Les services de garde en milieu familial particulièrement visés - Les garderies privées font l'objet d'un nombre disproportionné de plaintes
27 juillet 2005
Actualités en société
Photo : Jacques Nadeau
Comparativement aux centres de la petite enfance, ce qui inclut les services de garde en milieu familial, les garderies privées affichent un ratio d’une plainte par 206 places, alors que ce ratio est d’une plainte par 1345 places dans le secteur san
Les garderies privées à but lucratif sont l'objet d'un nombre disproportionné de plaintes, mais ce sont les services de garde en milieu familial qui sont les plus visés, et de loin, par les plaintes pour violence physique.
Selon les données du ministère de la Famille pour l'année 2004-2005 obtenues par la Presse canadienne, un peu plus de la moitié (53 %) des plaintes reçues au ministère visent les garderies privées, alors que celles-ci ne représentent que 15 % des places disponibles.
Par exemple, les garderies privées ont fait l'objet de plus la moitié (55 %) des plaintes pour attitude éducative inappropriée, telle la violence verbale, les punitions abusives, la discrimination ou l'humiliation.
Comparativement aux centres de la petite enfance, ce qui inclut les services de garde en milieu familial, les garderies privées affichent un ratio d'une plainte par 206 places, alors que ce ratio est d'une plainte par 1345 places dans le secteur sans but lucratif.
En contrepartie, les plaintes de violence physique correspondent presque en tous points aux proportions des places, le secteur privé ayant fait l'objet d'un peu plus de 17 % des plaintes, contre 82 % dans les CPE.
Ce sont les services de garde en milieu familial qui semblent poser problème à ce chapitre, alors que tout près de 80 % des plaintes pour violence physique se retrouvent dans ce milieu, même s'il ne représente que 46 % des places.
Il y a eu, en 2004-2005 un total de 34 plaintes pour violence physique, soit six en CPE, six en garderie privée et 22 en milieu familial.
Pas de collègues
Le directeur général de l'Association québécoise des CPE, Jean Robitaille, estime que les conditions de garde en milieu familial peuvent expliquer, du moins en partie, cette situation. «Il n'y a pas de collègues sur place qui, à la limite, sont capables d'intervenir, d'accompagner et de soutenir une responsable de garde en milieu familial. Est-ce que cela expliquerait le niveau plus élevé de plaintes? Il faudrait creuser davantage mais c'est peut-être une piste d'explication.»
Il ajoute que les parents dont les enfants se trouvent en milieu familial n'ont pas un contact direct quotidien avec la direction du CPE et sont peut-être plus portés, de ce fait, à s'adresser directement au ministère en cas de problème.
Quoi qu'il en soit, M. Robitaille estime que 22 plaintes sur plus de 87 000 places ne justifient pas l'instauration d'un effort généralisé de lutte contre la violence, mais bien la poursuite du soutien, de l'encadrement et de la formation offerts aux responsables, avec des interventions ciblées dans chacun des cas.
«S'il y a un problème réel de violence documentée, il n'y a pas d'hésitation: il y aura intervention pour modifier immédiatement la situation ou même retirer l'accréditation.»
Mode de gestion des plaintes
Dans la catégorie «Santé et sécurité des enfants», qui regroupe notamment les questions d'alimentation, d'équipement et d'hygiène, plus de trois plaintes sur quatre (76 %) reçues au ministère ont été portées contre des garderies privées.
Le président de l'Association des garderies privées du Québec, Sylvain Lévesque, fait valoir que la structure des garderies privées prête davantage le flanc aux plaintes.
«Le parent du CPE ne porte pas plainte contre son propre service de garde quand c'est lui que le gère. Les plaintes se règlent à l'interne. Dans une garderie privée, dès qu'il y a un petit conflit ou que le propriétaire n'est pas assez à l'écoute, le parent dépose une plainte au ministère.»
D'où la nécessité, ajoute-t-il, que le réseau privé établisse un mode de gestion des plaintes. Il note que le ministère de la Famille est au fait de ce problème depuis deux ans et que c'est à lui d'exiger que la gestion des plaintes soit intégrée à la régie interne des garderies.
Par ailleurs, M. Lévesque soutient que les statistiques sont trompeuses. «La grande majorité des garderies privées ne font pas l'objet de plaintes. Il y a un petit noyau dur de garderies privées qui ne respectent pas les normes et qui sont toujours ciblées par les parents. Ce sont environ 50 garderies qui sont toujours, toujours, toujours non conformes, et contre lesquelles les parents portent plainte.»
Interrogations au ministère
Au bureau de la ministre Carole Théberge, on reconnaît que ces données soulèvent des interrogations, mais on précise que des sommes ont été mises de côté pour améliorer la situation.
Ainsi, par exemple, environ 2,5 millions de dollars seront consacrés cette année à rehausser la formation du personnel dans le secteur privé. Dans les CPE, plus des deux tiers des employées détiennent un diplôme collégial en technique d'éducation à l'enfance, mais cette proportion n'est que d'un tiers dans le secteur privé et le ministère entend la porter aux deux tiers à court terme.
Par ailleurs, une porte-parole de la ministre a expliqué, à l'instar de M. Lévesque, que, dans le secteur public, plusieurs plaintes sont réglées au niveau du CPE, puisque les parents y détiennent un pouvoir décisionnel sur le conseil d'administration. Toutefois, aucune donnée ne démontre qu'il se règle davantage de plaintes localement dans les CPE que dans le secteur privé, et si tel était le cas, rien n'expliquerait pourquoi les garderies privées ne peuvent en faire autant au niveau local.
La porte-parole a ajouté qu'il est difficile de déterminer combien de plaintes sont fondées parmi celles reçues, tout en reconnaissant que cette question se pose tant pour les CPE que pour les garderies privées.
Selon les données du ministère de la Famille pour l'année 2004-2005 obtenues par la Presse canadienne, un peu plus de la moitié (53 %) des plaintes reçues au ministère visent les garderies privées, alors que celles-ci ne représentent que 15 % des places disponibles.
Par exemple, les garderies privées ont fait l'objet de plus la moitié (55 %) des plaintes pour attitude éducative inappropriée, telle la violence verbale, les punitions abusives, la discrimination ou l'humiliation.
Comparativement aux centres de la petite enfance, ce qui inclut les services de garde en milieu familial, les garderies privées affichent un ratio d'une plainte par 206 places, alors que ce ratio est d'une plainte par 1345 places dans le secteur sans but lucratif.
En contrepartie, les plaintes de violence physique correspondent presque en tous points aux proportions des places, le secteur privé ayant fait l'objet d'un peu plus de 17 % des plaintes, contre 82 % dans les CPE.
Ce sont les services de garde en milieu familial qui semblent poser problème à ce chapitre, alors que tout près de 80 % des plaintes pour violence physique se retrouvent dans ce milieu, même s'il ne représente que 46 % des places.
Il y a eu, en 2004-2005 un total de 34 plaintes pour violence physique, soit six en CPE, six en garderie privée et 22 en milieu familial.
Pas de collègues
Le directeur général de l'Association québécoise des CPE, Jean Robitaille, estime que les conditions de garde en milieu familial peuvent expliquer, du moins en partie, cette situation. «Il n'y a pas de collègues sur place qui, à la limite, sont capables d'intervenir, d'accompagner et de soutenir une responsable de garde en milieu familial. Est-ce que cela expliquerait le niveau plus élevé de plaintes? Il faudrait creuser davantage mais c'est peut-être une piste d'explication.»
Il ajoute que les parents dont les enfants se trouvent en milieu familial n'ont pas un contact direct quotidien avec la direction du CPE et sont peut-être plus portés, de ce fait, à s'adresser directement au ministère en cas de problème.
Quoi qu'il en soit, M. Robitaille estime que 22 plaintes sur plus de 87 000 places ne justifient pas l'instauration d'un effort généralisé de lutte contre la violence, mais bien la poursuite du soutien, de l'encadrement et de la formation offerts aux responsables, avec des interventions ciblées dans chacun des cas.
«S'il y a un problème réel de violence documentée, il n'y a pas d'hésitation: il y aura intervention pour modifier immédiatement la situation ou même retirer l'accréditation.»
Mode de gestion des plaintes
Dans la catégorie «Santé et sécurité des enfants», qui regroupe notamment les questions d'alimentation, d'équipement et d'hygiène, plus de trois plaintes sur quatre (76 %) reçues au ministère ont été portées contre des garderies privées.
Le président de l'Association des garderies privées du Québec, Sylvain Lévesque, fait valoir que la structure des garderies privées prête davantage le flanc aux plaintes.
«Le parent du CPE ne porte pas plainte contre son propre service de garde quand c'est lui que le gère. Les plaintes se règlent à l'interne. Dans une garderie privée, dès qu'il y a un petit conflit ou que le propriétaire n'est pas assez à l'écoute, le parent dépose une plainte au ministère.»
D'où la nécessité, ajoute-t-il, que le réseau privé établisse un mode de gestion des plaintes. Il note que le ministère de la Famille est au fait de ce problème depuis deux ans et que c'est à lui d'exiger que la gestion des plaintes soit intégrée à la régie interne des garderies.
Par ailleurs, M. Lévesque soutient que les statistiques sont trompeuses. «La grande majorité des garderies privées ne font pas l'objet de plaintes. Il y a un petit noyau dur de garderies privées qui ne respectent pas les normes et qui sont toujours ciblées par les parents. Ce sont environ 50 garderies qui sont toujours, toujours, toujours non conformes, et contre lesquelles les parents portent plainte.»
Interrogations au ministère
Au bureau de la ministre Carole Théberge, on reconnaît que ces données soulèvent des interrogations, mais on précise que des sommes ont été mises de côté pour améliorer la situation.
Ainsi, par exemple, environ 2,5 millions de dollars seront consacrés cette année à rehausser la formation du personnel dans le secteur privé. Dans les CPE, plus des deux tiers des employées détiennent un diplôme collégial en technique d'éducation à l'enfance, mais cette proportion n'est que d'un tiers dans le secteur privé et le ministère entend la porter aux deux tiers à court terme.
Par ailleurs, une porte-parole de la ministre a expliqué, à l'instar de M. Lévesque, que, dans le secteur public, plusieurs plaintes sont réglées au niveau du CPE, puisque les parents y détiennent un pouvoir décisionnel sur le conseil d'administration. Toutefois, aucune donnée ne démontre qu'il se règle davantage de plaintes localement dans les CPE que dans le secteur privé, et si tel était le cas, rien n'expliquerait pourquoi les garderies privées ne peuvent en faire autant au niveau local.
La porte-parole a ajouté qu'il est difficile de déterminer combien de plaintes sont fondées parmi celles reçues, tout en reconnaissant que cette question se pose tant pour les CPE que pour les garderies privées.
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