Les Canadiens continuent d'aimer la patate, de préférence en croustilles
Le paradoxe du consommateur vient à nouveau de frapper. Sous la pression des régimes alimentaires faibles en hydrates de carbone et des rythmes de vie changeants, la pomme de terre fraîche fait de moins en moins sensation au pays depuis une dizaine d'années, révèle une analyse de Statistique Canada. La tubercule est toutefois loin d'être menacée par cette tendance. Au contraire: sa consommation sous des formes permettant facilement de l'oublier — croustilles, flocons déshydratés et autres — ne cesse en effet de croître, indiquent les spécialistes des chiffres.
Globalement, la bonne vieille patate se porte donc très bien. En 15 ans, sa consommation par personne est en effet passée de 67 kilogrammes par année à 72,5, plaçant ainsi, en 2003, ce légume toujours en bonne place dans le coeur — et sur la liste d'épicerie — des consommateurs. Bien avant les très populaires laitues, carottes, oignons et tomates, selon cette étude de Statistique Canada rendue publique mardi.
Sur la même période, l'amour pour la pomme de terre dans sa version dite de table (comprendre: à éplucher et à faire bouillir, par exemple) ne s'est guère étiolé, avec une consommation annuelle moyenne de 34,5 kilos par personne, révèle dans son document la statisticienne Barbara McLaughlin. Cette constance dissimule toutefois une chute importante concentrée dans les cinq dernières années, fenêtre temporelle pendant laquelle les Canadiens ont décidé d'engranger près de huit kilos de moins de pomme de terre fraîche dans leur garde-manger.
«Les consommateurs ont beaucoup fait évoluer leurs habitudes alimentaires, a commenté hier Marie Bouillé, directrice générale de la Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec. Bien sûr, nous avons senti un peu l'effet de certains régimes à la mode, mais le fait que les gens cuisinent moins et mangent plus à l'extérieur a aussi beaucoup influencé le marché de la pomme de terre.»
Conséquence: depuis 1988, la frite congelée (et ses dérivés en galette ou en visage souriant) a perdu un peu de lustre, avec près de deux kilos soustraits de l'alimentation des Canadiens... au profit de la croustille dont la consommation, elle, est passée de 10 à 11,5 kilos en 15 ans. «C'est un secteur qui se porte bien, confirme Mme Bouillé. La croustille, personne ne dit en manger mais tout le monde en achète! La diversification de l'offre tout comme l'apparition rapide de produits sans gras trans y a été aussi pour beaucoup.»
Le secteur des produits transformés à base de pomme de terre se porte lui aussi à ravir, selon Statistique Canada, qui note depuis 1988 une croissance constante de la consommation, qui est passée de 7 à 13,5 kilos aujourd'hui. Les fameux flocons déshydratés permettant de faire vivre une purée en deux coups de cuillère en bois et un peu d'eau, les pommes de terre pré-pelées et pré-cuites ou encore la fécule se retrouvent au coeur de cette tendance. Une tendance qui fait sourire cette industrie, principalement localisée à l'Île-du-Prince-Édouard, au Manitoba, en Alberta et au Nouveau-Brunswick. Le Québec abrite toutefois sur son territoire près de 364 cultivateurs de pomme de terre qui, en 2004, ont produit près de 630 000 tonnes de cette tubercule. Le tout pour une valeur totale de 96 millions de dollars, selon la Fédération.
Globalement, la bonne vieille patate se porte donc très bien. En 15 ans, sa consommation par personne est en effet passée de 67 kilogrammes par année à 72,5, plaçant ainsi, en 2003, ce légume toujours en bonne place dans le coeur — et sur la liste d'épicerie — des consommateurs. Bien avant les très populaires laitues, carottes, oignons et tomates, selon cette étude de Statistique Canada rendue publique mardi.
Sur la même période, l'amour pour la pomme de terre dans sa version dite de table (comprendre: à éplucher et à faire bouillir, par exemple) ne s'est guère étiolé, avec une consommation annuelle moyenne de 34,5 kilos par personne, révèle dans son document la statisticienne Barbara McLaughlin. Cette constance dissimule toutefois une chute importante concentrée dans les cinq dernières années, fenêtre temporelle pendant laquelle les Canadiens ont décidé d'engranger près de huit kilos de moins de pomme de terre fraîche dans leur garde-manger.
«Les consommateurs ont beaucoup fait évoluer leurs habitudes alimentaires, a commenté hier Marie Bouillé, directrice générale de la Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec. Bien sûr, nous avons senti un peu l'effet de certains régimes à la mode, mais le fait que les gens cuisinent moins et mangent plus à l'extérieur a aussi beaucoup influencé le marché de la pomme de terre.»
Conséquence: depuis 1988, la frite congelée (et ses dérivés en galette ou en visage souriant) a perdu un peu de lustre, avec près de deux kilos soustraits de l'alimentation des Canadiens... au profit de la croustille dont la consommation, elle, est passée de 10 à 11,5 kilos en 15 ans. «C'est un secteur qui se porte bien, confirme Mme Bouillé. La croustille, personne ne dit en manger mais tout le monde en achète! La diversification de l'offre tout comme l'apparition rapide de produits sans gras trans y a été aussi pour beaucoup.»
Le secteur des produits transformés à base de pomme de terre se porte lui aussi à ravir, selon Statistique Canada, qui note depuis 1988 une croissance constante de la consommation, qui est passée de 7 à 13,5 kilos aujourd'hui. Les fameux flocons déshydratés permettant de faire vivre une purée en deux coups de cuillère en bois et un peu d'eau, les pommes de terre pré-pelées et pré-cuites ou encore la fécule se retrouvent au coeur de cette tendance. Une tendance qui fait sourire cette industrie, principalement localisée à l'Île-du-Prince-Édouard, au Manitoba, en Alberta et au Nouveau-Brunswick. Le Québec abrite toutefois sur son territoire près de 364 cultivateurs de pomme de terre qui, en 2004, ont produit près de 630 000 tonnes de cette tubercule. Le tout pour une valeur totale de 96 millions de dollars, selon la Fédération.
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