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BNQ: accueil enthousiaste du public

Malgré le mauvais temps, plus de 18 000 personnes ont franchi les portes de la BNQ durant les deux journées de portes ouvertes où l’ambiance était festive.
Photo : Jacques Nadeau
Malgré le mauvais temps, plus de 18 000 personnes ont franchi les portes de la BNQ durant les deux journées de portes ouvertes où l’ambiance était festive.
Après les officiels, c’était au tour du grand public de s’approprier la Grande Bibliothèque, ce week-end. Et la directrice générale, Lise Bissonnette, était euphorique de voir son navire s’animer alors que déferlait une marée de visiteurs émerveillés aux origines et aux accents les plus divers.

Malgré la pluie, plus de 18 000 personnes ont franchi les portes de la nouvelle Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) durant les deux journées de portes ouvertes où l’ambiance était festive. Alors que le silence est de mise dans ce temple de la lecture, des sonorités de cuivres et de cordes interprétées par des musiciens du Conservatoire de musique de Montréal, des vers de poètes québécois et des contes déclamés par des animateurs coiffés de haut-de-forme, des discussions radiodiffusées sur les ondes de Radio-Canada fusaient dans les espaces inondés de lumière.
Des concerts, des pièces de théâtre pour les jeunes, un court métrage sur la construction de la bibliothèque, des expositions sur l’histoire de la lecture publique, sur les livres minuscules, sur Jacques Ferron étaient présentés au public qui ne pouvait toutefois avoir accès aux collections.
Aucun incident ou commentaire négatif de la part du grand public n’est venu assombrir le bonheur de Mme Bissonnette. «La seule chose dont les gens s’inquiètent c’est de savoir comment nous allons épousseter les lattes de bois», dit-elle en avouant avec humour qu’elle n’avait pas songé à la question.

Communautés culturelles
L’accueil du public a dépassé les espérances de la directrice et de son équipe, qui se réjouissent avant tout de la diversité de ce dernier. Les Montréalais pure laine étaient loin d’être les seuls à se présenter à la BNQ ce week-end. Les responsables de l’accueil estiment que le tiers des visiteurs appartenaient à des communautés culturelles. «Des représentants de toutes les communautés culturelles se sont déplacés, avec leur famille, précise Mme Bissonnette. Particulièrement la communauté asiatique qui était peut-être plus présente que les autres.»
«Les bibliothèques sont des lieux d’accueil des immigrants, affirme la directrice générale, qui confie avoir fréquenté assidûment une bibliothèque lorsqu’elle étudiait à Paris. «Ça se vérifie à Montréal. Alors qu’on nous a accusés d’être venu nous installer dans un ghetto francophone de l’Est, le premier client qui a franchi nos portes hier était un unilingue anglophone de Lachine qui s’était juré d’être le premier visiteur», dit-elle.
Dans la file qui encerclait le bâtiment en attendant de pouvoir y pénétrer, on comptait aussi bien des têtes d’affiche, des résidents du quartier que des bébés en poussette. «Beaucoup ne nous croyaient pas quand on disait que ce serait une bibliothèque pour tous, qu’elle s’adresserait aussi bien aux enfants qu’aux chercheurs», ajoute la directrice générale.
Nos détracteurs ont été confondus, poursuit-elle. «Autant on s’est fait reprocher de voir trop grand, autant les gens apprécient l’ampleur de la chose, l’immensité des collections. Ils nous en sont très reconnaissants», dit-elle
Alors que les Québécois de souche voient dans la Grande Bibliothèque une mise en valeur de notre patrimoine, les Québécois d’adoption apprécient particulièrement la gratuité et la grande accessibilité de la nouvelle BNQ. «La gratuité permet de dégager cet équipement culturel de toute barrière», martèle Mme Bissonnette
«C’est une véritable mine d’or», lançait un visiteur cinquantenaire. «C’est la mémoire de notre pays. J’attends des visiteurs d’Europe cet été, je les emmènerai ici.»
Un jeune couple de Roumains qui vit à Montréal depuis deux ans s’est dit ébloui par la beauté du bâtiment, par le nombre de livres offerts et par la facilité avec laquelle on peut avoir accès à ces documents. Une famille congolaise (Zaïre) qui était abonnée à la bibliothèque de la rue Sherbrooke lance que la grande bibliothèque est 1000 fois mieux. «C’est très grand, la technologie est là, l’organisation de l’espace est très intéressante. Et l’espace jeune sera très apprécié quand notre bébé sera plus âgé», confient-ils.
Ravis étaient en effet les enfants qui, plus indifférents que les adultes à l’architecture, se réjouissaient avant tout de trouver des livres, dont ils s’emparaient pour les parcourir blottis dans un fauteuil conçu à leur taille.
On faisait la queue au comptoir des abonnements, où quelque 3200 personnes ont profité de leur visite pour s’inscrire gratuitement, portant le nombre total d’abonnés à environ 85 000. Complètement séduits, tous les visiteurs qui quittaient les lieux se promettaient de revenir. À partir de mardi matin, 10 heures, les préposés au prêt seront là pour répondre aux désirs des amoureux des livres. La BNQ est fermée tous les lundis, à l’exception de la section Actualité et nouveautés.
 
 
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