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Neuf femmes défient le pape

Nord-Américaines, elle seront ordonnées prêtres ou diacres au Québec

C'est au Québec, à l'abri des eaux internationales du golfe du Saint-Laurent, qu'une poignée de femmes a choisi de défier ouvertement l'autorité du pape Benoît XVI. Le 25 juillet prochain, à l'embouchure du golfe, neuf femmes seront ordonnées — certaines prêtres, d'autres diacres — au vu et au su de tous, s'exposant ainsi au jugement de celui qui, alors qu'il n'était encore que le cardinal Joseph Ratzinger, n'avait pas hésité à excommunier les sept femmes à avoir osé commettre pareil outrage sur le Danube, il y a trois ans.

Ces neuf femmes croient profondément en l'Église et à la légitimité de la revendication d'une place en son sein, quitte à pratiquer ce qu'elles appellent une «transgression de conscience» pour y parvenir. Leur but: forcer le débat, explique Aisha S. Taylor, de la Women's Ordination Conference, un organisme international qui soutient l'initiative, sans y prendre part.

L'événement est la suite logique de l'ordination faite en secret par un évêque schismatique en juin 2002 à Passau, tout près du village natal de Benoît XVI. Les neuf femmes en question — des Canadiennes et des Américaines — seront en effet ordonnées prêtres ou simples diacres par deux des sept femmes qui avaient alors essuyé le courroux du cardinal Ratzinger. Mais cette fois-ci, les évêques Gisela Forster (Allemagne) et Marie-Christine Mayr-Lumetzberger (Autriche) n'ont pas l'intention de rester dans l'ombre.

Les deux femmes vont procéder devant Dieu et les hommes depuis un bateau qui naviguera dans les eaux internationales, une façon pour elles d'illustrer la précarité de la situation des militantes, qui protestent contre la discrimination sexiste au sein de l'Église catholique. Quitte à ce que leurs nouvelles recrues soient aussitôt excommuniées elles aussi.

«Il y a de fortes chances que les femmes soient excommuniées par la suite, mais nous n'en sommes pas certaines. C'est Ratzinger qui, dans la semaine suivant leur ordination, avait demandé et obtenu l'excommunication des sept femmes du Danube. Nous avons donc très hâte de voir comment il réagira maintenant qu'il a été élu pape», a expliqué Aisha S. Taylor.

Pour ce faire, les évêques Forster et Mayr-Lumetzberger ont fondé un séminaire clandestin afin de former les aspirantes prêtres selon les préceptes, rites et procédures propres au Vatican. Leur but est de ne pas déroger d'un poil de la doctrine catholique romaine afin de conférer une aura de légitimité inattaquable à leur démarche. Le tout dans l'espoir de voir reconnaître leur engagement sans failles par Rome.

Même si les évêques Forster et Mayr-Lumetzberger ont officiellement été excommuniées, elles affirment avoir l'autorité nécessaire pour ordonner à leur tour des femmes prêtres et évêques. «Tout a été vérifié juridiquement. Notre ordination a été entièrement documentée par un notaire autrichien», assure Mgr Forster dans un communiqué à paraître et dont Le Devoir a obtenu copie.

La directrice du séminaire, Patricia Fresen (Afrique du Sud), est ravie de constater à quel point cette initiative a pu toucher les femmes du monde. «La réponse a dépassé nos espérances, à la fois en Europe et en Amérique du Nord», se félicite-t-elle dans ce même document. Les appelées qui gagnent le Mouvement du Danube le font d'abord parce qu'elles veulent demeurer au sein de l'Église, explique Mme Fresen. «Spirituellement coincées entre la tradition catholique qu'elles affectionnent et leur vision prophétique de ce que devrait vraiment être l'Église, plusieurs femmes rejettent l'idée d'une ordination alternative faite sous le parapluie d'une organisation qui ne serait pas catholique romaine.»

Pas question pour ces femmes, donc, de créer une nouvelle Église parallèle. Elles veulent simplement «ouvrir une porte à une nouvelle vague de femmes qui désirent être ordonnées selon la tradition catholique romaine», explique la coordonnatrice de l'ordination qui aura lieu sur le Saint-Laurent cet été, Judith A. Johnson, dans ce même communiqué.

Les neuf femmes qui seront ordonnées à cette occasion constituent la première vague de «filles» du Mouvement du Danube à déferler sur l'Amérique du Nord. En Europe, aux États-Unis et au Canada, une cinquantaine de femmes seraient prêtes à emboîter le pas aux doyennes du Danube.

Geneviève Beney, 56 ans, résidant à Gard, en France, ouvrira le bal le 2 juillet prochain à Lyon dans un geste symbolique destiné à «faire évoluer l'Église catholique romaine .Il ne s'agit pas d'un acte de rupture par rapport à l'Église mais simplement d'une volonté de dire qu'il faut que notre Église soit plus en phase avec son temps», a-t-elle expliqué hier à l'Associated Press.

Mariée et sans enfant, Geneviève Beney a été ordonnée diacre l'an dernier par les deux artisanes du Mouvement du Danube en compagnie de six autres femmes. Et elle est bien déterminée aujourd'hui à aller plus loin en étant ordonnée prêtre, malgré les risques d'une excommunication, tout à fait réels. «Depuis Vatican II, le débat sur l'ordination des femmes existe, mais il n'a jamais abouti, a-t-elle raconté. Nous avons donc décidé de faire un acte symbolique et non violent pour essayer de faire avancer les choses.»

Pour Judith Johnson, il est clair qu'il s'agit d'une stratégie porteuse. «La première étape consistait à préserver notre héritage et notre tradition catholiques sans quitter l'Église mais en amorçant son renouveau. Ce parcours nous appartient à toutes. En Amérique du Nord, il commencera en juillet 2005, sur la voie maritime du Saint-Laurent.» L'arrivée prochaine de ce mouvement en sol nord-américain n'avait pas été portée à la connaissance de l'archevêché de Montréal. Hier, personne n'a été en mesure de commenter cette nouvelle, qui place le Québec au centre d'un débat qui s'annonce pour le moins houleux.

Avec l'Associated Press
 
 
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  • Pierre Charles Dubreuil - Inscrit
    27 mai 2005 11 h 15
    L'ex-communication ou l'apostasie
    Je ne comprend pas pourquoi ces femmes s'obstinent a vouloir défier l'église catholique.

    Jean-Paul II a été très clair sur le sujet de l'ordination des femmes, il ne veut même pas que la question soit soulevé sous peine d'excommunication.

    Ce site catholique (anglais) est explicite!
    http://www.catholic.com/library/women_and_the_prie

    Dans le document "Ordinatio Sacerdotalis"
    Jean-Paul II écrit:
    "I declare that the Church has no authority whatsoever to confer priestly ordination on women and that this judgment is to be definitively held by all the Church's faithful"

    Et pour ceux qui penseraient que le débat est encore possible la confirmation de ce "jugement définitif" est rarement mentionné par les journalistes.

    En effet en 1995 La Congrégation pour la Doctrine et la Foi (présidé par le Cardinal Ratzinger) a écrit; "this teaching requires definitive assent, since, founded on the written Word of God, and from the beginning constantly preserved and applied in the tradition of the Church, it has been set forth infallibly by the ordinary and universal magisterium (cf. Second Vatican Council, Dogmatic Constitution on the Church, Lumen Gentium 25:2)" (Response of Oct. 25, 1995).

    De plus dans son livre "Le Sel de la terre" publié en 1997, le Cardinal Ratzinger écrit
    p.205: "Le second concile du Vatican dit ceci: la ou il arrive que de évêques enseignent une doctrine unique et agissent en conséquence pendant un très long temps, c'est un cas d'infaillibilité, c'est l'expression d'un lien qu'ils n'ont pas créé eux-mêmes." Et aussi,
    p.206: "Il faut alors poser la vrai question qui sous-tend le conflit: qu'est-ce que le sacerdoce ? Y a-t-il la un sacrement, ou ne doit-il y avoir qu'une direction mobile ne permettant a personne d'accéder durablement au "pouvoir" ? Je crois que c'est dans ce sens que la discussion s'orientera peut-être au cours des prochain temps."

    Alors je souhaite bonne chance a ses futures ex-communiées mais je leur suggère plutôt d'apostasier de cette église sexiste et primitive.
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  • Bruno Déry - Inscrit
    27 mai 2005 18 h 52
    Prêtrise pour les femmes
    Rien d'exceptionnel n'a été demandé à Marie. Comme presque toutes les femmes de son temps, elle a été mère. Ce qui la distingue ce n'est pas le geste, mais le sens profond derrière son geste. Marie a fait naître et croître la plénitude de la Révélation de Dieu dans ce monde. Un évènement exceptionnel, mais un geste très commun pour les femmes de son temps. On ne voit bien qu'avec les yeux du coeur, qu'avec les yeux d'une Mère.

    La Samaritaine, ayant rencontrée Jésus au puit, est retournée dans son village pour annoncer la bonne nouvelle. La Samaritaine, à travers le geste quotidien d'aller puiser de l'eau, est devenu témoin de Dieu; elle a fait naître la Foi et l'espérance dans son village. Sa soif incontrôlable d'être aimé a fait d'une porteuse d'eau, une porteuse d'Amour divin. L'égocentrisme d'une femme est une forteresse dont les murs tombent facilement. Cette fragilité est toute une chance pour l'humanité face à un roi d'Amour conquérant avec une armée de tendresse.

    Lors de la Pâque, les apôtres enfermés au Cénacle pleuraient sur leur beau rêve enterré. Les femmes, touchées par la même tristesse, allèrent au tombeau pour accomplir le rituel d'embaumement. Un geste commun, un rituel de femme de l'époque, un geste caché, un geste humble, un geste respectueux pour ceux qui amènent avec eux notre amour dans la mort. À travers cette tâche simple, sans tambour ni trompette, elles furent témoin de la Vie et elles ont ranimé la Foi des autres. Le plus grand évènement de l'histoire de la chrétienté a eu lieu alors qu'il n'y avait ni tambour ni trompette. Il aura fallu l'humble tâche cachée de femmes pour nous le révéler.

    À travers les gestes quotidiens des femmes, le Christ a rendu les femmes témoins et leur a donné la mission de faire naître et croître la Vie, la Foi, la joie, l'espérance et tant d'autres choses. Les femmes ont vraiment une mission exceptionnellement riche, à travers des gestes pourtant simples, simples aux yeux des hommes et des femmes, mais grandiose aux yeux de Dieu.

    On peut se scandaliser de la simplicité des gestes demandés aux femmes dans leur mission; mais est-on aussi scandalisé de la simplicité des gestes demandés aux hommes qui ne sont pas prêtre, évêque ou pape, mais de simples époux, de simples pères, ou de simple rien à nos yeux? Demander l'ordination de femmes à la prêtrise sous le prétexte du peut d'importance que l'on accorde aux geste de celles-ci, n'est-ce pas un moyen de dénigrer la mission des hommes et des femmes, époux et épouses, pères et mères et de combien d'autres? Chercher à bâtir un monde où les petits gestes, selon les yeux humains, sont appréciés à leur juste valeur divine, voilà une appréciation juste et vraie, voilà un monde Juste et Vrai. Une appréciation juste et vraie que nous devrions célébrer lorsque nous les remarquons chez notre prochain, célébrer par un geste aussi simple que de dire Merci.

    Demander l'ordination de femmes à la prêtrise sous le prétexte de l'égalité, n'est-ce pas aussi une porte ouverte vers des reproches d'injustice adressés à Dieu parce que les hommes ne peuvent être égales dans la maternité? Lisez les évangiles est vous ne trouverez nulle part une trace du mot égalité; mais vous lirez souvent le mot Justice. L'égalité est un concept humain de justice pour un monde d'injustice, de haine, de désespoir, de manque de confiance, d'égocentrisme. L'Homme n'est pas appelé à l'égalité, mais à l'équité : Chacun donne selon ses capacités, selon ses talents qu'il fait fructifier pour le biens des autres. Chacun reçoit selon ses besoins, les besoins que le berger connaît bien. L'égalité, c'est une justice basée sur l'égocentrisme humain, sur l'indifférence, sur l'absence d'amour. Dieu ne veut pas de ce genre de justice; il veut un Justice qui fait grandir l'Amour, la Vérité, la Liberté, le Don, la Charité.

    Parmi les nombreux disciples, hommes et femmes, Jésus choisit quelques hommes pour une mission particulière. C'est Jésus lui-même qui les a choisi. De nombreuses personnes l'on suivit, mais personne ne s'est choisi lui-même; seul Dieu connaît notre mission mieux que nous. Aucune femme ne fût choisie, mais aussi la grande majorité des hommes présents ne furent pas choisi. Pourquoi n'a-t-il pas choisi de femme? Jésus a-t-il seulement reculé une seule fois devant la controverse? Est-ce qu'un chrétien peut remettre en cause la sagesse de Jésus? Pourquoi pas de femme? C'est une question sans réponse satisfaisante aux yeux des Hommes.

    De tous ces hommes qu'il a choisi, celui qui fût désigné la pierre de base de la fondation de son Église était le plus humble, celui qui s'abaissa jusqu'à renier Jésus et qui fût relevé par Jésus. Personne ne peut s'élever dans l'Église de Jésus s'il ne s'est pas rabaissé pour être relevé par Jésus. Pierre, le seul homme marié parmi les apôtres, confia sereinement son épouse et ses enfants à la bonté divine, à la providence, et partit en mission pour son Seigneur. Des évêques, successeurs des apôtres, nous vient le sacerdoce des prêtres, les collaborateurs à la mission particulière des évêques, à celle des apôtres. Quittant tout, père, mère, femme et enfants, ils le suivirent sur le chemin qui était le leur, celui désigné par Jésus.

    Chaque fois que je vois une femme enceinte, je vois un geste de vie, d'espérance, d'amour, de don de soi, de don de toute une vie. Tout au long de l'histoire humaine, les femmes ont été les premières éducatrices des Hommes à travers des mots, à travers beaucoup de gestes souvent très simples, et aussi à travers une présence. Je ne peux concevoir ou apprécier l'importance du travail des mères à travers notre histoire, car ce qui fût fait est largement au-delà de toute conception humaine. Sommes-nous seulement capable de nous souvenir consciemment du don de notre mère porteuse avant notre venue au monde? Cette mission particulière de la femme n'est-elle pas assez évidente et forte pour briser les murailles d'égocentrisme de l'Homme? Il semble que ce soit le cas dans notre monde aveuglé par son propre nombril, et non en admiration devant le nombril des femmes enceintes, source évidente de Vie divine et de collaboration humaine. Les femmes enceintes et les mères ne sont pas assez productrices de richesses aux yeux des Hommes. Elles sont par contre les plus grandes productrices de Biens célestes. On ne voit bien qu'avec les yeux de Dieu.

    Le contraire de l'Amour ce n'est pas la haine, l'Amour détournée; mais l'absence d'Amour, l'indifférence. L'indifférence, c'est le repli sur soi, c'est l'égocentrisme de l'Homme qui se prend lui-même comme référence, comme dieu. Si l'indifférence est l'absence d'Amour, alors la différence est un signe de la présence de l'Amour. « Homme et Femme Il l'est créa. ». S'il faut que les hommes soient les premiers (sans doute un peu tard) à apprécier les femmes pour ce qu'elles sont, parce qu'elles sont différentes et surprenantes; alors j'ose espérer que les femmes pourront continuer à aider les hommes, si différents, à découvrir leur mission, leur mission d'homme, leur mission auprès d'elles. Ensemble, confirmons-nous dans nos missions respectives. Que la différence, signe de la présence de l'Amour, ne soit pas un outil de détournement de l'Amour en haine, mais un bélier qui brise les murailles de nos égocentrismes.

    Ensemble, aimons-nous en appréciant à leurs justes valeurs nos différences.
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