C'est notre tsunami à nous
Photo : Agence Reuters
Scène d’incroyable destruction causée par l’ouragan Katrina à Gulf Shores, en Alabama. Les dons ont commencé à affluer de partout aux États-Unis pour venir en aide aux régions dévastées, la Croix-Rouge américaine étant en première ligne.
Au moins cent morts, plus d’un million de personnes privées d’électricité, un réseau de communications à plat, des zones entièrement inondées: le bilan du passage de Katrina sur plusieurs États du Sud américain, avec des vents soufflant à plus de 230 km/h, s’annonce en effet particulièrement lourd.
L'ampleur de la catastrophe dépasse toutes les craintes. Après la rupture de deux digues, les eaux ont envahi hier 80 % de La Nouvelle-Orléans et les autorités ont ordonné l'évacuation des dizaines de milliers d'habitants restés dans la ville.
La côte sud du Mississippi a été frappée de plein fouet. Il y a peut-être «des centaines de morts sur la côte», a affirmé hier Vincent Creel, le porte-parole de la mairie de Biloxi, une ville côtière de 50 000 habitants parmi les plus touchées par le cyclone Katrina. Des corps ont été retrouvés, selon une journaliste de l'AFP sur place. «Ce qui s'est passé est inimaginable. Biloxi a été comme submergée», a estimé M. Creel, qui a précisé qu'une partie de la ville, Point Cadet, sise à l'extrémité d'une péninsule, n'était pas accessible et qu'il n'avait aucune nouvelle de ses habitants. «C'est notre tsunami à nous», a pour sa part indiqué le maire de Biloxi, A. J. Holloway.
«La dévastation ici est énorme», a déclaré Haley Barbour, le gouverneur du Mississippi, alors que des bilans encore non confirmés faisaient état de 100 morts pour le seul comté de Harrison, un chiffre qui risquait de s'alourdir encore.
La gouverneure de la Louisiane, Kathleen Blanco, a dressé un tableau alarmant de La Nouvelle-Orléans. «À la lumière du jour, les dévastations sont encore plus grandes que nos pires craintes. C'est totalement écrasant», a déclaré Mme Blanco lors d'une conférence de presse hier. «Il n'y a plus d'électricité, et il n'y en aura pas pendant un bon moment [...]. Il n'y a pas d'eau potable [...]. Et il n'y a pas de nourriture. Nous allons devoir en envoyer aux secouristes et aux rescapés», a-t-elle indiqué.
En raison de la rupture de deux digues, l'eau montait à une vitesse très inquiétante dans les rues de la ville mais aussi dans le stade du Superdome, où des milliers d'habitants avaient trouvé refuge et qui devra maintenant être évacué.
Mme Blanco a annoncé qu'un plan d'évacuation était en cours d'élaboration pour ces réfugiés et tous les autres sites servant d'abris aux dizaines de milliers d'habitants qui avaient préféré rester en ville. Des milliers de personnes ont déjà été secourues, tirées de l'eau ou hélitreuillées depuis le toit de leurs maisons, a-t-elle précisé, notant que «le volume de travail restant à accomplir est ahurissant».
Pillages et dégâts
Dans les trois États — Louisiane, Mississippi, Alabama — touchés jusqu'alors, les habitants devaient désormais faire face aux importantes inondations causées par les pluies après avoir dû essuyer des vents violents.
Partout, les bateaux des services de secours recueillaient des sinistrés perchés sur les toits de leurs maisons pour échapper à la montée des eaux. Des centaines d'arbres ont également été déracinés et le sol était jonché de débris de toutes sortes, tels des bateaux à voile emportés par les vents.
Pour faire face à la situation, le gouvernement fédéral a décidé l'envoi de moyens de communication, de générateurs électriques, d'eau et de glace ainsi que de nourriture pour bébés dans les régions les plus durement touchées de la Louisiane, du Mississippi et de l'Alabama.
Médecins, infirmières et matériel de première urgence étaient également en route, tout comme les experts diligentés par le département de la Défense pour participer aux opérations de déblayage et de recherche.
Katrina a privé d'électricité plus d'un million de personnes de la Louisiane à l'extrémité occidentale de la Floride, et les autorités craignent qu'un délai de deux mois soit nécessaire pour rétablir le courant partout. Dix des principaux hôpitaux de La Nouvelle-Orléans fonctionnaient hier grâce aux générateurs d'urgence. «Il sera dangereux de retourner sur la côte pendant quelques jours encore», a déclaré le gouverneur du Mississippi aux personnes évacuées. «Soyez patients!»
Les premiers pillages sont venus s'ajouter aux dévastations. Profitant de ce que la ville était vidée d'une grande partie de ses habitants, des pillards ont dévalisé des magasins de la ville.
Dans le Quartier français, des personnes ont été vues sortant d'une épicerie en courant avec des paniers et des glacières remplis de boissons, de chips ou encore de couches. Sur Canal Street, la principale artère du quartier des affaires, des pillards ont forcé les grilles en acier protégeant plusieurs boutiques vendant vêtements et bijoux. Ils ont transporté leur butin dans des poubelles qu'ils ont fait flotter sur des morceaux de bois dans la rue inondée.
Lucratif pour les filous, le désastre sera toutefois très coûteux pour les assureurs et lourd de conséquences pour l'économie américaine alors que l'activité pétrolière est au neutre dans le golfe du Mexique. Selon les premières estimations de la firme de Boston Air Worldwide, Katrina pourrait avoir causé quelque 26 milliards de dollars de dégâts matériels et de préjudices aux personnes. S'il est confirmé, ce chiffre ferait de cet ouragan le plus cher de l'histoire américaine, devant Andrew, qui avait fait 21 milliards de dollars de dégâts en 1992 en Floride et le long du golfe du Mexique.
L'aide afflue
Comme en écho à ce constat plus dramatique que prévu, le président George W. Bush a décidé d'écourter ses vacances pour superviser la gestion de l'aide aux victimes, a annoncé la Maison-Blanche hier.
«Nous avons beaucoup de travail», a déclaré le président, qui aurait dû regagner Washington vendredi après quatre semaines passées dans son ranch du Texas. Il en a profité pour appeler ses concitoyens qui le souhaitent à contacter la Croix-Rouge américaine et l'Armée du Salut pour faire des dons financiers.
Les dons commençaient à affluer de tous les États-Unis hier pour venir en aide aux régions dévastées, la Croix-Rouge américaine et l'Armée du Salut étant en première ligne pour venir au secours des sinistrés.
La Croix-Rouge affirme avoir lancé la «plus grande mobilisation de son histoire pour une seule catastrophe naturelle». Elle explique que les dons lui permettront «de fournir des abris, de la nourriture, des conseils et d'autres formes d'assistance à ceux qui en ont besoin».
Les Américains commençaient seulement hier à se rendre compte de l'ampleur du désastre qui a pris l'allure d'une catastrophe nationale. Des centaines de sauveteurs venus de tous les États-Unis affluaient vers la Louisiane, le Mississippi et l'Alabama ravagés par Katrina.
Selon les prévisions des services météorologiques, la tempête va poursuivre sa route vers le nord au cours des prochains jours. Elle pourrait causer des tornades dans le sud-est des États-Unis et noyer les vallées du Tennessee et de l'Ohio sous 20 cm d'eau.
L'ampleur de la catastrophe dépasse toutes les craintes. Après la rupture de deux digues, les eaux ont envahi hier 80 % de La Nouvelle-Orléans et les autorités ont ordonné l'évacuation des dizaines de milliers d'habitants restés dans la ville.
La côte sud du Mississippi a été frappée de plein fouet. Il y a peut-être «des centaines de morts sur la côte», a affirmé hier Vincent Creel, le porte-parole de la mairie de Biloxi, une ville côtière de 50 000 habitants parmi les plus touchées par le cyclone Katrina. Des corps ont été retrouvés, selon une journaliste de l'AFP sur place. «Ce qui s'est passé est inimaginable. Biloxi a été comme submergée», a estimé M. Creel, qui a précisé qu'une partie de la ville, Point Cadet, sise à l'extrémité d'une péninsule, n'était pas accessible et qu'il n'avait aucune nouvelle de ses habitants. «C'est notre tsunami à nous», a pour sa part indiqué le maire de Biloxi, A. J. Holloway.
«La dévastation ici est énorme», a déclaré Haley Barbour, le gouverneur du Mississippi, alors que des bilans encore non confirmés faisaient état de 100 morts pour le seul comté de Harrison, un chiffre qui risquait de s'alourdir encore.
La gouverneure de la Louisiane, Kathleen Blanco, a dressé un tableau alarmant de La Nouvelle-Orléans. «À la lumière du jour, les dévastations sont encore plus grandes que nos pires craintes. C'est totalement écrasant», a déclaré Mme Blanco lors d'une conférence de presse hier. «Il n'y a plus d'électricité, et il n'y en aura pas pendant un bon moment [...]. Il n'y a pas d'eau potable [...]. Et il n'y a pas de nourriture. Nous allons devoir en envoyer aux secouristes et aux rescapés», a-t-elle indiqué.
En raison de la rupture de deux digues, l'eau montait à une vitesse très inquiétante dans les rues de la ville mais aussi dans le stade du Superdome, où des milliers d'habitants avaient trouvé refuge et qui devra maintenant être évacué.
Mme Blanco a annoncé qu'un plan d'évacuation était en cours d'élaboration pour ces réfugiés et tous les autres sites servant d'abris aux dizaines de milliers d'habitants qui avaient préféré rester en ville. Des milliers de personnes ont déjà été secourues, tirées de l'eau ou hélitreuillées depuis le toit de leurs maisons, a-t-elle précisé, notant que «le volume de travail restant à accomplir est ahurissant».
Pillages et dégâts
Dans les trois États — Louisiane, Mississippi, Alabama — touchés jusqu'alors, les habitants devaient désormais faire face aux importantes inondations causées par les pluies après avoir dû essuyer des vents violents.
Partout, les bateaux des services de secours recueillaient des sinistrés perchés sur les toits de leurs maisons pour échapper à la montée des eaux. Des centaines d'arbres ont également été déracinés et le sol était jonché de débris de toutes sortes, tels des bateaux à voile emportés par les vents.
Pour faire face à la situation, le gouvernement fédéral a décidé l'envoi de moyens de communication, de générateurs électriques, d'eau et de glace ainsi que de nourriture pour bébés dans les régions les plus durement touchées de la Louisiane, du Mississippi et de l'Alabama.
Médecins, infirmières et matériel de première urgence étaient également en route, tout comme les experts diligentés par le département de la Défense pour participer aux opérations de déblayage et de recherche.
Katrina a privé d'électricité plus d'un million de personnes de la Louisiane à l'extrémité occidentale de la Floride, et les autorités craignent qu'un délai de deux mois soit nécessaire pour rétablir le courant partout. Dix des principaux hôpitaux de La Nouvelle-Orléans fonctionnaient hier grâce aux générateurs d'urgence. «Il sera dangereux de retourner sur la côte pendant quelques jours encore», a déclaré le gouverneur du Mississippi aux personnes évacuées. «Soyez patients!»
Les premiers pillages sont venus s'ajouter aux dévastations. Profitant de ce que la ville était vidée d'une grande partie de ses habitants, des pillards ont dévalisé des magasins de la ville.
Dans le Quartier français, des personnes ont été vues sortant d'une épicerie en courant avec des paniers et des glacières remplis de boissons, de chips ou encore de couches. Sur Canal Street, la principale artère du quartier des affaires, des pillards ont forcé les grilles en acier protégeant plusieurs boutiques vendant vêtements et bijoux. Ils ont transporté leur butin dans des poubelles qu'ils ont fait flotter sur des morceaux de bois dans la rue inondée.
Lucratif pour les filous, le désastre sera toutefois très coûteux pour les assureurs et lourd de conséquences pour l'économie américaine alors que l'activité pétrolière est au neutre dans le golfe du Mexique. Selon les premières estimations de la firme de Boston Air Worldwide, Katrina pourrait avoir causé quelque 26 milliards de dollars de dégâts matériels et de préjudices aux personnes. S'il est confirmé, ce chiffre ferait de cet ouragan le plus cher de l'histoire américaine, devant Andrew, qui avait fait 21 milliards de dollars de dégâts en 1992 en Floride et le long du golfe du Mexique.
L'aide afflue
Comme en écho à ce constat plus dramatique que prévu, le président George W. Bush a décidé d'écourter ses vacances pour superviser la gestion de l'aide aux victimes, a annoncé la Maison-Blanche hier.
«Nous avons beaucoup de travail», a déclaré le président, qui aurait dû regagner Washington vendredi après quatre semaines passées dans son ranch du Texas. Il en a profité pour appeler ses concitoyens qui le souhaitent à contacter la Croix-Rouge américaine et l'Armée du Salut pour faire des dons financiers.
Les dons commençaient à affluer de tous les États-Unis hier pour venir en aide aux régions dévastées, la Croix-Rouge américaine et l'Armée du Salut étant en première ligne pour venir au secours des sinistrés.
La Croix-Rouge affirme avoir lancé la «plus grande mobilisation de son histoire pour une seule catastrophe naturelle». Elle explique que les dons lui permettront «de fournir des abris, de la nourriture, des conseils et d'autres formes d'assistance à ceux qui en ont besoin».
Les Américains commençaient seulement hier à se rendre compte de l'ampleur du désastre qui a pris l'allure d'une catastrophe nationale. Des centaines de sauveteurs venus de tous les États-Unis affluaient vers la Louisiane, le Mississippi et l'Alabama ravagés par Katrina.
Selon les prévisions des services météorologiques, la tempête va poursuivre sa route vers le nord au cours des prochains jours. Elle pourrait causer des tornades dans le sud-est des États-Unis et noyer les vallées du Tennessee et de l'Ohio sous 20 cm d'eau.
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