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Landry reprend son plaidoyer sur l'union à l'européenne

Les Amériques devront se résoudre à former une vaste union à l'européenne et partager une nouvelle monnaie commune si les pays qui en font partie, y compris les riches États-Unis, veulent demeurer concurrentiels face à l'Europe.

C'est l'avertissement qu'a lancé, hier, le premier ministre Bernard Landry au cours de la conférence de presse clôturant la 27e Conférence annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'est du Canada.

Soutenant que la valeur de l'euro, la monnaie commune de l'Union européenne, avait dépassé, hier, celle du dollar américain, M. Landry a prédit que «ce qui se construit en Europe, sur le plan des échanges entre nations et de leur parfaite fluidité, nous forcera, nous, Américains du Nord et du Sud, à créer quelque chose d'équivalent pour faire contrepoids si on veut vraiment demeurer dans la partie».

Vérification faite, le cours de l'euro à Londres se situait, hier, légèrement en deçà de la valeur du dollar américain, soit à 97,7 ¢US en journée. Mais l'euro a bel et bien valu davantage que le billet vert américain dans la semaine du 16 juillet. Toutefois, la devise européenne a perdu quelques plumes depuis.

Selon M. Landry, le progrès et le bien-être des populations sont basés largement sur la compétition. Et les Amériques se retrouveront avec «un compétiteur fantastique» si l'Union européenne parvient à s'étendre «de l'Atlantique à l'Oural».

Le premier ministre estime que la tendance va vers l'intégration monétaire, qui «sera caractéristique des temps à venir». Comme ce fut le cas pour l'Europe, une nouvelle monnaie américaine pourrait être créée, a-t-il évoqué.

L'adoption par le Canada de cette monnaie commune ne compromettrait en rien sa souveraineté. «Avant, on pensait que la monnaie nationale, c'était la souveraineté nationale. Visiblement, ce n'est plus vrai, a-t-il dit. La souveraineté est liée à des choses moins matérielles et plus pertinentes au destin des être humains.»

Au cours de cette conférence, gouverneurs et premiers ministres ont adopté une résolution afin de former un groupe de travail visant à harmoniser la réglementation de l'énergie de part et d'autre de la frontière, surtout en matière de transport de l'électricité. M. Landry estime que cette harmonisation, n'étant liée qu'à des questions matérielles, ne compromet pas la souveraineté de l'État québécois. Il y va de l'intérêt mutuel du Québec et des États américains que «l'énergie utilisée dans la partie du monde que nous habitons soit la plus propre possible et la moins cher possible», a dit M. Landry.

Gouverneurs et premiers ministres ont également adopté une résolution demandant à leur gouvernement fédéral respectif «d'envisager dans une perspective continentale la libre circulation intérieure des marchandises et des personnes», tout en répondant aux exigences en matière de sécurité.
 
 
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