Irak - Le Canada n'a pas à jouer les arbitres
Un haut fonctionnaire des Affaires étrangères rejette la proposition bloquiste
17 septembre 2002
Actualités en société
Ottawa - Il serait inutile et même contre-productif que le Canada joue un rôle d'arbitre entre l'Irak et la communauté internationale comme le souhaite le Bloc québécois, croit un des responsables du dossier au ministère des Affaires étrangères.
«Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de s'immiscer entre le Conseil de sécurité et le Secrétaire général [de l'ONU] et le gouvernement de l'Irak, qui est un membre de l'ONU et qui sait très bien ce qu'on attend de lui», a indiqué hier le sous-ministre adjoint pour l'Afrique et le Moyen-Orient, John McNee. Selon M. McNee, il n'y a «pas de rôle pour un tiers parti à ce stade-ci» de la crise irakienne. «Nous pensons que cela pourrait brouiller les pistes.»
La député bloquiste Francine Lalonde a proposé que le Canada offre ses services au Secrétaire général de l'ONU pour la nomination d'un «intermédiaire impartial» afin de rétablir la confiance entre les parties et ainsi d'accélérer le retour des inspecteurs en sol irakien. Mme Lalonde ne cesse de rappeler que c'est à la demande de Washington, et non de Bagdad, que les inspecteurs onusiens ont quitté l'Irak en 1998, laissant en plan la recherche d'armes de destruction massive. Des frappes américaines étaient imminentes, frappes planifiées à partir d'informations fournies par certains de ces mêmes inspecteurs.
La proposition de Mme Lalonde a été rejetée par le comité des Affaires étrangères, qui s'est réuni hier matin à sa demande. Le comité a plutôt donné son appui à une version édulcorée invitant le gouvernement canadien à offrir ses «services diplomatiques» au Secrétaire général de l'ONU et à exercer de la pression pour que la résolution du Conseil de sécurité soit énergique. Cette version mentionne aussi que les inspecteurs devront se rendre en Irak «à la seule fin» de vérifier s'il y a des armes de destruction massive.
«J'aurais aimé une proposition claire, a reconnu Mme Lalonde. Il me semble que cette proposition [initiale] était davantage dans l'esprit de ce qu'on a déjà apprécié, il y a longtemps, de la politique étrangère canadienne. C'est pour cela que j'ai fait référence à l'esprit de Pearson qui s'était perdu.»
Par ailleurs, le Canada n'a pas pu faire connaître sa position directement au gouvernement irakien hier, la rencontre bilatérale prévue entre le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, et son homologue irakien ayant été annulée en après-midi.
Le premier ministre Jean Chrétien refuse toujours de dire si le Canada participerait à une éventuelle mission militaire en Irak si elle était cautionnée par l'ONU. «Ce que les Nations Unies doivent faire, c'est ce qui fait l'objet de discussion ici [à New York] et quand une décision sera prise, s'il y a un rôle pour le Canada, nous verrons, mais nous ne pouvons en décider avant de voir le résultat des décisions au Conseil de sécurité», a déclaré M. Chrétien.
«Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de s'immiscer entre le Conseil de sécurité et le Secrétaire général [de l'ONU] et le gouvernement de l'Irak, qui est un membre de l'ONU et qui sait très bien ce qu'on attend de lui», a indiqué hier le sous-ministre adjoint pour l'Afrique et le Moyen-Orient, John McNee. Selon M. McNee, il n'y a «pas de rôle pour un tiers parti à ce stade-ci» de la crise irakienne. «Nous pensons que cela pourrait brouiller les pistes.»
La député bloquiste Francine Lalonde a proposé que le Canada offre ses services au Secrétaire général de l'ONU pour la nomination d'un «intermédiaire impartial» afin de rétablir la confiance entre les parties et ainsi d'accélérer le retour des inspecteurs en sol irakien. Mme Lalonde ne cesse de rappeler que c'est à la demande de Washington, et non de Bagdad, que les inspecteurs onusiens ont quitté l'Irak en 1998, laissant en plan la recherche d'armes de destruction massive. Des frappes américaines étaient imminentes, frappes planifiées à partir d'informations fournies par certains de ces mêmes inspecteurs.
La proposition de Mme Lalonde a été rejetée par le comité des Affaires étrangères, qui s'est réuni hier matin à sa demande. Le comité a plutôt donné son appui à une version édulcorée invitant le gouvernement canadien à offrir ses «services diplomatiques» au Secrétaire général de l'ONU et à exercer de la pression pour que la résolution du Conseil de sécurité soit énergique. Cette version mentionne aussi que les inspecteurs devront se rendre en Irak «à la seule fin» de vérifier s'il y a des armes de destruction massive.
«J'aurais aimé une proposition claire, a reconnu Mme Lalonde. Il me semble que cette proposition [initiale] était davantage dans l'esprit de ce qu'on a déjà apprécié, il y a longtemps, de la politique étrangère canadienne. C'est pour cela que j'ai fait référence à l'esprit de Pearson qui s'était perdu.»
Par ailleurs, le Canada n'a pas pu faire connaître sa position directement au gouvernement irakien hier, la rencontre bilatérale prévue entre le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, et son homologue irakien ayant été annulée en après-midi.
Le premier ministre Jean Chrétien refuse toujours de dire si le Canada participerait à une éventuelle mission militaire en Irak si elle était cautionnée par l'ONU. «Ce que les Nations Unies doivent faire, c'est ce qui fait l'objet de discussion ici [à New York] et quand une décision sera prise, s'il y a un rôle pour le Canada, nous verrons, mais nous ne pouvons en décider avant de voir le résultat des décisions au Conseil de sécurité», a déclaré M. Chrétien.
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