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Shriners: Charest pourrait aller plaider à Baltimore

28 juin 2005  Actualités en société
Québec — La délégation québécoise en faveur du maintien à Montréal de l’hôpital Shriners va mettre le paquet, au cours des prochains jours, pour plaider la cause du Québec.

Tout indique que le premier ministre Jean Charest se rendra en personne à Baltimore, au Maryland, en vue de tout mettre en oeuvre pour éviter le déménagement possible — certains diront probable — de l’hôpital à London, en Ontario. Il aura donc l’occasion de croiser le fer avec son homologue ontarien, Dalton McGuinty, qui a promis d’y être aussi.
Réunis en congrès à Baltimore, 1500 Shriners vont décider le 5 juillet du sort de l’hôpital spécialisé en orthopédie pour enfants, trop à l’étroit dans ses locaux actuels.
Samedi, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, prendront la tête d’une délégation d’une vingtaine de personnes, qui n’auront que quelques jours pour convaincre un nombre suffisant de délégués de voter pour Montréal et damer le pion à l’Ontario, s’il n’est pas trop tard.
Le premier ministre Charest pourrait se joindre à eux un peu plus tard. Il devrait confirmer sa présence aujourd’hui et préciser ses intentions.
Le Québec a besoin de l’appui d’environ 500 délégués pour assurer la construction du futur hôpital des Shriners à Montréal, plutôt qu’à London. Les trois quarts des délégués sont américains.
Certains croient que c’est encore possible, mais personne ne crie victoire, car le lobby de l’Ontario a été très intense ces derniers mois. De plus, en avril, le comité national des Shriners a conclu qu’il fallait déménager en Ontario.
«Nous sommes prudemment optimistes», a déclaré hier la chef des communications du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Judith Horrell, lors d’un entretien téléphonique. L’hôpital des Shriners est affilié au CUSM.
Aujourd’hui, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Les Amis de l’Hôpital Shriners de Montréal tiendront une conférence de presse, à Montréal, pour donner la liste des membres de la délégation québécoise.
À Baltimore, rien ne sera épargné pour convaincre les sceptiques et les indécis: rencontres d’informations avec des groupes de délégués, présentations vidéo, exposition de la maquette du projet du nouvel hôpital, témoignages et lettres d’appuis de leaders de différents milieux et d’experts environnementaux.
Mais Mme Horrell craint que ce soit «l’émotion» et non la raison qui guide les délégués dans le choix du site.
Le Québec misera sur le fait que si on peut déménager un édifice, c’est plus difficile de déménager une équipe de spécialistes, une expertise acquise au fil des décennies et une synergie avec d’autres institutions montréalaises, comme c’est le cas de l’hôpital des Shriners, établi à Montréal depuis 1925.
«On mise là-dessus», dit Mme Horrell, en souhaitant qu’au bout du compte ce soit «le meilleur intérêt des enfants» qui prime.
Quant à eux, les employés de l’hôpital ont déjà indiqué qu’ils n’avaient pas l’intention de s’installer à London.
L’hôpital nécessitera un investissement de 100 millions $ de la part des Shriners. Québec fournit gratuitement le terrain, d’une valeur de 5 millions. Il serait situé sur le site de la Cour Glen, près du futur Centre universitaire de santé McGill.
La délégation ontarienne a besoin du vote des deux tiers des délégués pour gagner la mise.
La délégation ontarienne a besoin du vote des deux tiers des délégués pour gagner la mise. Les motivations de ces derniers de vouloir quitter le Québec et s’établir en Ontario demeurent nébuleuses.
La perspective de l’accession du Québec à la souveraineté a même été brandie comme un argument favorable au changement de province.
 
 
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