Voiture de l'avenir - Une voiture solaire lancée à 110 km/h!
Polytechnique met sur route la Esteban III
Imaginez que, pendant que vous travaillez, votre voiture (électrique), stationnée à l'extérieur, recharge tranquillement ses piles grâce à l'énergie solaire. De la sorte, lorsque vous quitterez le bureau en fin de journée, elle aura fait le plein sans qu'il ne vous en ait coûté quoi que ce soit.
«Ça, c'est la voiture de l'avenir!», lance avec enthousiasme et fermeté Hugo Careau, président du projet de véhicule solaire Esteban de l'École polytechnique de Montréal, parlant de son prototype. Cet étudiant en génie chimique dirige la vingtaine de collègues qui ont mis au point l'un des prototypes de voitures électriques qui pourraient être d'usage courant d'ici une quinzaine d'années.
«Dans notre équipe, dit-il, nous croyons que la voiture de demain sera purement électrique, et non pas hybride [essence + autre combustible ou électricité] comme celles qu'on voit présentement. Pour nous, l'avenir appartient définitivement aux voitures purement électriques puisqu'il y a de nombreux avantages.» Parmi ceux-ci figurent bien entendu l'absence de pollution (tant de combustion que sonore) et l'utilisation d'une source d'énergie abondante et inépuisable (l'électricité produite par le Soleil).
Hugo Careau souligne que le véhicule solaire Esteban («l'enfant du Soleil») représente en réalité la génération suivante. «Nous considérons que le véhicule solaire, c'est la voiture d'après-demain puisque, à la base, il s'agit d'une voiture électrique qu'on recharge à l'aide de l'énergie solaire.» Autrement dit, une fois que la voiture électrique «de base» sera d'usage courant, on passera aux voitures solaires en leur ajoutant des cellules solaires.
En ce sens, l'Esteban III représente bel et bien le prototype du véhicule de l'avenir. Mesurant 4,9 mètres de long et ne pesant que 240 kilos, elle roule à une vitesse de croisière de 85 km/h (et peut atteindre les 110 km/h). Mi-juillet, l'Esteban III devait prendre part au grand rallye biannuel North American Solar Challenge, une épreuve de 4000 km entre Austin (Texas) et Calgary (Canada). Toutefois, pour des raisons de sécurité, l'équipe de Polytechnique a préféré s'abstenir. «La compétition se déroule sur la grand-route, parmi les voitures et les camions ordinaires, indique Hugo Careau. Une fois sur place, nous ne nous sommes pas sentis suffisamment prêts... Nous avons préféré ne pas risquer la vie de nos pilotes.»
À quand l'ère des voitures électriques?
Après avoir consacré trois années d'intense labeur au projet Esteban — «Je dirais que, depuis deux ans, mes soirées de congé se comptent sur le bout de mes doigts!» —, Hugo Careau considère que la voiture électrique pourrait pratiquement être présente sur nos routes. «Technologiquement, dit-il, il ne manque pas grand-chose pour disposer de voitures électriques capables de concurrencer les voitures conventionnelles en matière d'autonomie, de vitesse de pointe et de confort...»
La principale lacune de toute voiture électrique réside, pour le moment, sur le plan de sa pile électrique. «Mais, même là, si on considère qu'une batterie actuelle peut donner une autonomie d'environ 150 à 200 km, voilà qui est amplement suffisant pour les besoins quotidiens de Monsieur et Madame Tout-le-monde», indique Hugo Careau. La pile peut ensuite être rechargée durant la nuit. «Mais ce n'est pas aussi commode que de passer à la station-service pour faire le plein d'essence en quelques minutes!»
Néanmoins, estime le futur ingénieur, si on y mettait tous un peu de bonne volonté, la voiture électrique deviendrait aisément d'usage courant. Il pense en fait que ce qui entrave réellement la mise en service des voitures électriques relève davantage de notre mode de vie et de quelques enjeux économico-politiques. Autrement dit: il est si facile pour nous d'utiliser des voitures à essence, celles-ci étant «soutenues» par un fort lobby industriel. «Je pense que c'est là que tout bloque...», laisse-t-il filer.
Pour l'heure, le prix élevé d'une telle voiture décourage bien des automobilistes de bonne foi. «Les batteries coûtent cher, de même que les moteurs électriques, indique M. Careau. Mais je pense que le jour où on produira en série des véhicules électriques, leur coût diminuera considérablement. Après tout, il n'y a qu'à remonter au début du siècle dernier; les premières voitures à essence, construites une à une, coûtaient elles aussi très cher.»
Une révolution en cache une autre
Comme l'illustre la voiture Esteban de l'École polytechnique, tous les ingrédients nécessaires à la commercialisation de la voiture électrique sont pratiquement au point... sauf la pile.
Or, on utilise de plus en plus de piles pour alimenter une foule d'appareils électroniques. Malgré le fait que plusieurs types de pile existent, aucune ne rivalise avec la quantité d'énergie contenue dans un litre d'essence. Tout se passe comme si nos piles s'assimilaient à de petits récipients percés, incapables de contenir bien longtemps le peu d'énergie qu'on parvient à y déposer.
Mais voilà que la venue de la voiture électrique incite fortement à l'invention d'un véritable récipient capable de contenir une bonne quantité d'énergie électrique. Une telle invention propulserait non seulement l'essor des voitures électriques mais, en raison de ses applications multiples, elle révolutionnerait notre société.
Qui sait, donc, si la «révolution» de la voiture électrique n'en cache pas une encore plus importante?
Collaborateur du Devoir
«Ça, c'est la voiture de l'avenir!», lance avec enthousiasme et fermeté Hugo Careau, président du projet de véhicule solaire Esteban de l'École polytechnique de Montréal, parlant de son prototype. Cet étudiant en génie chimique dirige la vingtaine de collègues qui ont mis au point l'un des prototypes de voitures électriques qui pourraient être d'usage courant d'ici une quinzaine d'années.
«Dans notre équipe, dit-il, nous croyons que la voiture de demain sera purement électrique, et non pas hybride [essence + autre combustible ou électricité] comme celles qu'on voit présentement. Pour nous, l'avenir appartient définitivement aux voitures purement électriques puisqu'il y a de nombreux avantages.» Parmi ceux-ci figurent bien entendu l'absence de pollution (tant de combustion que sonore) et l'utilisation d'une source d'énergie abondante et inépuisable (l'électricité produite par le Soleil).
Hugo Careau souligne que le véhicule solaire Esteban («l'enfant du Soleil») représente en réalité la génération suivante. «Nous considérons que le véhicule solaire, c'est la voiture d'après-demain puisque, à la base, il s'agit d'une voiture électrique qu'on recharge à l'aide de l'énergie solaire.» Autrement dit, une fois que la voiture électrique «de base» sera d'usage courant, on passera aux voitures solaires en leur ajoutant des cellules solaires.
En ce sens, l'Esteban III représente bel et bien le prototype du véhicule de l'avenir. Mesurant 4,9 mètres de long et ne pesant que 240 kilos, elle roule à une vitesse de croisière de 85 km/h (et peut atteindre les 110 km/h). Mi-juillet, l'Esteban III devait prendre part au grand rallye biannuel North American Solar Challenge, une épreuve de 4000 km entre Austin (Texas) et Calgary (Canada). Toutefois, pour des raisons de sécurité, l'équipe de Polytechnique a préféré s'abstenir. «La compétition se déroule sur la grand-route, parmi les voitures et les camions ordinaires, indique Hugo Careau. Une fois sur place, nous ne nous sommes pas sentis suffisamment prêts... Nous avons préféré ne pas risquer la vie de nos pilotes.»
À quand l'ère des voitures électriques?
Après avoir consacré trois années d'intense labeur au projet Esteban — «Je dirais que, depuis deux ans, mes soirées de congé se comptent sur le bout de mes doigts!» —, Hugo Careau considère que la voiture électrique pourrait pratiquement être présente sur nos routes. «Technologiquement, dit-il, il ne manque pas grand-chose pour disposer de voitures électriques capables de concurrencer les voitures conventionnelles en matière d'autonomie, de vitesse de pointe et de confort...»
La principale lacune de toute voiture électrique réside, pour le moment, sur le plan de sa pile électrique. «Mais, même là, si on considère qu'une batterie actuelle peut donner une autonomie d'environ 150 à 200 km, voilà qui est amplement suffisant pour les besoins quotidiens de Monsieur et Madame Tout-le-monde», indique Hugo Careau. La pile peut ensuite être rechargée durant la nuit. «Mais ce n'est pas aussi commode que de passer à la station-service pour faire le plein d'essence en quelques minutes!»
Néanmoins, estime le futur ingénieur, si on y mettait tous un peu de bonne volonté, la voiture électrique deviendrait aisément d'usage courant. Il pense en fait que ce qui entrave réellement la mise en service des voitures électriques relève davantage de notre mode de vie et de quelques enjeux économico-politiques. Autrement dit: il est si facile pour nous d'utiliser des voitures à essence, celles-ci étant «soutenues» par un fort lobby industriel. «Je pense que c'est là que tout bloque...», laisse-t-il filer.
Pour l'heure, le prix élevé d'une telle voiture décourage bien des automobilistes de bonne foi. «Les batteries coûtent cher, de même que les moteurs électriques, indique M. Careau. Mais je pense que le jour où on produira en série des véhicules électriques, leur coût diminuera considérablement. Après tout, il n'y a qu'à remonter au début du siècle dernier; les premières voitures à essence, construites une à une, coûtaient elles aussi très cher.»
Une révolution en cache une autre
Comme l'illustre la voiture Esteban de l'École polytechnique, tous les ingrédients nécessaires à la commercialisation de la voiture électrique sont pratiquement au point... sauf la pile.
Or, on utilise de plus en plus de piles pour alimenter une foule d'appareils électroniques. Malgré le fait que plusieurs types de pile existent, aucune ne rivalise avec la quantité d'énergie contenue dans un litre d'essence. Tout se passe comme si nos piles s'assimilaient à de petits récipients percés, incapables de contenir bien longtemps le peu d'énergie qu'on parvient à y déposer.
Mais voilà que la venue de la voiture électrique incite fortement à l'invention d'un véritable récipient capable de contenir une bonne quantité d'énergie électrique. Une telle invention propulserait non seulement l'essor des voitures électriques mais, en raison de ses applications multiples, elle révolutionnerait notre société.
Qui sait, donc, si la «révolution» de la voiture électrique n'en cache pas une encore plus importante?
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