Production porcine - Le débat est ouvert
Le BAPE lance ses audiences publiques
Un débat public sur la production porcine au Québec a été lancé hier matin. Les Québécois pourront donc faire part au Bureau des audiences publiques de l'environnement (BAPE) de leurs préoccupations et proposer des stratégies qui permettraient à cette pratique agricole de contribuer au développement durable du Québec, a annoncé le ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole, à l'Environnement et à l'Eau, André Boisclair.
Le ministre a avoué que les diverses mesures que son ministère a lancées en juin — le moratoire sur toute nouvelle entreprise porcine d'ici la fin de 2003 ainsi que le nouveau règlement sur les exploitations agricoles qui prône une nouvelle approche en matière de gestion du phosphore présent dans le lisier de porc — ne peuvent solutionner qu'une partie des problèmes environnementaux reliés à la production porcine. «Nous sommes conscients de la nécessité d'identifier et de mettre en oeuvre d'autres actions visant à assainir et à protéger l'environnement en milieu agricole», a-t-il avancé comme motif pour lancer la consultation publique.
M. Boisclair a donc confié au BAPE le mandat d'établir un cadre de développement durable qui tiendra compte à la fois des dimensions environnementales, économiques et sociales. «Il faut produire tout en assurant la pérennité des sols et des cours d'eau, a-t-il précisé. Mais en même temps, le gouvernement est déterminé à tout faire pour préserver la vitalité de l'industrie porcine qui contribue grandement à l'essor des petites villes et villages dans toutes les régions du Québec. Le monde rural, comme tout le Québec, ne peut se permettre de voir l'agriculture péricliter.»
Le ministre a par ailleurs expliqué qu'il avait imposé un moratoire sur la production porcine afin que le débat se déroule dans un climat de relative sérénité. «En raison des débats houleux qui avaient cours dans l'ensemble des régions du Québec, je ne pouvais éviter ce moratoire compte tenu de mon objectif de favoriser la réconciliation», a-t-il précisé.
La Fédération des producteurs de porcs du Québec salue la tenue de cette consultation, d'autant plus qu'elle sera orchestrée par un organisme crédible comme le BAPE. Son président Clément Pouliot espère que «le débat sera serein et qu'on y tiendra un discours rationnel».
L'organisme a l'intention de déposer plusieurs mémoires sur différents dossiers. «La production porcine n'est pas seulement une question d'environnement, a-t-il commenté. Ça concerne aussi l'activité économique en termes de création d'emplois et de qualité du produit.»
Clément Pouliot espère aussi qu'on lèvera au plus tôt le moratoire car sinon le Québec ne pourra plus faire face à la concurrence. La contribution des agriculteurs québécois compte aujourd'hui pour 31 % de la production porcine canadienne alors qu'elle était de
34 % il y a cinq ans. «Si nous continuons de diminuer notre production, nous risquons de perdre nos compétences, notre expertise, qui glisseront vers d'autres provinces ou d'autres pays où la production est en pleine croissance. On peut ainsi être complètement écartés du marché en l'espace de quelques années», a-t-il affirmé.
Roméo Bouchard, de l'Union paysanne, applaudit aussi le lancement d'un débat public. Bien qu'il considère le BAPE comme une tribune exceptionnelle pour un tel débat, il prévient que «cela ne garantit pas que le gouvernement appliquera les recommandations», dit-il.
Son organisme entend bien contester le nouveau règlement sur les exploitations agricoles qu'a instauré le gouvernement du Québec en juin dernier. «Ce règlement remet tout le contrôle environnemental entre les mains d'agronomes et d'ingénieurs payés par le producteur lui-même. C'est privatiser tout le contrôle environnemental.»
Les deux organisations accueillent favorablement la composition de la commission, qui compte à titre de présidente Louise Boucher, qui a déjà oeuvré au sein de sept autres commissions.
Le ministre a avoué que les diverses mesures que son ministère a lancées en juin — le moratoire sur toute nouvelle entreprise porcine d'ici la fin de 2003 ainsi que le nouveau règlement sur les exploitations agricoles qui prône une nouvelle approche en matière de gestion du phosphore présent dans le lisier de porc — ne peuvent solutionner qu'une partie des problèmes environnementaux reliés à la production porcine. «Nous sommes conscients de la nécessité d'identifier et de mettre en oeuvre d'autres actions visant à assainir et à protéger l'environnement en milieu agricole», a-t-il avancé comme motif pour lancer la consultation publique.
M. Boisclair a donc confié au BAPE le mandat d'établir un cadre de développement durable qui tiendra compte à la fois des dimensions environnementales, économiques et sociales. «Il faut produire tout en assurant la pérennité des sols et des cours d'eau, a-t-il précisé. Mais en même temps, le gouvernement est déterminé à tout faire pour préserver la vitalité de l'industrie porcine qui contribue grandement à l'essor des petites villes et villages dans toutes les régions du Québec. Le monde rural, comme tout le Québec, ne peut se permettre de voir l'agriculture péricliter.»
Le ministre a par ailleurs expliqué qu'il avait imposé un moratoire sur la production porcine afin que le débat se déroule dans un climat de relative sérénité. «En raison des débats houleux qui avaient cours dans l'ensemble des régions du Québec, je ne pouvais éviter ce moratoire compte tenu de mon objectif de favoriser la réconciliation», a-t-il précisé.
La Fédération des producteurs de porcs du Québec salue la tenue de cette consultation, d'autant plus qu'elle sera orchestrée par un organisme crédible comme le BAPE. Son président Clément Pouliot espère que «le débat sera serein et qu'on y tiendra un discours rationnel».
L'organisme a l'intention de déposer plusieurs mémoires sur différents dossiers. «La production porcine n'est pas seulement une question d'environnement, a-t-il commenté. Ça concerne aussi l'activité économique en termes de création d'emplois et de qualité du produit.»
Clément Pouliot espère aussi qu'on lèvera au plus tôt le moratoire car sinon le Québec ne pourra plus faire face à la concurrence. La contribution des agriculteurs québécois compte aujourd'hui pour 31 % de la production porcine canadienne alors qu'elle était de
34 % il y a cinq ans. «Si nous continuons de diminuer notre production, nous risquons de perdre nos compétences, notre expertise, qui glisseront vers d'autres provinces ou d'autres pays où la production est en pleine croissance. On peut ainsi être complètement écartés du marché en l'espace de quelques années», a-t-il affirmé.
Roméo Bouchard, de l'Union paysanne, applaudit aussi le lancement d'un débat public. Bien qu'il considère le BAPE comme une tribune exceptionnelle pour un tel débat, il prévient que «cela ne garantit pas que le gouvernement appliquera les recommandations», dit-il.
Son organisme entend bien contester le nouveau règlement sur les exploitations agricoles qu'a instauré le gouvernement du Québec en juin dernier. «Ce règlement remet tout le contrôle environnemental entre les mains d'agronomes et d'ingénieurs payés par le producteur lui-même. C'est privatiser tout le contrôle environnemental.»
Les deux organisations accueillent favorablement la composition de la commission, qui compte à titre de présidente Louise Boucher, qui a déjà oeuvré au sein de sept autres commissions.
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