Au bout du conte
Le Festival interculturel du conte du Québec prend la parole
Frédéric Eibner
Les bons contes font les bons amis, d'où qu'ils viennent. Le proverbe sémantiquement modifié sied à merveille au Festival interculturel du conte du Québec (FICQ), qui débutait hier et court jusqu'au 30 octobre. En convoquant les grands conteurs d'ici et d'ailleurs depuis près de 15 ans, l'événement a créé des ponts entre les cultures, comme son directeur Marc Laberge aime à le dire.
«Les conteurs sont les représentants d'un monde, d'une culture, dit-il. En donnant place à la parole et à l'écoute, on favorise les rapprochements entre les peuples.» Le cercle d'amis-spectateurs a aussi grandi. En témoigne l'engouement des dernières années pour le conte, dont le FICQ est largement responsable, de concert avec les autres joueurs, De bouche à oreille, Sergent recruteur et autres Fred Pellerin, grâce auxquels le conte se renouvelle.
«C'est un événement multivoix», dit en riant ce dernier, porte-parole de la huitième édition au cours de laquelle il reprend son spectacle Comme une odeur de muscles. «Les accents, les univers de partout se croisent. Marc [Laberge] réussit à faire venir des conteurs d'Europe de l'Est, de Cuba, d'Afrique... »
En tout, près de 70 conteurs de tous horizons géographiques répandront la bonne parole, en anglais comme en français, à travers le Québec et à Ottawa. «Le noyau est à Montréal mais ça explose un peu partout, dans une douzaine de villes et villages», précise le conteur. Par son ampleur et l'esprit panculturel qui le traverse, le FICQ s'affiche ainsi comme l'une des plus importantes manifestations du conte dans le monde.
Cette année, l'Afrique est notamment à l'honneur. Invité atypique, Hassane Kassi Kouyaté est né au Burkina Faso d'une famille de griots, chantre de la tradition mandingue (Afrique de l'Ouest). Le conteur algérien Rachid Akbal incarne davantage la modernité du conte nord-africain tandis que le Marocain Amed Bouzzine parcourt le monde depuis 25 ans. Dans Fragments d'épopée touareg, «il raconte les hommes du désert», rapporte le directeur.
S'ils ont un mode de communication et un «fonds de paroles» en partage, les conteurs ont aussi chacun leur couleur, leur répertoire et leur style propres. Une diversité que reflète bien le FIQC. «C'est une belle occasion de se faire l'oreille au conte, parce qu'il y en a de toutes sortes; du conte renouvelé (comme des vieux contes remmanchés) et du conte d'auteur, des contes plus urbains aussi», note Fred Pellerin.
C'est d'ailleurs cette variété que le jeune conteur québécois s'évertue à exposer depuis qu'il a commencé à vivre de ses récits, il y a sept ans. «Il y a deux ans, j'expliquais encore que je ne faisais pas du conte pour enfants. C'est pas juste du Ti-Jean pis de la princesse.» C'est pourquoi il invite le public néophyte à privilégier les spectacles collectifs, plutôt nombreux au FICQ.
Il y a d'abord la très courue Grande nuit du conte, présentée à guichets fermés ce soir au théâtre Plaza, dans laquelle se succèdent brièvement plusieurs participants du festival, «pour donner un avant-goût», précise le directeur. Une diffusion audio sur Internet (une première!) permettra d'accueillir 2000 à 2500 spectateurs virtuels supplémentaires. Conte pour la paix dans le monde réunit, sur la scène de l'auditorium Le Prévost, Coralia Rodriguez (Cuba), Ben Zimet (Europe de l'Est), Koldo Amestoy (Pays Basque, France) et le musicien Daniel Roy, autour du maître de cérémonie Michel Faubert.
Ce dernier anime aussi Bellechasse du conte tous les soirs de la semaine au cabaret Music-Hall. Un conteur invité différent ouvre la soirée et il la termine avec des éléments de son spectacle en préparation. Les sportifs préféreront la Randonnée contée sur le mont Saint-Hilaire en compagnie de Christèle Pimenta (Portugal), Michel Corrignan (Bretagne), Marien Tillet (France), Kees Vanderheyden (Pays-Bas), Alain Charpentier et Anne-Marie Aubin (Québec); tandis que les libertins iront du côté des Contes érotiques des mille et une nuits portés par Stéphanie Bénéteau, Myriame El Yamani et le joueur de oud Hassan El Hadi. Des soirées hommages sont aussi dédiées à des figures mythiques du conte telles que Kim «Franfreluche» Yaroshevskaya, Hans Christian Andersen et Honoré Beaugrand.
Et ce n'est là qu'un bref aperçu de ce festival infini car, rappelle Fred Pellerin, «chaque bouche a un monde entier à offrir».
«Les conteurs sont les représentants d'un monde, d'une culture, dit-il. En donnant place à la parole et à l'écoute, on favorise les rapprochements entre les peuples.» Le cercle d'amis-spectateurs a aussi grandi. En témoigne l'engouement des dernières années pour le conte, dont le FICQ est largement responsable, de concert avec les autres joueurs, De bouche à oreille, Sergent recruteur et autres Fred Pellerin, grâce auxquels le conte se renouvelle.
«C'est un événement multivoix», dit en riant ce dernier, porte-parole de la huitième édition au cours de laquelle il reprend son spectacle Comme une odeur de muscles. «Les accents, les univers de partout se croisent. Marc [Laberge] réussit à faire venir des conteurs d'Europe de l'Est, de Cuba, d'Afrique... »
En tout, près de 70 conteurs de tous horizons géographiques répandront la bonne parole, en anglais comme en français, à travers le Québec et à Ottawa. «Le noyau est à Montréal mais ça explose un peu partout, dans une douzaine de villes et villages», précise le conteur. Par son ampleur et l'esprit panculturel qui le traverse, le FICQ s'affiche ainsi comme l'une des plus importantes manifestations du conte dans le monde.
Cette année, l'Afrique est notamment à l'honneur. Invité atypique, Hassane Kassi Kouyaté est né au Burkina Faso d'une famille de griots, chantre de la tradition mandingue (Afrique de l'Ouest). Le conteur algérien Rachid Akbal incarne davantage la modernité du conte nord-africain tandis que le Marocain Amed Bouzzine parcourt le monde depuis 25 ans. Dans Fragments d'épopée touareg, «il raconte les hommes du désert», rapporte le directeur.
S'ils ont un mode de communication et un «fonds de paroles» en partage, les conteurs ont aussi chacun leur couleur, leur répertoire et leur style propres. Une diversité que reflète bien le FIQC. «C'est une belle occasion de se faire l'oreille au conte, parce qu'il y en a de toutes sortes; du conte renouvelé (comme des vieux contes remmanchés) et du conte d'auteur, des contes plus urbains aussi», note Fred Pellerin.
C'est d'ailleurs cette variété que le jeune conteur québécois s'évertue à exposer depuis qu'il a commencé à vivre de ses récits, il y a sept ans. «Il y a deux ans, j'expliquais encore que je ne faisais pas du conte pour enfants. C'est pas juste du Ti-Jean pis de la princesse.» C'est pourquoi il invite le public néophyte à privilégier les spectacles collectifs, plutôt nombreux au FICQ.
Il y a d'abord la très courue Grande nuit du conte, présentée à guichets fermés ce soir au théâtre Plaza, dans laquelle se succèdent brièvement plusieurs participants du festival, «pour donner un avant-goût», précise le directeur. Une diffusion audio sur Internet (une première!) permettra d'accueillir 2000 à 2500 spectateurs virtuels supplémentaires. Conte pour la paix dans le monde réunit, sur la scène de l'auditorium Le Prévost, Coralia Rodriguez (Cuba), Ben Zimet (Europe de l'Est), Koldo Amestoy (Pays Basque, France) et le musicien Daniel Roy, autour du maître de cérémonie Michel Faubert.
Ce dernier anime aussi Bellechasse du conte tous les soirs de la semaine au cabaret Music-Hall. Un conteur invité différent ouvre la soirée et il la termine avec des éléments de son spectacle en préparation. Les sportifs préféreront la Randonnée contée sur le mont Saint-Hilaire en compagnie de Christèle Pimenta (Portugal), Michel Corrignan (Bretagne), Marien Tillet (France), Kees Vanderheyden (Pays-Bas), Alain Charpentier et Anne-Marie Aubin (Québec); tandis que les libertins iront du côté des Contes érotiques des mille et une nuits portés par Stéphanie Bénéteau, Myriame El Yamani et le joueur de oud Hassan El Hadi. Des soirées hommages sont aussi dédiées à des figures mythiques du conte telles que Kim «Franfreluche» Yaroshevskaya, Hans Christian Andersen et Honoré Beaugrand.
Et ce n'est là qu'un bref aperçu de ce festival infini car, rappelle Fred Pellerin, «chaque bouche a un monde entier à offrir».
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