Fusillade à Laval - Une rave tourne au cauchemar
Six blessés, quatre arrestations et... 3000 suspects passés au crible
Photo : Normand Blouin
Transformés en suspects, les 3000 jeunes qui participaient au «party industriel» de Laval, dans la nuit de dimanche à hier, ont été fouillés systématiquement, comme le veut la procédure, afin de retrouver les auteurs de la fusillade qui a fait s
La musique de type techno-trance-lounge-hip-hop devait couler à flot de minuit à midi avec son corollaire, des shorts courts, des bâtons de lumières qu'on agite et des «petites pilules désinhibantes» que l'on s'échange sous le manteau. Mais à 5 heures hier matin, au club after hours le Red Lite de Laval, la rave a malheureusement tourné court après qu'un groupe de 10 à 12 personnes reliées à un gang de rue, selon la police, eut ouvert le feu sur l'assistance. Bilan: six blessés, quatre arrestations et... 3000 suspects passés au crible.
La violence gratuite était hier matin au coin des rues Notre-Dame-de-Fatima et de Lierre, dans le quartier Vimont à Laval, où le Red Lite tenait sa traditionnelle rave du dimanche soir: douze heures de musique électronique et de boissons énergisantes baptisées le «party industriel» à l'occasion de la fête du travail. Le décor de la sauterie était connu. Le déroulement, prévisible... jusqu'à cinq heures du matin.
«Là, un groupe de 10 à 12 jeunes s'est présenté à l'entrée du club, a expliqué Guy Lajeunesse, du service de police de Laval, où le passage au détecteur de métal était obligatoire. Les garçons du groupe ont essayé d'éviter le contrôle d'usage, mais ils ont été pris en chasse par les agents de sécurité.» Une poursuite s'est alors amorcée dans le vestibule du club, a raconté le policier, au terme de laquelle neuf coups de feu ont été tirés. Les balles sans destination précise ont atteint six fêtards au dos, au thorax, aux jambes, aux bras et à la poitrine. En milieu d'après-midi, hier, l'état de santé des victimes était toutefois «jugé stable» par les autorités médicales.
État d'urgence
Très vite, le service de police de Laval a décrété sur les ondes de sa radio l'«état d'urgence» dans la banlieue située au nord de Montréal. Derrière ce «jargon interne», précise M. Lajeunesse: la mobilisation d'une centaine de policiers et de leurs fidèles compagnons — les chiens — qui ont établi un périmètre de sécurité autour du Red Lite afin de mettre la main au collet du ou des responsables de la fusillade. Les tireurs, après avoir fait parler les armes dans ce haut lieu du divertissement matinal, se sont très vite fondus dans la masse transpirante des ravers en mal d'évasion chimique et sonore.
Conséquence: les 3000 jeunes présents pour ce «party industriel», sous l'effet d'un psychotrope ou non, se sont retrouvés d'un coup transformés en suspects. Des suspects évacués, un à un, jusqu'au milieu de l'après-midi, par un imposant cordon policier, et fouillés systématiquement, comme le veut la procédure, afin de séparer le bon grain de l'ivraie. Au même moment, des gardiens de la paix en civil ont promené leurs oreilles attentives et leur regard de fins limiers à l'intérieur du bâtiment, histoire de trouver les coupables ou encore d'en apprendre d'avantage sur leur identité.
Les mesures ont porté leurs fruits. En matinée, deux personnes connues par la police comme étant membres d'un gang de rue ont été interpellées pour interrogatoire. Deux autres arrestations ont suivi en après-midi.
En fin de journée hier, les policiers de Laval auraient retrouvé une arme à feu mais n'auraient pas encore élucidé les motifs de la fusillade. Mais l'hypothèse du règlement de comptes lié à la guerre des gangs de rue qui fait rage depuis plusieurs années dans le nord de la région montréalaise n'était pas écartée. «L'enquête va faire la lumière là-dessus», a simplement et naturellement conclu M. Lajeunesse.
La violence gratuite était hier matin au coin des rues Notre-Dame-de-Fatima et de Lierre, dans le quartier Vimont à Laval, où le Red Lite tenait sa traditionnelle rave du dimanche soir: douze heures de musique électronique et de boissons énergisantes baptisées le «party industriel» à l'occasion de la fête du travail. Le décor de la sauterie était connu. Le déroulement, prévisible... jusqu'à cinq heures du matin.
«Là, un groupe de 10 à 12 jeunes s'est présenté à l'entrée du club, a expliqué Guy Lajeunesse, du service de police de Laval, où le passage au détecteur de métal était obligatoire. Les garçons du groupe ont essayé d'éviter le contrôle d'usage, mais ils ont été pris en chasse par les agents de sécurité.» Une poursuite s'est alors amorcée dans le vestibule du club, a raconté le policier, au terme de laquelle neuf coups de feu ont été tirés. Les balles sans destination précise ont atteint six fêtards au dos, au thorax, aux jambes, aux bras et à la poitrine. En milieu d'après-midi, hier, l'état de santé des victimes était toutefois «jugé stable» par les autorités médicales.
État d'urgence
Très vite, le service de police de Laval a décrété sur les ondes de sa radio l'«état d'urgence» dans la banlieue située au nord de Montréal. Derrière ce «jargon interne», précise M. Lajeunesse: la mobilisation d'une centaine de policiers et de leurs fidèles compagnons — les chiens — qui ont établi un périmètre de sécurité autour du Red Lite afin de mettre la main au collet du ou des responsables de la fusillade. Les tireurs, après avoir fait parler les armes dans ce haut lieu du divertissement matinal, se sont très vite fondus dans la masse transpirante des ravers en mal d'évasion chimique et sonore.
Conséquence: les 3000 jeunes présents pour ce «party industriel», sous l'effet d'un psychotrope ou non, se sont retrouvés d'un coup transformés en suspects. Des suspects évacués, un à un, jusqu'au milieu de l'après-midi, par un imposant cordon policier, et fouillés systématiquement, comme le veut la procédure, afin de séparer le bon grain de l'ivraie. Au même moment, des gardiens de la paix en civil ont promené leurs oreilles attentives et leur regard de fins limiers à l'intérieur du bâtiment, histoire de trouver les coupables ou encore d'en apprendre d'avantage sur leur identité.
Les mesures ont porté leurs fruits. En matinée, deux personnes connues par la police comme étant membres d'un gang de rue ont été interpellées pour interrogatoire. Deux autres arrestations ont suivi en après-midi.
En fin de journée hier, les policiers de Laval auraient retrouvé une arme à feu mais n'auraient pas encore élucidé les motifs de la fusillade. Mais l'hypothèse du règlement de comptes lié à la guerre des gangs de rue qui fait rage depuis plusieurs années dans le nord de la région montréalaise n'était pas écartée. «L'enquête va faire la lumière là-dessus», a simplement et naturellement conclu M. Lajeunesse.
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