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Nouveau record de chaleur

Montréal aura connu neuf journées de grande chaleur en juin

L’humidité aidant, on avait l’impression qu’il faisait plus de 30 degrés Celsius hier. Il fallait bien trouver une manière de se rafraîchir...
Photo : Jacques Nadeau
L’humidité aidant, on avait l’impression qu’il faisait plus de 30 degrés Celsius hier. Il fallait bien trouver une manière de se rafraîchir...
En grimpant au-dessus des 30 °C pour la huitième fois en un mois à Montréal, le mercure a fait d'hier une journée historique d'un point de vue météorologique. Depuis qu'Environnement Canada a entrepris, en 1941, de compiler les observations météorologiques faites à l'aéroport de Montréal, jamais Dame Nature n'avait en effet dépassé les 30 °C plus de sept fois en juin.

Il faut remonter à 1949, 1957, 1983 et 1999 pour trouver des mois de juin ayant dépassé les 30 °C à sept reprises. Mais Dame Nature pourrait hausser la barre un peu plus haut cette année avec une neuvième journée de grande chaleur en juin, et ce, dès aujourd'hui. Environnement Canada prévoit en effet que le mercure sera tout aussi expansif cet après-midi avec un maximum prévu de 34 °C.

Résultat, il aura fait chaud à Montréal et dans l'extrême sud-ouest du Québec en juin, si chaud en fait que le météorologiste René Héroux prévoit un nouveau record, celui du mois de juin le plus chaud «de tous les temps»... comptabilisés. «Il faudra attendre le 30 juin pour en être certain, mais j'ai l'impression que, s'il n'est pas battu, nous serons très près», estime le porte-parole d'Environnement Canada.

Pour le moment, c'est le mois de juin 1999 qui détient la palme du mois de juin le plus chaud avec une température moyenne de 21 °C. «Jusqu'à présent, la température moyenne du mois de juin 2005 est de 20,8 °C. J'ai l'impression qu'au rythme où vont les choses, on devrait battre ce record», explique M. Héroux.

Cela dit, bien que le mercure flirte depuis vendredi avec les 30 °C dans le sud-ouest du Québec, il n'y a pas lieu d'émettre des avis de canicule pour le moment. «Pour qu'Environnement Canada émette un avis de chaleur et d'humidité accablantes, il faut que la température atteigne les 40 °C et plus avec l'humidex. Demain [aujourd'hui], il y a de bonnes chances pour que cela se produise», estime M. Héroux.

En attendant, les autorités de la santé publique sont sur le qui-vive. En effet, celles-ci n'attendent pas que la canicule sévisse pour prévenir et informer. Quand une poussée de chaleur s'abat sur la métropole, les autorités de la santé publique disposent de trois niveaux d'action: la veille, l'alerte et la mobilisation.

En ce moment, elles ne sont même pas en mode veille. «Techniquement, on n'est pas en veille, mais on sent que le public a besoin d'informations, alors nous nous faisons plus présents, surtout que c'est la deuxième vague de chaleur que nous connaissons en juin», explique Norman King, de la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal.

Pour passer en mode alerte, il faut trois jours consécutifs à plus de 20 °C la nuit et plus de 33 °C le jour, avec deux nuits à 25 °C. La mobilisation s'enclenche dès que la Direction de la santé publique estime que ces conditions vont se prolonger ou lorsqu'il y a un excès de mortalité, un scénario somme toute assez rare.

Le cas échéant, les Centres de santé et de services sociaux, les municipalités et divers organismes communautaires sont mis à contribution afin de rendre disponibles des endroits frais et une foule d'autres services. Par exemple, l'ouverture des piscines publiques est prolongée, les personnes vulnérables sont prises en charge et de l'eau est distribuée aux sans-abri.

Depuis 1987, seuls sept épisodes ont nécessité une telle intervention. À cette occasion, les décès sont montés jusqu'à 200 par jour à Montréal alors qu'on n'en compte que 40 à 45 en temps ordinaire.

Canicule ou pas, chacun doit prendre ses précautions dès que le mercure dépasse les 30 °C comme c'est le cas depuis vendredi, particulièrement les plus vulnérables, soit les personnes âgées, mais aussi les jeunes enfants, les malades chroniques et ceux qui prennent des antidépresseurs, des diurétiques ou des antihypertenseurs et des neuroleptiques.

Les maux dus à la chaleur sont multiples: déshydratation, fatigue, crampes musculaires, syncopes, épuisement et coups de chaleur. Pour contrer ces désagréments qui peuvent devenir sérieux et même conduire à la mort, une règle de base: boire de l'eau, beaucoup d'eau, même si la soif ne se fait pas sentir.

Il ne pas faut pas hésiter non plus à faire trempette aussi souvent que nécessaire. Il faut également éviter les boissons alcoolisées et les boissons à forte teneur en caféine ou en sucre, fuir le soleil et préconiser l'ombre et l'air climatisé.

Quand on se compare, on se console, dit l'adage. La vague de chaleur qui s'est abattue sur l'Europe est autrement plus inquiétante que celle qui sévit présentement au Québec. En Italie, les gouvernements ont même dû se résoudre hier à prendre des mesures de prévention pour les personnes âgées afin d'éviter la répétition du drame de l'été 2003, qui avait provoqué une surmortalité de 20 000 personnes. En ce moment, un million de personnes âgés sont en danger en Italie à cause de la vague de chaleur et la situation est «très préoccupante», a averti hier le ministre de la Santé.

Les conditions en France ne sont guère mieux alors que l'état d'alerte a été décrété dans plusieurs départements, rappelant durement aux Français les quelque 15 000 morts provoqués par la chaleur, à l'été 2003. Aujourd'hui, le mercure pourrait grimper jusqu'à 40 °C en plusieurs endroits au sud de l'Hexagone.

Mince consolation, les autres pays européens frappés par la vague de chaleur ont en revanche connu un répit hier après plusieurs journées de fortes chaleurs.

Avec l'AFP
 
 
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