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La «Journée d'affranchissement de l'impôt», telle que calculée par l'Institut Fraser, est sévèrement critiquée

25 juin 2005  Actualités en société
Selon l’Institut Fraser, les Canadiens commenceront véritablement à travailler pour leur bénéfice personnel, plutôt que pour celui des gouvernements, à compter de demain. La méthode de calcul de l’organisme de droite est toutefois fortement co
Photo : Pascal Ratthé
Selon l’Institut Fraser, les Canadiens commenceront véritablement à travailler pour leur bénéfice personnel, plutôt que pour celui des gouvernements, à compter de demain. La méthode de calcul de l’organisme de droite est toutefois fortement co
Toronto — Chaque année, la nouvelle provoque l'indignation chez les conservateurs, des grognements chez les politiciens et, semble-t-il, l'indifférence générale au sein de la population.

Mais, cette fois, la «journée d'affranchissement de l'impôt» pour les contribuables du Canada — le dimanche 26 juin en l'occurrence, c'est-à-dire demain — est critiquée avec virulence, un groupe de réflexion la qualifiant de truc publicitaire fallacieux.

L'Institut Fraser affirme que les contribuables devraient encercler la journée de demain sur leur calendrier parce que, compte tenu du total des taxes et des impôts qu'ils devront payer pour l'année fiscale 2005, c'est à cette date que leurs revenus commenceront à aller dans leurs poches plutôt que dans celles des divers gouvernements.

La date de la journée d'affranchissement, cette année, est la même qu'en 2000. C'est aussi «la journée d'affranchissement de l'impôt la plus tardive de l'histoire canadienne», a indiqué l'Institut Fraser par voie de communiqué hier.

Cette notion est toutefois devenue une cible de choix pour le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), un organisme qui affirme que les calculs de l'Institut Fraser sous-estiment les revenus des Canadiens et surestiment leurs contributions en taxes et impôts.

Le CCPA déclare que la méthode de l'Institut Fraser est basée sur le revenu familial moyen, plutôt que sur le revenu médian — c'est-à-dire le niveau où exactement la moitié des familles ont plus de revenus et l'autre moitié, moins.

L'Institut restreint également ses calculs aux «revenus en argent», laissant de côté d'autres revenus, comme les gains en capital, avance l'étude du CCPA.

Selon Neil Brooks, l'auteur de l'étude, en se limitant aux revenus en argent, on donne l'impression que les Canadiens paient davantage de taxes qu'en réalité, repoussant du même coup la journée d'affranchissement à beaucoup plus tard dans l'année.

Si, en 2004, l'Institut Fraser avait fait ses calculs en tenant compte du revenu familial total, la journée d'affranchissement de l'impôt serait survenue le 30 avril plutôt que le 25 juin, la date annoncée par l'Institut.

«Les calculs de l'Institut sont ridiculement exagérés», a affirmé M. Brooks, qui enseigne le droit fiscal à la Osgoode Hall Law School à Toronto.

Il s'agit là de nuances qui feront bâiller même les contribuables les plus indignés, mais, entre économistes, il y a matière à débattre pendant des heures.

«J'ai lu le rapport [du CCPA], a déclaré Niels Veldhuis, économiste principal de recherche à l'Institut Fraser. Ce n'est pas vraiment une étude, c'est plutôt une lettre d'opinion de 27 pages.»

Le revenu en argent, qui comprend le salaire, les pensions, les intérêts et les dividendes, est une façon de calculer les revenus qui est utilisée par Statistique Canada, a souligné M. Veldhuis.

Peu importe à quelle date elle survient, la journée d'affranchissement de l'impôt a pour but de rappeler que le fardeau financier des Canadiens est énorme, a déclaré John Williamson, directeur fédéral de la Fédération canadienne des contribuables.

«Les taxes représentent la dépense la plus importante pour une famille... davantage que le logement, l'alimentation ou les loisirs», a fait remarquer M. Williamson.
 
 
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