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Petite révolution dans le monde de la voiture usagée

«Seulement 21 % des consommateurs choisissent d'acheter leur véhicule neuf»

On estime à plus d'un demi-million les véhicules d'occasion vendus au Québec chaque année. Si la vente entre particuliers demeure encore populaire, de plus en plus de consommateurs s'adressent aux commerçants de véhicules lorsqu'ils désirent se procurer une automobile. L'Office de la protection du consommateur estime que les commerçants occupent maintenant la moitié du marché des véhicules usagés.

C'est que le marché du véhicule d'occasion a beaucoup évolué ces dernières années. Traditionnellement, si ce n'était pas une vente entre particuliers, le consommateur achetait son véhicule d'occasion auprès d'un concessionnaire d'automobiles neuves qui possédait un parc de véhicules usagés ou auprès d'un marchand de voitures d'occasion. Mais l'apparition récente des grandes surfaces, tel l'Encan direct H. Grégoire, a transformé la donne.

«C'est ni plus ni moins qu'une révolution, explique George Iny, de l'Association pour la protection des automobilistes (APA). Ces grandes surfaces vendent les voitures à peu près au même prix que se font les ventes entre particuliers. De plus, le prix est fixe et il y a un grand choix de véhicules, ce qui facilite la tâche de l'acheteur.»

Toutefois, cette révolution se fait un peu dans la controverse. Selon l'Office de protection du consommateur, le fait de qualifier ce genre de commerce d'encan peut porter à confusion et la publicité qui en découle pourrait être trompeuse. Richard Cliche, de l'Association des marchands de voitures d'occasion du Québec (AMVOQ), abonde dans ce sens. «Ce n'est pas un encan, précise-t-il. Il n'y a pas de crieurs ni d'enchères.» Pour George Iny, «il s'agit tout simplement de vente au détail à prix inférieur et ça devrait être dit clairement».

Avis que ne partage pas Robert Desjardins, vice-président aux finances chez Encan Direct H. Grégoire. «Je ne vois pas comment il peut y avoir de la confusion. Jamais un de nos clients est venu se plaindre parce qu'il croyait que c'était vraiment un encan. Ce n'est qu'un nom de commerce. Quand on va manger au Roi de la patate, on ne s'attend pas nécessairement à voir un roi!»

La situation actuelle

Pour comprendre l'état actuel du marché de la voiture d'occasion, il faut garder en tête le fait qu'une grande majorité des consommateurs qui achètent un véhicule neuf le font selon la formule du crédit-bail. «À la fin du terme, explique Maurice Roy de la Corporation des concessionnaires automobiles, seulement 21 % des consommateurs choisissent d'acheter leur véhicule. La balance des véhicules retourne donc sur le marché du véhicule d'occasion.»

Rappelons aussi qu'une fois le terme échu, le propriétaire de la voiture devient celui qui en a assuré le financement, très souvent le manufacturier lui-même grâce à son propre service de crédit. Le véhicule peut entrer sur le marché du véhicule d'occasion principalement par deux voies. La première est celle du concessionnaire qui choisit de racheter le véhicule et de le revendre dans son parc de voitures d'occasion. «Ça compte pour environ 40 % des véhicules», estime Maurice Roy.

Les autres véhicules sont remis à des entreprises qui, telle Adesa Canada, sont spécialisées dans la vente aux enchères d'automobiles usagées. C'est dans ces encans que s'approvisionnent à la fois les concessionnaires et les marchands autorisés de voitures d'occasion. Selon Robert Desjardins, l'une des forces de H. Grégoire est la présence de l'entreprise à plusieurs de ces encans, ce qui lui permettrait d'offrir aux consommateurs d'aussi bas prix. «Nous achetons des voitures à Toronto, à Ottawa, à Toronto et à Kitchener. Nous sommes même présents sur le marché américain. C'est ce qui nous permet d'acheter à meilleur coût.»

La présence de ces grandes surfaces a poussé les vendeurs traditionnels à modifier leur comportement. À la Corporation des concessionnaires automobiles, on a mis en place le programme Occasion en or. «Ce sont des services que l'on met à la disposition des concessionnaires afin de les aider à mieux gérer leurs services de vente de véhicules d'occasion.»

Du côté de l'AMVOQ, qui regroupe plus de 1000 marchands de voitures d'occasion, on s'est donné un code d'éthique. «Le principe est celui de la transparence. Le consommateur doit en tout temps savoir ce qu'il achète. Par exemple, si la voiture a été réparée, quelles sont ces réparations?» De plus, ces deux associations ont mis en place des campagnes de publicité visant à faire connaître aux consommateurs les avantages de faire affaire avec leurs membres.

Avant d'acheter

Un véhicule, qu'il soit acheté neuf ou d'occasion, devra un jour ou l'autre être réparé. Une garantie s'impose si le consommateur ne tient pas à assumer la note à lui seul. Dans le cas d'une voiture d'occasion récente, il est possible que la garantie du manufacturier soit toujours valide.

Mais si tel n'est pas le cas, quelle sorte de protection le consommateur québécois a-t-il? La Loi sur la protection du consommateur stipule que tout véhicule vendu par un commerçant, ayant cinq ans ou moins et moins de 80 000 km au compteur, doit être accompagné d'une garantie. Cette dernière varie de un à six mois selon l'âge du véhicule et son kilométrage.

Il existe aussi sur le marché une foule de garanties prolongées que l'acheteur peut se procurer au moment de l'achat. C'est le cas par exemple chez Encan direct H. Grégoire. Mais attention! L'achat d'un de ces produits fait inévitablement grimper le prix du véhicule.

Autre conseil pratique: exiger, tel que le permet la loi, une inspection indépendante du véhicule soit sur les lieux de l'achat, soit dans un garage de votre choix. L'inspection doit comprendre un essai routier, une inspection mécanique, sans oublier l'inspection de la carrosserie, seule façon de déceler si le véhicule a déjà été accidenté. «Même si le vendeur jure que le véhicule a été inspecté, il faut la demander, affirme George Iny. Et dès qu'un vendeur se montre réticent à une inspection indépendante, c'est qu'il y a sans doute quelque chose qui cloche.»

On peut se procurer à l'APA une liste des garages recommandés et cet organisme offre, dans la grande région de Montréal, un service d'inspection sur les lieux pour la somme de 80 $, un investissement modeste qui peut prévenir plusieurs maux de tête. Car même si l'on sent dans cette industrie un désir et un effort de s'autoréguler, la prudence demeure de mise.

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