Premier «attentat vert» au Québec?
Un cas de vandalisme dans un champ de maïs génétiquement modifié
Le mouvement des «faucheurs volontaires», ces militants européens anti-OGM, serait-il en train de faire des émules au Québec? La question se pose aujourd'hui à la Sûreté du Québec (SQ), qui enquête sur un cas de vandalisme dans des champs de maïs génétiquement modifié. L'«attentat agricole», le premier du genre ici, a été perpétré dans la nuit du 22 au 23 août à Saint-Liboire, en Montérégie. Il n'a toujours pas été revendiqué, dit la police, et les dégâts sont mineurs, estiment les fabricants de semences.
Le méfait a été commis sur le site de l'Expo-Champs, un événement annuel où les compagnies de semences présentent en plein champ aux cultivateurs les performances de leurs produits. «L'exposition agricole était ciblée pour ce coup d'éclat en raison du nombre important de personnes qu'on y attendait», a expliqué Raynald McInnis, porte-parole de la SQ en Montérégie. «Les dommages ne sont toutefois pas importants: des pancartes [utilisées pour identifier le contenu des parcelles de terre mises en exposition] ont été arrachées et un drap avec la mention "OGM" recouverte d'une croix noire a été retrouvé sur les lieux.»
Pour Denis Girard, représentant de la multinationale Monsanto au Québec, le saccage autour des parcelles de son entreprise et de plusieurs autres de ses concurrentes relève de l'épiphénomène. «En Europe, [les faucheurs] sont bien plus sérieux, a-t-il expliqué au Devoir. L'événement coïncide aussi avec la rentrée des classes et la période d'initiation. Il y a peut-être un lien. Selon moi, nous ne sommes pas devant de vrais militants anti-OGM.»
M. Girard prend d'ailleurs pour preuve le fait que les attaques ont ciblé des pancartes plutôt que les plants, matures à cette époque de l'année. Des parcelles hébergeant du maïs conventionnel ont également été visées par les faucheurs en herbe, qui n'auraient pas été capables de séparer le bon grain, selon eux, de l'ivraie.
N'empêche, quelles que soient les intentions derrière le geste, celui-ci a été vivement condamné hier par la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, qui représente entre autres les cultivateurs de maïs, soya et canola génétiquement modifiés. «C'est très décevant, a expliqué Luc Belzile, porte-parole du regroupement. Ce n'est pas une façon très constructive de faire passer un message. Nous espérons que cela ne va pas se reproduire et toucher les champs de nos membres.»
Opposée à la présence d'OGM sur le territoire du Québec, l'Union paysanne (UP), qui, en décembre dernier, avait évoqué l'idée de pratiquer ici cette forme de «terrorisme vert», s'est vivement dissociée du groupe à l'origine de la destruction. «La question du fauchage a été effectivement abordée au sein de notre organisme», a reconnu Maxime Laplante, président de l'UP, en entrevue hier au Devoir. «Mais à l'unanimité, nous avons décidé de ne pas commettre des actes de vandalisme car le climat n'est pas le même ici qu'en France.»
La SQ, qui s'attendait à voir «l'attentat revendiqué dans les jours suivants», a avoué M. McInnis, poursuit son enquête afin d'identifier les responsables du saccage. «Un enquêteur est sur le dossier, a-t-il dit. Mais, bien sûr, ce n'est pas pour lui un dossier prioritaire.»
Le méfait a été commis sur le site de l'Expo-Champs, un événement annuel où les compagnies de semences présentent en plein champ aux cultivateurs les performances de leurs produits. «L'exposition agricole était ciblée pour ce coup d'éclat en raison du nombre important de personnes qu'on y attendait», a expliqué Raynald McInnis, porte-parole de la SQ en Montérégie. «Les dommages ne sont toutefois pas importants: des pancartes [utilisées pour identifier le contenu des parcelles de terre mises en exposition] ont été arrachées et un drap avec la mention "OGM" recouverte d'une croix noire a été retrouvé sur les lieux.»
Pour Denis Girard, représentant de la multinationale Monsanto au Québec, le saccage autour des parcelles de son entreprise et de plusieurs autres de ses concurrentes relève de l'épiphénomène. «En Europe, [les faucheurs] sont bien plus sérieux, a-t-il expliqué au Devoir. L'événement coïncide aussi avec la rentrée des classes et la période d'initiation. Il y a peut-être un lien. Selon moi, nous ne sommes pas devant de vrais militants anti-OGM.»
M. Girard prend d'ailleurs pour preuve le fait que les attaques ont ciblé des pancartes plutôt que les plants, matures à cette époque de l'année. Des parcelles hébergeant du maïs conventionnel ont également été visées par les faucheurs en herbe, qui n'auraient pas été capables de séparer le bon grain, selon eux, de l'ivraie.
N'empêche, quelles que soient les intentions derrière le geste, celui-ci a été vivement condamné hier par la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, qui représente entre autres les cultivateurs de maïs, soya et canola génétiquement modifiés. «C'est très décevant, a expliqué Luc Belzile, porte-parole du regroupement. Ce n'est pas une façon très constructive de faire passer un message. Nous espérons que cela ne va pas se reproduire et toucher les champs de nos membres.»
Opposée à la présence d'OGM sur le territoire du Québec, l'Union paysanne (UP), qui, en décembre dernier, avait évoqué l'idée de pratiquer ici cette forme de «terrorisme vert», s'est vivement dissociée du groupe à l'origine de la destruction. «La question du fauchage a été effectivement abordée au sein de notre organisme», a reconnu Maxime Laplante, président de l'UP, en entrevue hier au Devoir. «Mais à l'unanimité, nous avons décidé de ne pas commettre des actes de vandalisme car le climat n'est pas le même ici qu'en France.»
La SQ, qui s'attendait à voir «l'attentat revendiqué dans les jours suivants», a avoué M. McInnis, poursuit son enquête afin d'identifier les responsables du saccage. «Un enquêteur est sur le dossier, a-t-il dit. Mais, bien sûr, ce n'est pas pour lui un dossier prioritaire.»
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