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«40 hectares de froidure et d'horreur» - Les rescapés de Buchenwald se mobilisent contre l'oubli

Buchenwald — Un demi-millier de rescapés du camp de concentration de Buchenwald se sont rassemblés hier à la veille du 60e anniversaire de sa libération pour rendre hommage à leurs compagnons disparus sur ces «40 hectares de froidure et d'horreur» et exhorter les jeunes générations à se souvenir de leur martyre.

«L'Europe qui s'est construite sur les ruines du terrible régime nazi ne pourra survivre si on oublie le passé», a résumé le Français Bertrand Herz, président du comité des survivants du camp. D'anciens détenus ont déposé des roses et des gerbes de fleurs sur le site immense et désolé où se dressaient autrefois d'innombrables baraquements. Le camp a été libéré le 11 avril 1945 par l'armée américaine.

«Je viens ici à chaque anniversaire parce que c'est ma vie et parce que je n'arrive pas à oublier», déclare Emile Alperin, un Ukrainien de 83 ans revêtu de l'uniforme rayé des prisonniers.

Le message des rescapés a fait écho à celui entendu en janvier lors du 60e anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau, où près 1,5 million de personnes ont trouvé la mort.

À la différence d'Auschwitz, Buchenwald ne comptait pas parmi les camps d'extermination mis en place dans le cadre de la «solution finale». Il était toutefois équipé comme lui de fours crématoires et de chambres à gaz. Au total, 56 000 personnes, dont 11 000 juifs, y ont péri, exécutés par les SS, victimes d'expérimentations médicales terrifiantes, ou du travail forcé et des privations.

Édifié en 1937, Buchenwald, qui tient son nom des forêts de hêtres environnantes, se situe à proximité de Weimar, ville natale de Goethe et de Schiller et, à ce titre, haut lieu de la culture allemande.

Ce contraste s'est imposé comme le symbole du paradoxe qui fait coexister dans une même histoire la barbarie nazie et la plus haute exigence artistique, comme l'a rappelé le chancelier Gerhard Schröder dans le discours qu'il a prononcé lors de la cérémonie:
 
 
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