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1000 logements sociaux à construire - Crise du logement: le coup de barre reste à donner, dit le FRAPRU

Josée Boileau   18 septembre 2002  Actualités en société
Le gouvernement estime être en mesure de livrer la marchandise à temps pour juillet 2003Tout l'été, des représentants du monde communautaire ont sonné l'alarme: les logements sociaux ne se construisent pas aussi vite que promis. Ils le diront officiellement aujourd'hui au ministre André Boisclair lors d'une rencontre très attendue. En effet, pour le moment, gouvernement et groupes de terrain ne dressent pas du tout le même état des lieux.

À Québec, les ministres sont formels: il y aura 1000 logements sociaux prêts à Montréal pour le 1er juillet 2003. Dans le monde communautaire, les calculs sont différents: il y en aura 400, dit-on, peut-être 500. Mais certainement pas 1000.

La raison: une multitude d'embûches que quatre représentants de ces groupes veulent expliquer au ministre des Affaires municipales, André Boisclair, responsable du dossier, et à son ministre délégué à l'Habitation, Jacques Côté. Ils le feront aujourd'hui à l'occasion d'une rencontre attendue depuis des mois.

«C'est un moment qu'on ne peut pas manquer», disait hier au Devoir François Saillant, du Front d'action populaire en réaménagement urbain. «Nous avons dressé un bilan réaliste de la situation et le constat est clair: il y a pénurie de logements, et pourtant, on a raté l'échéance du 1er juillet 2002, et on est en train de rater l'échéance du 1er juillet 2003. C'est donc le temps de donner un coup de barre. Si on nous répond des banalités, on a un méchant problème!»

Pierre Goyer, coordonnateur du Réseau québécois des OSBL (organismes sans but lucratif) d'habitation, renchérit. «Depuis novembre dernier, avec les nouveaux programmes gouvernementaux, nous devrions avoir le plus vaste chantier d'habitations sociales qu'on ait eu depuis des années. Mais les résultats sont en deçà des besoins et de nos intentions.»

Au point où François Saillant craint qu'il se construise, au Québec, à peine plus de logements sociaux d'ici le 1er juillet prochain qu'il y en a eu l'an dernier.

C'est qu'aux contraintes des programmes gouvernementaux — difficiles à vivre quand le marché de l'immobilier est en ébullition, comme c'est le cas actuellement — s'est ajouté le fouillis administratif causé par les fusions municipales. «L'agenda simultané des fusions et d'un programme aussi ambitieux de logements sociaux a créé un vrai problème, surtout à Montréal», insiste M. Goyer.

«Il faut que le monde politique comprenne la réalité des choses, ajoute-t-il. Si on veut arriver à 1000 logements à Montréal, il faut bousculer des façons de faire. Court-circuiter certaines procédures de changement de zonage, par exemple. Le ministre Boisclair a le pouvoir de le faire, mais le voudra-t-il?»

Ou en verra-t-il la nécessité? En effet, pour le président de la Société d'habitation du Québec (SHQ), Jacques Gariépy, en contact constant avec le gouvernement sur ces questions — la SHQ sera d'ailleurs présente à la rencontre d'aujourd'hui —, le rythme de réalisation des projets est déjà accéléré. La construction de 1000 logements à Montréal pour juillet 2003, encore promise par le ministre Boisclair la semaine dernière, lui apparaissait donc, hier, un objectif parfaitement réalisable. «On va certainement doubler le rythme par rapport à l'an passé», soutient M. Gariépy.

Quant aux délais dans la mise en oeuvre des programmes, il n'y a là rien de particulier: «C'est toute l'histoire du logement social!», s'exclame-t-il. Les problèmes dus aux fusions, eux, se règlent peu à peu, comme ce fut encore le cas il y a quelques semaines à Montréal, où des précisions ont été apportées sur l'émission des permis de construction. «Des décisions sont prises et des gestes sont faits à notre satisfaction», assure M. Gariépy.

Au monde communautaire, donc, de soumettre ses projets s'il veut en réaliser, dit-il. La SHQ a d'ailleurs embauché du personnel pour les analyser. Mais peut-être les groupes sont-ils débordés?, laisse-t-il entendre. Le monde communautaire fournissait environ 1300 logements par an: «Là, on leur demande de doubler le rythme: c'est exigeant! Mais il y a des choses que les groupes nous demandent qu'on ne peut pas accorder: construire des logements très coûteux, par exemple.»

Une analyse qui tranche avec celle de François Saillant, qui dit ceci: «À une situation exceptionnelle, il faut répondre par des mesures exceptionnelles. Actuellement, on gère le logement social comme si on était dans la routine.»
 
 
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