «L'agriculture était en chute libre ici, explique-t-elle du fond de sa cuisine tout en mettant un poulet au four. En 15 ans, nous avions perdu 60 % de nos exploitations agricoles. Il fallait réagir. Du côté de l'Europe, plusieurs appellations d'origine contrôlée avaient sorti des régions complètes de la dèche. En empruntant cette voie, j'étais persuadée que Charlevoix pouvait connaître le même sort.»
À l'époque, stimulé par l'agrotourisme naissant, l'agneau de Charlevoix prend doucement ses marques dans l'univers des produits dits du terroir. Issu d'élevages de petite taille sortant de l'ordinaire agro-industriel, mis en vente exclusivement à la ferme pendant la saison estivale et surtout loin des géants de la distribution alimentaire uniformisée, l'animal, qui surfe alors sur la vague des peurs alimentaires du moment, a tout pour connaître la gloire. Et les abuseurs de tendance, forcément, n'étaient pas très loin.
«Avec la popularité, la contrefaçon a commencé à faire son apparition, se souvient Mme Cadieux. L'agneau de Charlevoix était vendu principalement à des touristes de passage, à des gens du coin et à une poignée d'auberges de la région. Mais il arrivait régulièrement qu'on en trouve dans des restaurants partout au Québec avec lesquels nous ne faisions pas affaire. L'agneau y était même sur la carte à longueur d'année, chose impossible vu nos volumes et le caractère saisonnier de notre production. J'ai même reçu un jour un fax d'un restaurateur français qui me félicitait pour la qualité de mon agneau qu'il vendait chez lui... et qui bien sûr ne provenait pas d'ici puisque nous n'avons pas les autorisations nécessaires pour exporter.»
L'anecdote a de quoi faire sourire... sauf bien sûr le Regroupement des producteurs d'agneau de Charlevoix. Cette association réunit 10 des 15 éleveurs de la région, résolus à mettre un terme à cette falsification néfaste de leur terroir et à la circulation sur le marché d'agneaux venant de la Beauce, de la Montérégie ou pourquoi pas des Laurentides avec une étiquette — et un prix plus élevé — qu'ils ne méritent certainement pas.
«Il fallait protéger notre production, mais aussi protéger le consommateur, résume Alain Simard, un éleveur de Baie-Saint-Paul. Et dans ce contexte, l'IGP s'est présentée à nous comme une solution incontournable.»
Une production encadrée
Une fois le feu vert donné par Québec, la donne devrait effectivement changer... ouvrant ainsi la porte, selon les termes de la loi, à des poursuites contre les éventuels usurpateurs d'identité ovine. Chose impossible en ce moment, alors que l'appellation «de Charlevoix» peut être mise à toutes les sauces... en infraction avec le règlement sur l'étiquetage de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), qui avoue ne pas consacrer trop d'énergie à surveiller et à sanctionner ce genre «d'erreurs» d'étiquetage «qui ne font pas courir de risques pour la santé», dit un porte-parole.
En vertu de l'encadrement juridique proposé par Québec, toutefois, ne pourra pas s'afficher agneau de Charlevoix qui veut. L'IGP s'accompagne en effet de règles strictes de production contenues dans un cahier des charges (une sorte de manuel d'élevage) élaboré en collaboration avec le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). Chaque producteur doit les respecter, sous surveillance régulière, pour apposer sur ses produits les noms «agneau de Charlevoix», les trois lettres de la certification (IGP) ainsi qu'un logo sur lequel le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) planche toujours pour permettre à l'avenir aux consommateurs de distinguer le vrai du faux terroir.
En substance, les normes liées à cette IGP exigent que les petites bêtes soient nées, élevées et transformées dans l'une des 13 municipalités de la région de Charlevoix. Et pas ailleurs. Les éleveurs ont aussi l'obligation d'être propriétaires de leur troupeau, dont la taille ne peut pas dépasser les 500 têtes. «Nous ne sommes pas dans l'élevage intensif, ici», résume Christiane Pilote, qui produit avec son mari des gigots, des côtelettes et des carrés d'agneau à Baie-Saint-Paul.
Ses bêtes ne mangent d'ailleurs que de bonnes choses, jure-t-elle. Le cahier des charges impose en effet aux éleveurs de nourrir les agneaux au lait de brebis pendant les 60 premiers jours de leur vie. Le menu par la suite est composé uniquement d'orge, d'avoine et de fourrage provenant exclusivement de la région.
«Contrairement au reste de la province, on ne retrouve pas de maïs dans la ration puisque cette plante ne pousse pas ici, dit Lucie Cadieux. Cette distinction a un impact sur la couleur et le grain de la viande, mais aussi sur la croissance de l'animal», qui arrive à la porte de l'abattoir avec un poids plus faible — 17 kilos au lieu des 22 kilos généralement rencontrés dans l'industrie — malgré un âge plus élevé de quelques semaines par rapport aux autres agneaux de la province.
Pour ce qui est du plaisir gustatif, toutefois, la bergère évite de se mouiller, rappelant plutôt que ces choses-là sont «question de goût». «Mais quand on voit des gens de Montréal faire le voyage pour se procurer de nos agneaux, on se dit que ça ne doit pas être si mal comme produit», résume-t-elle.
Séduction et confusion
Marqué par sa région — elle-même marquée par l'impact d'une météorite géante qui a façonné ses courbes il y a 360 millions d'années, peut-on lire en introduction du cahier des charges —, l'agneau de Charlevoix, avec son régime alimentaire atypique, a donc tout pour séduire les gastronomes qui aiment gratter les fonds de terroirs. Au prix peut-être de quelques mythes que l'air du temps ne fait qu'entretenir.
On le dit parfois biologique, à tort. L'indication géographique protégée ne certifie pas cette caractéristique que plusieurs organismes de certification ont la charge d'encadrer au Québec. Il ne revendique d'ailleurs pas d'appartenance à ce pan de l'agriculture tout comme il ne prétend pas être, contrairement à la croyance populaire, un «agneau de pré-salé», un autre type d'agneau, sans IGP pour le moment, que l'on croise généralement sur l'île Verte, de l'autre côté du Saint-Laurent, dans la région du Bas-du-Fleuve.
«La confusion est inévitable, indique Lucie Cadieux. La notion de terroir est encore très nouvelle au Québec et nous comptons d'ailleurs sur le MAPAQ pour orchestrer bien vite des campagnes d'information sur les appellations réservées afin d'aider les consommateurs à s'y retrouver.»
La chose n'est pas encore au programme du ministère. La Fédération des producteurs d'agneau et de mouton du Québec n'a pas non plus l'intention de mettre son nez dans ce dossier régional, elle qui avoue candidement ne pas avoir de «position claire» quant à l'apparition du premier IGP au Québec sur des agneaux. «Mais nous voyons tout de même ça d'un très bon oeil, assure Marie-Ève Tremblay, directrice générale du regroupement provincial d'éleveurs. L'agneau de Charlevoix va certainement aider à positionner davantage l'agneau du Québec sur le marché [envahi depuis des années par des agneaux de Nouvelle-Zélande, qui occupent 60 % du terrain]. En envoyant aux consommateurs, depuis Charlevoix, un message de qualité à propos de l'agneau produit ici, tout le monde devrait en profiter.»
Donald Tremblay, président du regroupement des éleveurs, le croit aussi. Mais il préfère pour le moment se concentrer sur son jardin, que le premier IGP du Québec devrait sans doute rendre encore plus fertile. «Cela va être un outil incroyable de développement régional, dit-il. Bien sûr, les élevages existants, comme le mien, vont prendre de l'expansion. Mais il y a des chances aussi de voir de nouveaux producteurs apparaître, dans les limites imposées par la région bien sûr [dont les terres agricoles sont assez rares]. Quant à la relève agricole, elle va pouvoir envisager l'avenir avec plus d'optimisme en espérant enfin pouvoir vivre de ses troupeaux.» Une vie rendue meilleure par un label au potentiel commercial intéressant et par la majoration de 10 % des prix de vente de l'agneau envisagée à court terme par les éleveurs.
L'ambition, résumée en un panorama rapide des projets d'agrandissement, est aussi palpable que chiffrable: d'ici un an, près de 200 nouvelles brebis pourraient faire leur entrée dans sa ferme du rang Sainte-Croix, à Saint-Hilarion, située au milieu d'un paysage bucolique propre à la région. Le tout pour un cheptel total approchant les 400 têtes qui, l'air de rien, vont en choeur chanter une petite révolution dans le monde agricole.
Et pas la moindre! Après 10 ans de travail acharné, de rencontres avec des fonctionnaires provinciaux, de production de paperasse en tout genre et d'assemblées de cuisine, les producteurs d'agneau de Charlevoix sont désormais tout près de voir un rêve un peu fou se concrétiser: les 900 agneaux qui sortent bon an mal an de leurs bergeries devraient en effet, d'ici quelques mois, devenir les tout premiers produits du terroir reconnus officiellement par la Loi sur les appellations réservées... avec, sur le dos, une indication géographique protégée (IGP), version locale et édulcorée des appellations d'origine contrôlée largement répandues en Europe. Une première tant au Québec que sur tout le continent nord-américain.
«C'est historique, lance Lucie Cadieux, éleveur dans le village des Éboulements. Ce n'est plus qu'une question de temps. Tous les papiers sont en ordre. Le dossier est sur le bureau du ministre de l'Agriculture. Il ne manque plus que son approbation.»
Conjurer le sort
La signature de l'acte de naissance est attendue avec impatience par la bergère, agronome de son état, qui a fait entrer avec une détermination sans borne les éleveurs de sa région dans la folle et interminable aventure de l'IGP. C'était en 1996. «L'agriculture était en chute libre ici, explique-t-elle du fond de sa cuisine tout en mettant un poulet au four. En 15 ans, nous avions perdu 60 % de nos exploitations agricoles. Il fallait réagir. Du côté de l'Europe, plusieurs appellations d'origine contrôlée avaient sorti des régions complètes de la dèche. En empruntant cette voie, j'étais persuadée que Charlevoix pouvait connaître le même sort.»
À l'époque, stimulé par l'agrotourisme naissant, l'agneau de Charlevoix prend doucement ses marques dans l'univers des produits dits du terroir. Issu d'élevages de petite taille sortant de l'ordinaire agro-industriel, mis en vente exclusivement à la ferme pendant la saison estivale et surtout loin des géants de la distribution alimentaire uniformisée, l'animal, qui surfe alors sur la vague des peurs alimentaires du moment, a tout pour connaître la gloire. Et les abuseurs de tendance, forcément, n'étaient pas très loin.
«Avec la popularité, la contrefaçon a commencé à faire son apparition, se souvient Mme Cadieux. L'agneau de Charlevoix était vendu principalement à des touristes de passage, à des gens du coin et à une poignée d'auberges de la région. Mais il arrivait régulièrement qu'on en trouve dans des restaurants partout au Québec avec lesquels nous ne faisions pas affaire. L'agneau y était même sur la carte à longueur d'année, chose impossible vu nos volumes et le caractère saisonnier de notre production. J'ai même reçu un jour un fax d'un restaurateur français qui me félicitait pour la qualité de mon agneau qu'il vendait chez lui... et qui bien sûr ne provenait pas d'ici puisque nous n'avons pas les autorisations nécessaires pour exporter.»
L'anecdote a de quoi faire sourire... sauf bien sûr le Regroupement des producteurs d'agneau de Charlevoix. Cette association réunit 10 des 15 éleveurs de la région, résolus à mettre un terme à cette falsification néfaste de leur terroir et à la circulation sur le marché d'agneaux venant de la Beauce, de la Montérégie ou pourquoi pas des Laurentides avec une étiquette — et un prix plus élevé — qu'ils ne méritent certainement pas.
«Il fallait protéger notre production, mais aussi protéger le consommateur, résume Alain Simard, un éleveur de Baie-Saint-Paul. Et dans ce contexte, l'IGP s'est présentée à nous comme une solution incontournable.»
Une production encadrée
Une fois le feu vert donné par Québec, la donne devrait effectivement changer... ouvrant ainsi la porte, selon les termes de la loi, à des poursuites contre les éventuels usurpateurs d'identité ovine. Chose impossible en ce moment, alors que l'appellation «de Charlevoix» peut être mise à toutes les sauces... en infraction avec le règlement sur l'étiquetage de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), qui avoue ne pas consacrer trop d'énergie à surveiller et à sanctionner ce genre «d'erreurs» d'étiquetage «qui ne font pas courir de risques pour la santé», dit un porte-parole.
En vertu de l'encadrement juridique proposé par Québec, toutefois, ne pourra pas s'afficher agneau de Charlevoix qui veut. L'IGP s'accompagne en effet de règles strictes de production contenues dans un cahier des charges (une sorte de manuel d'élevage) élaboré en collaboration avec le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). Chaque producteur doit les respecter, sous surveillance régulière, pour apposer sur ses produits les noms «agneau de Charlevoix», les trois lettres de la certification (IGP) ainsi qu'un logo sur lequel le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) planche toujours pour permettre à l'avenir aux consommateurs de distinguer le vrai du faux terroir.
En substance, les normes liées à cette IGP exigent que les petites bêtes soient nées, élevées et transformées dans l'une des 13 municipalités de la région de Charlevoix. Et pas ailleurs. Les éleveurs ont aussi l'obligation d'être propriétaires de leur troupeau, dont la taille ne peut pas dépasser les 500 têtes. «Nous ne sommes pas dans l'élevage intensif, ici», résume Christiane Pilote, qui produit avec son mari des gigots, des côtelettes et des carrés d'agneau à Baie-Saint-Paul.
Ses bêtes ne mangent d'ailleurs que de bonnes choses, jure-t-elle. Le cahier des charges impose en effet aux éleveurs de nourrir les agneaux au lait de brebis pendant les 60 premiers jours de leur vie. Le menu par la suite est composé uniquement d'orge, d'avoine et de fourrage provenant exclusivement de la région.
«Contrairement au reste de la province, on ne retrouve pas de maïs dans la ration puisque cette plante ne pousse pas ici, dit Lucie Cadieux. Cette distinction a un impact sur la couleur et le grain de la viande, mais aussi sur la croissance de l'animal», qui arrive à la porte de l'abattoir avec un poids plus faible — 17 kilos au lieu des 22 kilos généralement rencontrés dans l'industrie — malgré un âge plus élevé de quelques semaines par rapport aux autres agneaux de la province.
Pour ce qui est du plaisir gustatif, toutefois, la bergère évite de se mouiller, rappelant plutôt que ces choses-là sont «question de goût». «Mais quand on voit des gens de Montréal faire le voyage pour se procurer de nos agneaux, on se dit que ça ne doit pas être si mal comme produit», résume-t-elle.
Séduction et confusion
Marqué par sa région — elle-même marquée par l'impact d'une météorite géante qui a façonné ses courbes il y a 360 millions d'années, peut-on lire en introduction du cahier des charges —, l'agneau de Charlevoix, avec son régime alimentaire atypique, a donc tout pour séduire les gastronomes qui aiment gratter les fonds de terroirs. Au prix peut-être de quelques mythes que l'air du temps ne fait qu'entretenir.
On le dit parfois biologique, à tort. L'indication géographique protégée ne certifie pas cette caractéristique que plusieurs organismes de certification ont la charge d'encadrer au Québec. Il ne revendique d'ailleurs pas d'appartenance à ce pan de l'agriculture tout comme il ne prétend pas être, contrairement à la croyance populaire, un «agneau de pré-salé», un autre type d'agneau, sans IGP pour le moment, que l'on croise généralement sur l'île Verte, de l'autre côté du Saint-Laurent, dans la région du Bas-du-Fleuve.
«La confusion est inévitable, indique Lucie Cadieux. La notion de terroir est encore très nouvelle au Québec et nous comptons d'ailleurs sur le MAPAQ pour orchestrer bien vite des campagnes d'information sur les appellations réservées afin d'aider les consommateurs à s'y retrouver.»
La chose n'est pas encore au programme du ministère. La Fédération des producteurs d'agneau et de mouton du Québec n'a pas non plus l'intention de mettre son nez dans ce dossier régional, elle qui avoue candidement ne pas avoir de «position claire» quant à l'apparition du premier IGP au Québec sur des agneaux. «Mais nous voyons tout de même ça d'un très bon oeil, assure Marie-Ève Tremblay, directrice générale du regroupement provincial d'éleveurs. L'agneau de Charlevoix va certainement aider à positionner davantage l'agneau du Québec sur le marché [envahi depuis des années par des agneaux de Nouvelle-Zélande, qui occupent 60 % du terrain]. En envoyant aux consommateurs, depuis Charlevoix, un message de qualité à propos de l'agneau produit ici, tout le monde devrait en profiter.»
Donald Tremblay, président du regroupement des éleveurs, le croit aussi. Mais il préfère pour le moment se concentrer sur son jardin, que le premier IGP du Québec devrait sans doute rendre encore plus fertile. «Cela va être un outil incroyable de développement régional, dit-il. Bien sûr, les élevages existants, comme le mien, vont prendre de l'expansion. Mais il y a des chances aussi de voir de nouveaux producteurs apparaître, dans les limites imposées par la région bien sûr [dont les terres agricoles sont assez rares]. Quant à la relève agricole, elle va pouvoir envisager l'avenir avec plus d'optimisme en espérant enfin pouvoir vivre de ses troupeaux.» Une vie rendue meilleure par un label au potentiel commercial intéressant et par la majoration de 10 % des prix de vente de l'agneau envisagée à court terme par les éleveurs.
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